FT : European Central Bank calls for clampdown on commercial property funds

European Central Bank calls for clampdown on commercial property funds
Officials warn downturn in €1tn sector could trigger liquidity crisis if investors rush to withdraw money

The European Central Bank has called for a clampdown on commercial property funds to tackle the risk that a downturn in the €1tn sector could trigger a liquidity crisis if investors rushed to withdraw their money.

The ECB’s proposals reflect concern among regulators and investors that the recent turmoil in the banking industry could exacerbate strains in the commercial property market and push the sector closer to crisis.

Funds that invest in illiquid property assets and allow investors to pull out their money at short notice are exposed to a “liquidity mismatch” that could force them into “fire sales”, ECB officials warned in a macroprudential bulletin on Monday.

“Policies should be developed to address the structural vulnerabilities” of such open-ended property funds, the officials said, “given the risks they pose to commercial real estate markets and wider financial stability”.

Tighter rules would allow the funds to “manage spikes in liquidity demands and to internalise the cost of redemptions which can arise during market stress”, they said, adding that without sufficient liquidity management tools, property funds could “have to resort to asset fire sales, thus amplifying market stress”.

Measures proposed by the ECB include reducing the frequency at which investors can withdraw their money, requiring them to give longer notice and introducing longer minimum holding periods.

Calling for consistent application of rules on property funds across the 20-country eurozone, the ECB said they should also charge fees on investor redemptions and impose “gates” to limit further outflows.

“On the assets side, a policy of increasing the share of liquid assets held could be explored, as it would reduce the liquidity mismatch,” the officials said, adding that these measures would make the sector better able to cope with a period of market stress.

The net asset value of real estate investment funds has more than trebled in a decade, rising from €323bn in the fourth quarter of 2012 to €1.04tn in the fourth quarter of last year, the ECB said. The funds, of which about 80 per cent are open-ended, now account for 40 per cent of eurozone commercial property markets.

But it said the commercial property market was exhibiting “clear signs of vulnerability” which included “declining market liquidity and price corrections, driven largely by uncertainty in the macro-financial outlook and by monetary tightening”.

The report comes after the MSCI Europe Real Estate index of large and mid-cap property companies tumbled 14 per cent in March to close to its lowest level since early 2009.

The ECB cited how Blackstone Real Estate Income Trust had recently limited investor redemptions after a surge in requests to withdraw money out of its $125bn fund. It also gave the example of how UK property funds had imposed “gates” to limit outflows triggered by the sell-off in gilt markets that followed last year’s “mini” Budget.

The number of transactions in the eurozone commercial property sector fell 44 per cent year on year in the final three months of last year, the report said. Prices of prime office properties in the bloc fell 14 per cent in the second and third quarters of 2022 compared with the previous year.

The ECB said the use of debt in property funds would magnify losses for investors during a downturn and increase contagion risks of any crisis to the banking system.

The Financial Stability Board, which brings together top policymakers, said in December there had been “no measurable reduction in the degree of structural liquidity mismatch” since it issued recommendations for open-ended funds in 2017.

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Glitz Paris : Arnault, Freymond et le butin du raid sur Hermès (3/3)

Arnault, Freymond et le butin du raid sur Hermès (3/3) : injonctions à payer
Après avoir assigné Bernard Arnault et LVMH pour obtenir 10 % de la plus-value réalisée par le géant du luxe dans son raid sur Hermès, le gestionnaire de fortune Eric Freymond a mystérieusement retiré sa plainte à l'été 2019. A-t-il obtenu les 380 millions d'euros qu'il réclamait ? Troisième et dernier volet de notre enquête sur l'épisode le plus secret des grandes guerres du luxe.

En assignant Bernard Arnault et son groupe LVMH pour 380 millions d'euros à l'automne 2018 (voir l'épisode précédent de notre feuilleton, 27/03/23), le gestionnaire de fortune Eric Freymond pensait lancer une véritable bombe sur le géant du luxe français et forcer le groupe à lui payer ce qu'il estime être le prix de son intervention dans le raid sur Hermès International, qui a généré 3,8 milliards d'euros de plus-value. Mais la violence de son offensive, qui révèle tous les secrets de la tentative de prise de contrôle du maroquinier par LVMH, s'avère contre-productive : premier visé, et explicitement ciblé par la plainte, Bernard Arnault se cabre et refuse de se plier aux exigences du gestionnaire de fortune.

La plainte de Freymond, qui pointe avec gourmandise toutes les contradictions entre les déclarations officielles de LVMH et les montages patrimoniaux et boursiers qu'il a lui-même mis en place pour le compte du groupe, est gênante pour le géant français du luxe. Ce d'autant plus que LVMH est toujours tenu par les nombreux engagements qu'il a pris vis-à-vis d'Hermès en 2014.

Freymond, de son côté, a tout prévu : même si sa plainte est explosive, elle ne l'incrimine pas explicitement. Avant de lancer l'assaut sur LVMH, ses avocats, aux premiers rangs desquels Jerôme Lemercier, ont passé au peigne fin tous les documents en sa possession, au cas où le groupe de Bernard Arnault contre-attaquerait en justice. Eric Freymond a également déplacé sa résidence officielle de Suisse à Londres, même s'il continue à passer le plus clair de son temps entre son appartement de la rue Bonaparte à Paris et son chalet à Gstaad.

Pressions tous azimuts
Pour forcer Bernard Arnault et son groupe à lui régler ce qu'il estime lui être dû, Eric Freymond va chercher un point de pression et s'intéresser de très près à la vie du fondateur de LVMH. Le gestionnaire de fortune suisse est un habitué de ce genre de recherches : pour étayer sa plainte contre le géant français du luxe, il a sollicité plusieurs cabinets de détectives privés. Grâce aux éléments que lui a fournis l'un d'eux, l'espagnol JM Asociados Criminologos Detectives, l'assignation contre LVMH documente le déplacement en jet privé de Bernard Arnault à Madrid le 9 février 2011. C'est lors de cet aller-retour, effectué dans la journée, que le président de LVMH a conclu un pacte avec Eric Freymond et son client Nicolas Puech, petit-fils d'Emile Hermès.

En parallèle, Eric Freymond multiplie les tentatives d'approche envers des membres du premier cercle de Bernard Arnault, tant en Suisse qu'en France. Outre son avocat Jerôme Lemercier, il s'appuie également sur plusieurs autres émissaires, parmi lesquels le baron belge Xavier del Marmol, époux d'Inès Bodmer. Le conseiller patrimonial suisse a un temps géré la fortune de cette dernière.

Effet de levier
L'une de ces approches a-t-elle été décisive ? Ou bien est-ce seulement l'expiration du pacte de non-agression qui lie LVMH à Hermès, et qui devient caduc le 3 septembre 2019 ? Toujours est-il qu'au terme d'un bras de fer de quatre ans avec l'un des hommes les plus riches du monde, Eric Freymond obtient gain de cause et reçoit une fraction de la plus-value réalisée par le géant du luxe français à la suite de sa montée au capital d'Hermès. La transaction, selon plusieurs sources concordantes, a lieu à l'automne 2019. Seul signe explicite de ce règlement : la plainte déposée par Freymond contre LVMH est retirée.

Combien Eric Freymond a-t-il obtenu de LVMH pour son rôle largement secret dans le raid sur Hermès ? La réponse, qui a des implications, notamment fiscales, pour les deux parties, est jalousement gardée. Seule certitude : le conseiller patrimonial suisse a perçu une somme en dessous de ses exigences qui s'élevaient à 380 millions d'euros, soit 10 % de la plus-value réalisée dans l'opération.

Par quel biais LVMH a-t-il payé Freymond ? A l'origine, le groupe avait envisagé de confier au conseiller patrimonial suisse des fonds à administrer, et de le rémunérer par honoraires. Mais le gestionnaire de fortune a quitté en 2014 son cabinet Semper Gestion, ce qui n'a pas permis d'exécuter ce scénario (voir le premier épisode de notre feuilleton, 23/03/23).

En revanche, Eric Freymond a développé de nombreux liens avec des structures financières aux Emirats, spécifiquement les fonds Horizon Chronos et Noor Capital, tous deux administrés par le Français Olivier Couriol, ancien de Semper (Glitz des 12/01/23, 19/01/23 et 26/01/23). Est-ce par Dubaï, où réside également une partie de l'année Jean-François Rosso, le coordinateur de la sécurité de la famille Arnault, qu'ont transité les paiements ? Là encore, l'opacité règne.

Porte ouverte
Une fois reçu le paiement, Freymond a développé ses investissements dans l'art : disposant déjà d'une galerie, l'Espace Muraille à Genève, il en ouvre une autre à Florence, le Palazzo Al Bosco (Glitz du 13/10/22) et investit dans la restauration du Museo Correr, sur la place Saint-Marc à Venise. Il garde cependant des liens étroits avec Nicolas Puech, l'héritier Hermès qui lui a permis de monter, pour le compte de LVMH, au capital du maroquinier : il est administrateur de sa fondation et dispose toujours de plusieurs comptes joints avec lui.

Ces liens demeurent une porte d'entrée dans le capital d'Hermès : Nicolas Puech est le seul héritier d'Emile Hermès à être resté en dehors des sociétés familiales H51 et H2, verrouillées pour vingt ans. Une fragilité structurelle qui continue d'inquiéter un groupe traumatisé par le raid de LVMH.

Glitz Paris : Arnault, Freymond et le butin du raid sur Hermès (2/3)

Arnault, Freymond et le butin du raid sur Hermès (2/3) : confessions explosives
Afin de forcer LVMH à le récompenser pour services rendus dans le raid sur Hermès, le gestionnaire de fortune Eric Freymond a listé, dans une assignation demeurée secrète jusqu'à ce jour, tous les détails de la tentative de prise de contrôle du maroquinier par le géant du luxe. Un document radioactif pour le groupe de Bernard Arnault, déjà condamné pour "opacité" par le régulateur financier dans cette opération. Deuxième épisode de notre enquête.

Lorsque l'assignation d'Eric Freymond, qui exige 380 millions d'euros de Bernard Arnault et de LVMH pour les avoir aidés à monter au capital d'Hermès International, arrive au siège du géant du luxe avenue Montaigne à l'automne 2018 (voir notre premier épisode), elle provoque, parmi le petit cercle de conseillers du PDG qui ont été informés de son existence, un mélange de colère et de consternation.

Colère car la plainte, qui révèle tous les dessous du raid sur Hermès, est une véritable arme braquée sur la tempe du groupe et de son PDG. Ceux-ci se sont toujours efforcés de passer sous silence les circonstances exactes de l'entrée de LVMH chez Hermès, au point de se voir infliger, en 2013, une amende de 8 millions d'euros par l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour dissimulation.

Consternation, car, dans son assignation, Eric Freymond accable celui qui fut le plus proche conseiller de Bernard Arnault et qui vient de disparaître, Pierre Godé, raillant l'"inconséquence" de celui qui fut vice-président de LVMH pour mieux célébrer son propre rôle, n'hésitant pas à se qualifier lui-même de "pièce maîtresse" du raid sur Hermès.

Boîte noire
Pour contraindre LVMH à lui verser les sommes qu'il réclame, Eric Freymond refait, dans sa plainte, toute l'histoire de la montée du géant du luxe au capital d'Hermès. Et sa version, nourrie du rôle privilégié qu'il a tenu dans l'opération et étayée de 77 pièces originales, diffère assez nettement de celle du groupe de Bernard Arnault, divergences qu'Eric Freymond souligne avec un plaisir manifeste. Il explique dans son assignation combien il est "piquant" de constater que LVMH n'a pas exactement raconté les choses comme elles se sont, selon le conseiller patrimonial suisse, passées.

Ainsi, LVMH a toujours soutenu, y compris devant les enquêteurs de l'AMF, que son investissement dans Hermès n'était qu'une opération financière opportuniste. Dans son assignation, Eric Freymond affirme le contraire, documents à l'appui. Il cite notamment un accord secret qu'il a conclu le 12 novembre 2002, soit huit ans avant que LVMH ne révèle sa présence au capital d'Hermès. Ce contrat, signé à un seul exemplaire dans l'étude de l'avocat suisse de LVMH, Alexandre Montavon, et immédiatement remis à l'ancien bâtonnier de Genève, Benoît Chappuis, prévoyait que le géant du luxe acquière, par l'entremise d'Eric Freymond, 10,8 millions d'actions, soit 29,3 % du capital du maroquinier.

Une note datée du 15 mai 2002 et annexée à la plainte est encore plus explicite : désignant Hermès sous le nom de code "Diane", l'ancien directeur général de LVMH, Michel Pietrini, indique que le groupe cible 43 % du capital du maroquinier, sur lequel il prévoit, à terme, de lancer une OPA. Pour commencer à mettre en œuvre cet ambitieux programme, Eric Freymond achète, entre 2001 et 2002, 4,9 % des titres Hermès, principalement auprès de son client Nicolas Puech, petit-fils d'Emile Hermès (13/10/22).

Si LVMH a reconnu avoir acheté des titres Hermès en 2001, le groupe a toujours maintenu que ces acquisitions avaient cessé entre 2002 et 2008. En réalité, comme l'explique dans son assignation le gestionnaire de fortune, les acquisitions ont continué grâce à un système qu'il qualifie "d'ingénieux", le "parcage", dont l'opacité a été, selon lui, "voulue par Messieurs Pierre Godé et Bernard Arnault".

Le montage est le suivant : Bernard Arnault ouvre à la Banque Pictet un compte dont il est l'ayant droit économique. A partir de celui-ci, et sous couvert d'un fonds, Asphalia, il confie 40 millions de dollars en gestion à Eric Freymond, tandis qu'une filiale de LVMH, Sofidiv, toujours via Asphalia, lui donne mandat sur 700 millions de dollars. Freymond use de ces fonds pour acheter, auprès d'un client qu'il ne désigne que sous la lettre X, des actions d'une société quelconque.

Ensuite, et pour brouiller les pistes, le gestionnaire de fortune utilise les sommes dégagées par cette opération pour acquérir des titres Hermès. Les actions sont "parquées" sur un compte baptisé du nom de code "BIB". Entre 2002 et 2008, ce sont ainsi 12,5 % du capital d'Hermès qui sont acquis par Eric Freymond et transférés à LVMH par le biais d'instruments financiers, les equity-linked swaps. Grâce à ce stratagème, LVMH détient, dès 2008, 17,11 % d'Hermès, une participation bien supérieure aux seuils de déclaration obligatoires.

Comptes écrans
Pour mettre en place toute cette ingénierie financière, Eric Freymond raconte dans son assignation qu'il rend régulièrement compte à Pierre Godé, inamovible bras droit de Bernard Arnault, ainsi qu'à Vincent Borgeot, le représentant à Genève du Groupe Arnault, qui est alors la maison mère de LVMH. Mais il explique également qu'il rencontre à de nombreuses reprises le PDG de LVMH lui-même au château d'Yquem, en compagnie de son client, Nicolas Puech. Le premier de ces rendez-vous s'est déroulé le 12 septembre 2006, mais pas moins de douze autres ont suivi, dans le château bordelais propriété de la famille Arnault, dans l'appartement d'Eric Freymond, rue Bonaparte à Paris, ainsi que lors d'une rencontre au sommet, le 9 février 2011, à l'hôtel Ritz de Madrid, où Bernard Arnault s'est rendu pour la journée en jet privé.

La présence de Nicolas Puech lors de ces rencontres s'explique par la volonté de ce dernier de jouer un plus grand rôle dans Hermès, un projet qu'encouragent, non sans arrière-pensées, les dirigeants de LVMH. Elle est également dictée par une réalité plus prosaïque : les achats de titres secrètement effectués par Eric Freymond auprès de certains membres des familles Guerrand, Dumas et Puech, actionnaires historiques du maroquinier, transitent pour plus de discrétion par les comptes de Nicolas Puech... Pour convaincre certains membres des trois branches descendant d'Emile Hermès de lui céder des actions, Eric Freymond, qui a autorité sur l'ensemble des comptes de Nicolas Puech, n'hésite pas à octroyer des prêts pouvant aller jusqu'à 35 millions d'euros.

Malgré ces petites trahisons, la majorité des héritiers resserre les rangs lorsque LVMH rend publique son entrée au capital en 2010. Ressoudées par cet assaut, les trois familles contre-attaquent en portant plainte pour délit d'initié, obligeant l'AMF à s'en mêler et à condamner LVMH. En 2014, le groupe de Bernard Arnault signe finalement un pacte de non-agression avec Hermès et cède l'essentiel de ses participations. Un retrait qui génère pour le géant du luxe une plus-value de 3,8 milliards d'euros.

Rémunération occulte
Au vu de ce gain considérable, Eric Freymond remet sur le tapis la question de sa rémunération. A l'origine, celle-ci avait été envisagée de la manière suivante : des sociétés affiliées à LVMH devaient confier au conseiller patrimonial suisse une somme de 3 milliards d'euros à gérer, et le rémunérer par des honoraires de 1 % sur une période donnée.

Le 12 juin 2015, Eric Freymond et Nicolas Puech évoquent une nouvelle fois ce montage avec Pierre Godé lors d'un déjeuner chez Laurent, le restaurant de l'avenue Gabriel à Paris. Le conseiller de Bernard Arnault met immédiatement le holà : le géant du luxe ne peut effectuer aucun paiement tant que des procédures judiciaires liées à l'opération sont en cours. Dans les mois qui suivent, Hermès retire progressivement ses plaintes contre LVMH, mais en dépose une nouvelle, qui cible explicitement Eric Freymond (voir nos révélations, Glitz du 16/03/23). Et à la grande irritation du gestionnaire de fortune, le groupe de Bernard Arnault ne le paye pas.

En assignant LVMH et en révélant, dans sa plainte déposée à Genève, les secrets les mieux gardés du raid sur Hermès, Eric Freymond espère donc, à l'automne 2018, forcer Bernard Arnault à lui accorder ce qu'il considère comme son dû. Mais l'homme le plus riche de France réagit mal à la menace : lorsqu'il prend connaissance du contenu de la procédure initiée par Freymond, il se raidit et n'obtempère pas. Pour obtenir gain de cause, le conseiller patrimonial suisse, qui se présente désormais comme un collectionneur d'art retiré du monde de la finance, va devoir encore augmenter la pression.

Glitz Paris : Arnault, Freymond et le butin du raid sur Hermès (1/3)

Arnault, Freymond et le butin du raid sur Hermès (1/3) : guerres secrètes
C'est l'épisode le plus secret des grandes batailles du luxe : après le raid avorté de LVMH sur Hermès en 2010, un très violent conflit a opposé ses organisateurs sur le partage de la plus-value générée par l'opération. Glitz.paris a enquêté sur ce bras de fer à 3,8 milliards d'euros entre le PDG de LVMH Bernard Arnault et le gestionnaire de fortune suisse Eric Freymond.

Mis en examen en France à la suite d'une plainte d'Hermès (voir nos révélations, Glitz du 16/03/23), le gestionnaire de fortune Eric Freymond a été, en Suisse, le protagoniste d'une guerre à huis clos qui a usé les nerfs des personnages les plus puissants du luxe, aux premiers rangs desquels le PDG de LVMH, Bernard Arnault. L'objet du bras de fer, resté secret jusqu'à ce jour ? Le partage des 3,8 milliards d'euros de plus-value générés par l'entrée, puis la sortie, entre 2010 et 2014, de LVMH du capital d'Hermès, dont le géant du luxe a contrôlé jusqu'à 23,1 %.

Pour obtenir sa part du butin, Eric Freymond n'a pas hésité à rédiger une plainte ainsi qu'à assigner LVMH et Bernard Arnault pour 380 millions d'euros. Une initiative particulièrement mal accueillie par l'état-major du géant du luxe, car la plainte du conseiller patrimonial révélait, avec un luxe de détails, tous les secrets de son raid sur Hermès.

Un butin de 3,8 milliards d'euros
Le mardi 25 novembre 2014, sur la scène du Carrousel du Louvre, Pierre Godé est goguenard. Devant les actionnaires de LVMH, le vice-président du groupe de luxe, décédé en 2018, ironise sur la tentative de prise de contrôle d'Hermès, qui a pris fin quelques mois plus tôt avec la conclusion d'un pacte de non-agression entre les deux sociétés. Evoquant l'amende de 8 millions d'euros infligée à LVMH par l'Autorité des marchés financiers (AMF) après cette opération, Godé plastronne : "On peut considérer que nous sommes condamnés, mais à une bien bonne nouvelle." L'entrée et la sortie de LVMH du capital d'Hermès ont permis au groupe de Bernard Arnault de générer 3,8 milliards d'euros de plus-value : "On aimerait bien des punitions de ce genre tous les jours !", lance Godé aux actionnaires hilares.

Si, à Paris, les petits porteurs s'en amusent, à Genève, le baroud d'honneur de l'éminence grise de LVMH exaspère Eric Freymond. Aussi discret qu'influent, ce gestionnaire de fortune a joué, pour le compte de LVMH, un rôle central dans la tentative de prise de contrôle d'Hermès, mais son nom et sa responsabilité sont encore, à ce stade, mal connus. Dans le rapport d'enquête de l'AMF publié l'année précédente, il est désigné d'une simple lettre.

Eric Freymond enrage qu'une part substantielle de la colossale plus-value, à laquelle il estime avoir largement contribué, ne lui revienne pas. Durant les deux années qui suivront, il ne cessera d'insister auprès de LVMH, de manière de plus en plus pressante, pour qu'on lui reverse 10 % du gain, soit 380 millions d'euros, une part à laquelle il estime avoir droit et que, selon lui, LVMH s'était engagé à lui payer.

Un homme de l'ombre pris dans la lumière
La discrétion d'Eric Freymond est inversement proportionnelle à l'étendue de son réseau. Avocat de formation, il a fondé en 2001 le cabinet de gestion de fortune Semper Gestion, dont le carnet de clients ressemble à un véritable who's who du luxe et des arts. Semper a notamment géré le patrimoine du chorégraphe Roland Petit et de sa muse Zizi Jeanmaire, qui ont fini par se retourner contre le cabinet, ainsi que celui de plusieurs membres de la dynastie genevoise des Bodmer. Semper compte parmi ses administrateurs l'avocat suisse Alexandre Montavon, conseil régulier de LVMH, et emploie le fils d'une héritière Puech, l'une des trois familles qui contrôlent Hermès : le cabinet est donc idéalement placé pour jouer un rôle dans le raid du géant du luxe sur son concurrent.

Rapidement devenu un acteur important du demi-monde de la haute finance offshore, Semper et son fondateur Eric Freymond ont même un temps songé à s'associer à la société suisso-émiratie Helin International, qui fait actuellement l'objet de multiples enquêtes en Suisse, en Belgique et en France (Glitz du 08/12/22). Dans un échange de courriers que Glitz.paris a pu consulter, le fondateur de Semper avait proposé au cabinet Jawers, tête de pont d'Helin en Suisse, d'investir entre 2 et 3 millions d'euros dans Olympus, un fonds d'investissement alimenté par des clients d'Helin.

En décembre 2014, un mois après l'annonce de la plus-value de LVMH, Eric Freymond prend cependant une décision radicale : il quitte Semper, officiellement pour se consacrer à l'art contemporain, qu'il collectionne. En réalité, il emmène quelques clients, dont il deviendra le conseiller exclusif. Parmi ceux-ci, l'homme qui l'a rendu indispensable à LVMH : Nicolas Puech. Depuis des années, le gestionnaire patrimonial suisse administre la fortune de ce petit-fils d'Emile Hermès qui possède 5,7 % du groupe familial.

Les liens entre Freymond et Puech sont extrêmement étroits : le conseiller patrimonial a, non seulement, un mandat de gestion sur la fortune de Nicolas Puech, mais il siège également au conseil d'administration de sa fondation. Il dispose même de comptes joints avec son client (Glitz du 19/01/23). En 2010, c'est notamment en prêtant les actions Hermès de Nicolas Puech à LVMH que Freymond a permis au groupe de Bernard Arnault de monter au capital du maroquinier.

Fort de son lien renforcé avec ce client stratégique, Eric Freymond passe les deux années qui suivent à alterner pressions et main tendues en direction de LVMH et de Bernard Arnault pour obtenir la rémunération qu'il désire. Dans cette négociation, il s'appuie sur plusieurs intermédiaires, dont l'avocat français Jérôme Lemercier, passé par les cabinets Taylor Wessing et Dewey & LeBoeuf avant de fonder sa propre firme, Pevensey Avocats, ainsi que sur Frédéric Levy, lui aussi issu de Taylor Wessing.

Conseil d'Eric Freymond depuis 2012, Jerôme Lemercier a été étroitement associé au raid sur Hermès. Jusqu'en 2018, il est l'un de ceux qui plaident sa cause auprès de la direction de LVMH et rédige des memorandum conseillant de le payer. Sans grand succès : début 2018, le conseiller patrimonial suisse n'a toujours pas obtenu ce qu'il réclame. A toutes ses demandes, LVMH oppose une fin de non-recevoir, arguant que le groupe ne peut rien lui verser tant que des procédures judiciaires d'Hermès portant sur le raid de LVMH sont en cours.

Coup de poker
Or, si les multiples plaintes déposées par Hermès se sont éteintes avec le pacte de non-agression conclu par le maroquinier avec LVMH en 2014, l'une d'entre elles, initiée en 2015 pour "faux", est en cours (voir nos révélations, Glitz du 16/03/23). Pire : elle vise directement Eric Freymond. A l'été 2018, le conseiller suisse est appréhendé au pied d'un avion à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle et emmené dans le bureau de la juge Charlotte Bilger, en charge de l'affaire, au sein du pôle financier du tribunal de Paris. Alors qu'il avait jusqu'ici réussi à rester sous les radars, celle-ci lui signifie qu'il est témoin assisté dans une enquête portant sur des déclarations de propriété de titres Hermès par Nicolas Puech.

Directement mis en cause, Eric Freymond décide de se retourner contre LVMH. Avec l'aide de son fidèle conseil suisse François Besse et celle de Jérôme Lemercier, il rédige une plainte de 78 pages contre le géant du luxe ainsi que contre son PDG, Bernard Arnault, attaqué à titre personnel. Il leur réclame, "principalement", 380 millions d'euros, assortis d'intérêts à 5 % "depuis le 1er mars 2016".

La plainte constitue à la fois une attaque directe contre LVMH et son PDG, mais aussi un levier : dans le document, Eric Freymond détaille longuement son rôle d'agent de LVMH. Or, le groupe, qui a été lourdement condamné en 2013 par l'AMF pour défaut d'information du public dans l'opération Hermès, est toujours resté muet sur les mécanismes employés pour monter au capital du maroquinier, et n'a aucune envie de les voir exposés sur la place publique. Eric Freymond le sait, et espère que la menace de révélations sera suffisante pour obtenir le considérable complément de rémunération qu'il réclame.

Sans rien laisser transparaître des grandes manœuvres en cours, Eric Freymond organise une grande fête à Venise en septembre 2018 pour fêter son anniversaire. Parmi ses invités figure l'aréopage d'avocats qui l'ont aidé à rédiger sa plainte, ainsi que ses clients les plus fidèles, dont Nicolas Puech. Le casting est en place pour l'acte 2 de la bataille entre le conseiller patrimonial suisse et LVMH.

>>> Europe : Brokers Upgrades & Downgrades - 3rd of April 2023 V2(+)

>>> Up
* ADP Raised to Buy at Citi (+)
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* Friedrich Vorwerk Group Raised to Buy at Hauck & Aufhaeuser (+)
* Humana Raised to Hold at Kepler Cheuvreux; PT 13 kronor (+)
* Implenia Raised to Buy at Kepler Cheuvreux; PT 43 Swiss francs
* InPost Raised to Buy at Erste Group; PT 8.21 euros

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* Assa Abloy Cut to Neutral at Oddo BHF; PT 274 kronor (+)
* Cancom Cut to Hold at Deutsche Bank
* DiaSorin SpA Cut to Reduce at Kepler Cheuvreux; PT 93 euros
* First Solar Cut to Underweight at Morgan Stanley; PT $200
* High-End Travelers Rein In Spending, Balk at Prices: MLIV Pulse

>>> Initiation
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* Balder Reinstated Buy at Danske Bank Markets; PT 60 kronor
* Borregaard Re-Initiated Hold at Handelsbanken
* Dunelm Rated New Hold at Shore Capital
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* *PLUG POWER CUT TO EQUAL-WEIGHT VS OVERWEIGHT AT MORGAN STANLEY
* Siemens Energy Reinstated Overweight at Morgan Stanley
* Sunnova Energy Rated New Overweight at Morgan Stanley; PT $35
* TMP Group Rated New Buy at Banca Profilo; PT 16.50 euros
* Verbund Rated New Equal-Weight at Morgan Stanley; PT 73 euros
* Wallenstam Rated New Hold at Danske Bank Markets; PT 42 kronor
* Wavestone Rated New Buy at Stifel; PT 55 euros

>>> Call
* BofA Sees ‘Ample’ Small-Cap Opportunities for Stock Pickers
* Dunelm New Hold at Shore, Valuation Reflects the Growth Outlook
* GS STRATEGISTS CUT EUROPEAN TELECOM STOCKS TO NEUTRAL
* GS STRATEGISTS RAISE EUROPEAN TECHNOLOGY STOCKS TO OVERWEIGHT
* JPMorgan Raises European Staples to Overweight from Underweight - Citing valuations are getting less challenging, and the sector could see an opportunity should the market tone shift more defensive
* Morgan Stanley’s Wilson Says Few Signs New Bull Market Has Begun (+)
* Siemens Energy Rated Overweight at MS on ‘Power Boom’ Upside
* Verbund’s Hydro Appeal Already in Shares, MS Starts Equal-Weight

>>> Stoxx 600 Pre-Market Indications

  • Aker BP (ARC TH) +3.9%
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  • Equinor (DNQ TH) +3.1%
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  • BAE (BSP TH) +2.2%
  • Legal & General (LGI TH) +2.2%
    • Fitch Maintains Legal & General’s Rating Over Strong
  • Shell (R6C0 TH) +1.9%
  • Rolls-Royce (RRU TH) -1.4%
  • Kone (KC4 TH) -1.5%
  • Evotec SE (EVT TH) -1.5%
  • K+S (SDF TH) -1.5%
  • Eurofins Scientific (ESF0 TH) -1.6%
  • Persimmon (OHP TH) -2%
    • Persimmon’s Low Outlets May Need M&A Fix or Volume to Suffer
  • Norsk Hydro (NOH1 TH) -2.2%
  • Rational (RAA TH) -2.4%
  • Melrose Industries (27MB TH) -2.8%
    • Melrose Industries MRO Holding(s) in Company
  • DSV (DS81 TH) -6.8%
    • Accelerated Bookbuild of 3.2m DSV Shares: Terms