Le PDG du groupe Casino, Jean-Charles Naouri (photo de 2009). © Christophe Petit Tesson/MaxPPP
Il faut parfois se munir d'une loupe pour déceler les déboires financiers du PDG du groupe Casino, Jean-Charles Naouri. En l'occurrence, il faut se rendre en page 12 du rapport financier annuel de la Foncière Euris, publié ce lundi 25 avril. Pour rappel, l'ancien dircab' de Pierre Bérégovoy a pris le contrôle de Casino grâce à une cascade de holdings. La Foncière Euris, située sous les holdings de tête Euris et Finatis, détient 57,9 % de Rallye, qui elle-même possède 52,3 % de Casino.
Or, en page 12 du document, le commissaire aux comptes explique : "La trésorerie prévisionnelle de la Foncière Euris, telle qu'estimée à ce jour, ne permet pas de rembourser les banques dérivées à l'échéance de décembre 2022 (ou juin 2023 dans certains cas)". La nouvelle a alerté les investisseurs scrupuleux. La Foncière Euris doit en effet à ses créanciers un total de 54 millions d'euros : 50 millions d'euros à échéance de décembre 2022 et 4 millions d'euros à juin 2023. Car, contrairement aux prêts classiques, les contrats sous forme de produits dérivés ne sont pas "gelés" par la procédure de sauvegarde des holdings en cours depuis mai 2019. Ils doivent donc être payés.
Le précédent de la Société générale
La Société générale en sait quelque chose. En 2019, au moment de la mise sous procédure de sauvegarde de l'ensemble des holdings du groupe, la banque avait obtenu par voie de justice de bénéficier d'actions Rallye en garantie de contrats dérivés conclus en 2014 avec la même Foncière Euris. Elle s'était ainsi retrouvée avec 1,77 million d'actions Rallye, soit 3,4 % du capital, qu'elle s'était sans doute empressée de convertir en cash.
Aujourd'hui encore, si la Foncière Euris ne pouvait pas honorer ses dettes, le commissaire au compte rappelle que les nantissements sur titres Rallye pourraient aboutir à une considérable perte de contrôle de la holding mère de Casino. "Le pourcentage de la Foncière Euris dans Rallye passerait de 57,9 % à 39,8 % en capital et de 71,8 % à 55,6 % en droits de vote", détaille le document. De quoi hypothéquer un peu plus l'avenir de Jean-Charles Naouri à la tête de Casino.