«Mon endettement est presque à zéro»: Arnaud Lagardère poursuit la vente de ses actions à Vincent Bolloré
L’homme d’affaires, dont le groupe est entré l’an passé dans le giron de Vivendi, ne possède désormais plus que 5 % du capital de l’empire bâti par son père, et 4,49 % de ses droits de vote.
L’été 2024 est celui du grand délestage pour Arnaud Lagardère, l’unique hériter d’un empire passé à l’automne dernier sous le contrôle de Vivendi et de son actionnaire de référence, Vincent Bolloré. Depuis le mois de juin, la participation qu’il détient au capital du groupe fondé par son père a fondu de moitié, passant de 11,11 % à 5,12 % en date du 19 août. « J’ai vendu pour solder mon endettement, qui est presque à zéro, et sera bientôt à zéro », explique au Figaro Arnaud Lagardère. Ce dernier ne détient plus que 4,49 % des droits de vote du groupe qui porte son nom.
La mise en examen fin avril pour « abus de biens sociaux » du PDG, soupçonné par les enquêteurs du Parquet national financier d’avoir financé son train de vie luxueux avec l’argent de ses sociétés, a changé la donne pour l’homme d’affaires qui affirmait encore quelques mois auparavant vouloir repasser au-dessus de la barre des 15 % du capital.
8 millions d’actions cédées à Vivendi
Selon les documents de l’Autorité des marchés financiers (AMF) que Le Figaro a pu consulter, Arnaud Lagardère a cédé depuis le 5 juin dernier à Vivendi, à travers son véhicule Arjil Commanditée-Arco et son holding personnel Lagardère Capital, près de 8,5 millions d’actions au prix unitaire de 24,10 euros. Vivendi a choisi de prolonger jusqu’à juin 2025 la période durant laquelle des actionnaires minoritaires comme Arnaud Lagardère ou Bernard Arnault peuvent apporter leurs titres à la branche subsidiaire de son offre publique d’achat.
Avec ces près de 205 millions d’euros encaissés en l’espace de quelques semaines, Arnaud Lagardère compte apurer ses dettes fiscales, qui s’élèveraient, selon Le Monde, à plusieurs dizaines de millions d’euros, auprès de l’État français. La vente de ces titres servira également au remboursement du crédit accordé à Lagardère Capital par le Crédit agricole il y a plus de quinze ans (contracté à l’époque pour racheter des actions de son groupe). Selon nos informations, il lui restait l’an passé environ 150 millions d’euros à rembourser à la banque française dirigée par Philippe Brassac.
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« Il vend au plus offrant et fait une bonne affaire d’un point de vue strictement financier, glisse un analyste. Pour ce qui est de son image, déjà bien écornée au sein des milieux d’affaires français, c’est une autre histoire… » À la Bourse de Paris, l’action de Lagardère s’échangeait autour de 22 euros, mardi après-midi, en hausse de 2 % sur les douze derniers mois.
«Je suis dans une position d’acheteur»
Désormais, une question taraude les observateurs de la saga Lagardère : débarrassé de ses dettes, Arnaud Lagardère finira-t-il par apporter le reste de ses titres à Vivendi pour tourner définitivement la page de l’aventure familiale ? « Je suis désormais à nouveau dans une position d’acheteur », assure-t-il aujourd’hui au Figaro.
Après une brève interdiction de gérer décidée par le juge dans la foulée de sa mise en examen, Arnaud Lagardère, qui avait fait appel de la décision, a retrouvé fin juin ses mandats opérationnels de PDG de Lagardère, de PDG de la filiale Hachette ainsi que sa casquette de gérant des radios Europe 1, Europe 2 et RFM. L’homme d’affaires n’a, en revanche, pas retrouvé les mandats sur ses holdings.
Les accords entre la famille Bolloré et Arnaud Lagardère prévoient que ce dernier, âgé de 63 ans, reste à la tête du groupe jusqu’à la fin de son mandat, en 2027. « Je souhaite rester PDG aussi longtemps que la famille Bolloré me fera confiance, leur limite sera la mienne », affirme Arnaud Lagardère, en attendant les prochaines étapes de la procédure judiciaire. Avec seulement 4,49 % des droits de vote, son pouvoir décisionnaire sur le sort de certains actifs de Lagardère, comme le travel retail (boutiques Relay dans les gares et les aéroports), qui aiguise les appétits en cette période faste pour le secteur, s’est en tout cas déjà considérablement réduit.