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Le Monde : Bernard Arnault et les politiques, la puissance d’un groupe au cœur d

Bernard Arnault et les politiques, la puissance d’un groupe au cœur de la République

ENQUÊTE« LVMH, un Etat dans l’Etat » (2/2). Le milliardaire a cultivé des relations avec tous les présidents depuis son entrée dans le monde des affaires, il y a plus de quarante ans. Son carnet d’adresses, sans égal au sein du pouvoir, lui assure un rayonnement discret mais efficace.

Une divine surprise. Ce lundi 21 juin 2021, Emmanuel et Brigitte Macron arrivent sous la lumineuse verrière de la Samaritaine, qui ouvre enfin ses portes, après seize ans et 750 millions d’euros de travaux. La visite a été tenue secrète jusqu’au dernier moment. Convié par son nouveau propriétaire, Bernard Arnault, Emmanuel Macron se dit « fier » d’inaugurer ce « trésor patrimonial », savourant les applaudissements des 800 employés, debout sur le double escalier restauré à la feuille d’or.

C’est la première fois qu’un président en exercice se déplace pour l’ouverture d’un grand magasin. Depuis que le PDG du groupe LVMH a racheté ce joyau Art déco, ce dernier est dévolu au luxe : 600 marques de prestige, un hôtel cinq étoiles et un restaurant gastronomique, tournés vers le tourisme haut de gamme davantage que vers les Parisiens. « Le groupe LVMH illustre le génie français », se félicite le chef de l’Etat, avant de déambuler avec le milliardaire entre les souliers griffés et les sacs en cuir exotique.

Depuis 2017, Emmanuel Macron s’affiche volontiers aux côtés de « [son] cher Bernard », l’homme le plus riche du monde après Elon Musk. « Est-ce la place du président de la République, garant de l’intérêt général, d’aller inaugurer un grand magasin ? », soupire l’ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, qui n’est pas seul à s’interroger. Peu de grands patrons ont droit à pareils égards. L’éternel rival François Pinault, dont l’intimité avec Jacques Chirac est avancée pour minimiser la proximité entre MM. Arnault et Macron, n’a pas eu l’honneur d’accueillir le chef de l’Etat pour l’inauguration de sa Bourse de commerce, en 2021.

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Tissés quand Emmanuel Macron est secrétaire général adjoint de l’Elysée, leurs liens se renforcent grâce à leurs épouses, qui se croisent à Franklin, le très chic lycée jésuite dans l’ouest de Paris, où Brigitte enseigne à deux des cinq enfants Arnault, Frédéric et Jean. En 2017, le chef d’entreprise, qui déteste pourtant s’exposer, appelle à voter en faveur du candidat d’En marche ! Et ne cesse de le défendre depuis. « C’est une personnalité hors du commun, répète-t-il au Monde. Son orientation économique est en ligne avec ce que je pense être bon pour la France. » Si François Pinault estimait, en 2018, que « Macron ne comprend pas les petites gens », Bernard Arnault, lui, pense « tout le contraire ». A le voir à la télévision « se promener comme ça en France, se faire critiquer, garder son sang-froid et répondre », il le trouve même « extraordinaire ».

Points de convergence
Brigitte Macron est par ailleurs très liée à la fille du milliardaire et compagne de Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du Monde), Delphine Arnault. La directrice générale adjointe de Louis Vuitton a rajeuni son look et l’invite à ses défilés. Le soir de la victoire de son mari, le 7 mai 2017, Brigitte Macron porte un strict manteau bleu marine au col argenté signé Louis Vuitton. « Nous sommes très fiers d’habiller la première dame », se réjouira Bernard Arnault devant ses actionnaires. Les maisons concurrentes, qui critiquent mezza voce un contrat de quasi-exclusivité, n’ont pas fini de s’agacer. Les liens entre l’épouse du président et la numéro deux de Vuitton sont si étroits qu’au dîner d’Etat en l’honneur du président chinois, le 25 mars 2019 à l’Elysée, « Brigitte » va chercher « Delphine » pour la conduire jusqu’à la table présidentielle et la présenter à Xi Jinping, sous les yeux médusés des autres convives.

C’est encore la famille Arnault qui mobilise son carnet d’adresses pour le gala des pièces jaunes, que Mme Macron parraine, assurant la présence d’artistes maison comme Pharrell Williams ou le groupe de K-pop Blackpink, venus le 28 janvier pour l’édition 2023. Après le concert au Zénith, ces derniers prennent la pose en coulisses devant le président de la République, qui les photographie avec son smartphone. Une scène immortalisée en miroir par Alexandre Arnault, l’un des fils de « BA », qui poste la photo sur Instagram. « La France vous aime, Bernard ! », s’exclame Brigitte Macron à l’occasion d’une visite avec Bernard Arnault à Roubaix, où son Institut des vocations pour l’emploi, intégralement financé par LVMH, a ouvert une antenne sur le campus Jean-Arnault, père de Bernard. « C’est moi qui ai eu l’idée de cette association », précise le dirigeant.

« Je n’ai pas d’amis, je suis le président », avait dû se défendre Emmanuel Macron en 2018 face au journaliste Jean-Jacques Bourdin. Le chef de l’Etat et le patron de LVMH se retrouvent néanmoins plusieurs fois par an à la Fondation Vuitton pour une visite privée, suivie parfois d’un dîner. Il arrive aussi que le chef de l’Etat inaugure lui-même une exposition, comme celle de la collection Morozov, l’événement artistique et diplomatique de la rentrée 2022, dont il a préfacé le catalogue, avec Vladimir Poutine. « Il est aussi venu au concert avec Alexandre Kantorow », précise Bernard Arnault, qui avait invité le pianiste prodige pour l’ouverture de l’exposition. Le piano est une passion qu’il partage avec M. Macron, dans lequel il semble se reconnaître, sans le dire. « Je crois être assez bon dans mon domaine, et lui est exceptionnel dans le sien. »

Signe d’une convergence plus vaste entre la famille Arnault et la Macronie, le groupe de luxe s’est adjoint les services des meilleurs collaborateurs du président. Comme Ismaël Emelien, stratège de la campagne de 2017, dont LVMH achète depuis son départ de l’Elysée en 2019 les prestations de conseil en matière d’environnement. Ou l’ancien conseiller spécial Clément Léonarduzzi, conseil du groupe de luxe chez Publicis avant et après son passage à la présidence. A l’inverse, le responsable de la stratégie extérieure, Jean-Charles Tréhan, l’homme de confiance du PDG qui fait la pluie et le beau temps sur les médias du groupe, a été approché par l’Elysée en 2019, quand Macron cherchait un nouveau communicant. S’il n’a pas rejoint le palais, son entregent lui permet de distiller analyses et petits secrets à nombre de journalistes parisiens sur le microcosme politico-médiatique. « LVMH, c’est un Etat dans l’Etat », observe un proche du groupe.

Objets de multiples attentions, les ministres sont régulièrement invités aux événements de la Fondation Louis Vuitton, comme le concert privé du rappeur américain Jay-Z, devant lequel se sont déhanchés la ministre de la culture, Rima Abdul Malak, et le ministre de la mer, Hervé Berville, le 14 avril, alors que défilaient les opposants à la réforme des retraites. Plusieurs ministres parmi les plus en vue, comme Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, cultivent une relation personnelle avec le milliardaire ou l’un de ses cinq enfants, qui servent de relais utiles et discrets dans le monde politique et médiatique. Gabriel Attal, lui, a déjeuné deux fois avec « BA », curieux de connaître l’étoile montante de la Macronie.

Mais le PDG n’a pas apprécié d’être assimilé à un fraudeur fiscal par l’ex-ministre du budget, quand celui-ci a ciblé les « ultrariches » dans son plan de lutte contre la fraude. « J’ai protesté auprès de lui, admet Bernard Arnault, qui a fait intervenir son fils Antoine. Et d’ailleurs vous observerez que, à la suite de ma protestation, il a rectifié de lui-même. » Quelques semaines plus tard, Attal se rachète en effet dans Challenges. « Je ne peux pas laisser dire que les riches ne contribuent pas pleinement à la nation. Par exemple, Bernard Arnault est le plus gros contribuable français », vante-t-il.

L’empressement de Clément Beaune à vouloir taxer les jets privés a tout autant agacé avenue Montaigne, où se trouve le siège du groupe. Le ministre des transports, qui, comme M. Attal, se positionne pour la Mairie de Paris en 2026, a, lui aussi, tenu à s’expliquer auprès d’un des fils Arnault, Frédéric, croisé peu après dans un dîner parisien. « Je n’ai pas parlé des “ultrariches” », se défend-il, assurant qu’il pensait plutôt aux footballeurs. Les politiques savent qu’à tout moment ils peuvent avoir besoin du réseau du groupe, de ses journaux ou de son argent.

Tout l’hiver, les pouvoirs publics ont ainsi tenté de convaincre le milliardaire d’intégrer le quintette de « sponsors premium » des Jeux olympiques afin de boucler leur financement. Un moyen de pression que LVMH utilise pour peser dans certains arbitrages. « J’ai un peu l’impression qu’on a envie de mettre trois heures de colle au premier de la classe parce qu’il a eu une bonne note », prévient Antoine Arnault sur RTL, le 16 octobre, alors que la majorité débat au Parlement de la taxation des superprofits.

Mais ce sont surtout les mots d’Emmanuel Macron qui manquent de provoquer une crise politique : le 22 mars sur TF1, il raille le « cynisme » de « ces grandes entreprises prêtes à racheter leurs propres actions » lorsqu’elles réalisent des marges élevées. Ulcéré, le PDG de LVMH interrompt aussitôt les discussions avec le Comité d’organisation des JO, qui le courtise depuis des mois. Le silence ne dure pas, mais l’avertissement est clair. Le 25 juillet, le groupe de luxe finit par officialiser son partenariat, au terme d’interminables négociations qui ont viré au supplice chinois pour les pouvoirs publics. « C’est la seule chose qu’on m’ait vraiment demandée, et à laquelle finalement j’ai cédé », sourit Bernard Arnault.

Champion français
De son côté, LVMH n’a pas craint de faire appel à l’Etat pour ce qui reste à ce jour sa plus grosse acquisition : le joaillier américain Tiffany. Au printemps 2020, le groupe de luxe, qui a conclu le rachat de cet emblème new-yorkais juste avant la crise sanitaire, comprend très vite que Tiffany ne vaut plus les 16 milliards de dollars promis. L’Etat pourrait-il avoir son mot à dire sur l’opération, voire empêcher la vente ? Plusieurs avocats influents sont consultés : François Sureau, apprécié tant d’Emmanuel Macron que de Bernard Arnault – celui-ci aimerait d’ailleurs le voir entrer au gouvernement –, et Antoine Gosset-Grainville, ancien directeur adjoint de cabinet de François Fillon à Matignon, reconverti dans les affaires. Ce dernier est envoyé en éclaireur à Bercy.

Bruno Le Maire sait qu’il va irriter à la fois Emmanuel Macron et Bernard Arnault, mais il refuse d’intervenir. Le ministre de l’économie reçoit longuement le PDG de LVMH dans son bureau du sixième étage. L’échange est glacial. « La différence entre vous et moi, c’est que moi, je n’ai rien, lui dit-il. Ou plutôt, si, j’ai deux choses qui ont du prix : ma popularité et mon honneur. Si je perds ça, je n’ai plus rien. » Des propos que Bruno Le Maire n’a pas souhaité confirmer au Monde.

C’est finalement Jean-Yves Le Drian, le ministre des affaires étrangères, qui accepte, au titre du commerce extérieur, dont il a la tutelle, de signer une lettre, datée du 31 août 2020, demandant au groupe de luxe de « différer » l’acquisition de Tiffany du fait de « menaces de taxes sur les produits français ». Dix jours plus tard, LVMH annonce renoncer. « Il nous est interdit de conclure l’accord », déclare Jean-Jacques Guiony, son directeur financier.

Le ministre n’est pas un intime de Bernard Arnault, mais il ne peut rien refuser à l’Elysée. Selon plusieurs sources, c’est le puissant secrétaire général, Alexis Kohler, qui a demandé à M. Le Drian d’intervenir, ce que l’Elysée a toujours nié. Le PDG de LVMH admet, quant à lui, être « allé voir » les deux ministres, mais pour qu’ils protègent son groupe contre de nouvelles taxes américaines. La lettre, qu’aucun autre groupe français présent aux Etats-Unis n’a reçue, n’a jamais été rendue publique, malgré les demandes répétées de plusieurs médias.

L’affaire est rapidement ébruitée outre-Atlantique. Mais en France, le monde politique reste silencieux. Les groupes d’opposition sont alertés par la communicante Anne Méaux, proche de François Pinault. Le député (Les Républicains) du Lot, Aurélien Pradié, un franc-tireur qui ne cache pas ses liens avec le fondateur de Kering, est le seul à réagir. Ses collègues du groupe LR tentent de le dissuader. « Je vais organiser un déjeuner avec mon ami Nicolas [Bazire] », propose même le sarkozyste Brice Hortefeux, qui connaît le bras droit de « BA » depuis les années Balladur. Même les élus socialistes, comme le député des Landes Boris Vallaud, en sont convaincus : quand on prétend faire de la politique industrielle, il faut soutenir les champions français.

Une forme d’anoblissement
Le 22 septembre 2020, Aurélien Pradié interroge Jean-Yves Le Drian à l’Assemblée : « Quels intérêts la France a-t-elle servis dans cette affaire ? » Le ministre, les yeux rivés sur sa fiche, évoque la menace de « représailles à la taxe française sur les services numériques ». Est-ce l’effet de ce que le Quai d’Orsay appelle aujourd’hui « la lettre maudite » ? Quelques semaines plus tard, les deux groupes s’entendent sur un prix légèrement revu à la baisse. Et puis « l’affaire tombe aux oubliettes », soupire le député du Lot, qui dénonce une instrumentalisation inédite de la diplomatie française.

Dans la sphère politique, Bernard Arnault fascine autant qu’il inquiète. Parmi les nombreuses personnes contactées par Le Monde, celles qui ont accepté d’être nommément citées se comptent sur les doigts d’une main. Les politiques sont pourtant les premiers à se précipiter aux événements du groupe, où l’on croise le Tout-Paris. « J’ai dîné avec ma femme hier chez Bernard Arnault », s’est vanté un jour l’ex-ministre de la justice Dominique Perben, époustouflé par les tableaux de maître et la présence, à ses côtés, de Caroline de Monaco.

Le maire (LR) de Meaux, Jean-François Copé, habitué depuis vingt ans des dîners et soirées musicales du milliardaire, raconte y avoir croisé Tony Blair, l’ancien premier ministre britannique, ami et partenaire de tennis de « BA ». « Il claque des doigts et tout le monde débarque », s’amuse la directrice générale de l’agence Hopscotch, Patricia Chapelotte, qui décèle chez lui « une jouissance à montrer où se situe la vraie puissance ». Etre reçu dans son hôtel particulier ou au siège du groupe serait une forme d’anoblissement. Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a été convié à déjeuner avenue Montaigne dès le lendemain de son élection à la tête de LR. « Ce sont eux qui demandent à le voir », assure l’entourage de Bernard Arnault. L’idée qu’il puisse être ainsi courtisé amuse beaucoup le PDG, qui fréquente peu les cercles parisiens. « Je suis flatté que vous puissiez le penser », répond-il en haussant les sourcils.

Difficile d’imaginer aujourd’hui que, lorsqu’il s’est lancé dans la reprise de Boussac au début des années 1980, Bernard Arnault s’inquiétait de ne connaître personne à Paris. Loin de l’establishment, le jeune patron arborait alors un look provincial, blazer à boutons dorés et cravate club. Droite ou gauche, il apprend toutefois vite à ménager ses appuis. C’est la gauche mitterrandienne qui lui met le pied à l’étrier, après l’avoir suffisamment inquiété pour qu’il s’exile trois ans aux Etats-Unis. A Matignon, Laurent Fabius lui permet de reprendre Boussac en 1984 – et sa pépite Dior – avec plusieurs centaines de millions de francs de subventions, et des engagements en matière d’emplois que l’entreprise ne tiendra pas. Quarante ans plus tard, François Hollande, le président qui n’aimait pas les riches, inaugure, lyrique, sa fondation au bois de Boulogne, en 2014 : « Plus qu’un fantastique musée, c’est un morceau d’humanité, qui montre à tous que le rêve peut, à force de génie et de volonté, devenir réalité. »

En 2012, les relations entre le milliardaire et le pouvoir socialiste sont pourtant polaires. Bernard Arnault demande à être reçu par François Hollande et Jean-Marc Ayrault, et tente de les dissuader de créer cette taxe à 75 % sur les revenus de plus de 1 million d’euros, promise pendant la campagne. Les autres patrons se contentent de faire passer des messages par le biais de l’Association française des entreprises privées, leur puissant lobby. A la rentrée suivante, la presse révèle que « BA » a déposé une demande de naturalisation en Belgique. Pour Matignon, il ne fait aucun doute que c’est une mesure de rétorsion. Face au tollé, Arnault recule. « Je n’avais pas du tout envie de quitter la France », répète-t-il aujourd’hui, invoquant « une question de fondation, pour les enfants ».

Stratégie de recrutement
La suite du quinquennat, centrée sur les baisses d’impôts, sera plus sereine. « Est-ce qu’il y a des sujets sur lesquels on peut vous aider dans votre combat pour l’industrie ? », propose même le PDG à Arnaud Montebourg à l’issue d’un petit déjeuner avenue Montaigne, pendant l’été 2013. Ce dernier lui tend la liste d’entreprises en difficulté qu’il a préparée. L’imprévisible ministre du redressement productif avait marqué des points en visitant un atelier Vuitton quelques semaines plus tôt, s’extasiant sur les sacs à main. « La France a besoin de vous ! », avait-il déclaré devant les caméras, sous le regard médusé d’Antoine Arnault. « Arnaud Montebourg est un soutien de l’économie », vantera ensuite le patron de LVMH.

François Hollande, qui a quitté l’Elysée il y a six ans, voit toujours le milliardaire. Lorsque, en février, l’ex-président déclare dans Challenges qu’une hausse des impôts est inévitable, « BA » saisit l’occasion d’un déjeuner pour lui rappeler combien son groupe contribue à l’économie. « Il faut comprendre que nous créons beaucoup de richesses en France, c’est anormal de nous faire payer plus d’impôts », se désole-t-il devant l’ancien chef de l’Etat. Il continue aussi de déjeuner avec Nicolas Sarkozy plusieurs fois par an, même si les liens sont moins étroits que par le passé.

Leur amitié remonte à l’époque où Edouard Balladur, dont Bernard Arnault s’était hasardé à prédire un peu vite la victoire à la présidentielle en 1995, était premier ministre et Sarkozy ministre du budget. Ce dernier est alors régulièrement convié sur le yacht de l’homme d’affaires. Fasciné par sa fortune et sa réussite, il choisit même « [son] ami Bernard » comme témoin lorsqu’il épouse Cécilia. Et le convie bien sûr au Fouquet’s le soir de sa victoire, avec son ami intime Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur, recruté en 1999 par Bernard Arnault pour piloter sa holding familiale.

En 2007, la fortune du milliardaire pèse dix fois moins qu’aujourd’hui. Mais à l’Elysée, Nicolas Sarkozy veille sur ses intérêts, faisant pression sur les héritiers de la famille Hermès pour qu’elle cède aux avances de LVMH, ou sur le gendarme de la Bourse, qui enquête sur l’opération. Sarkozy facilite aussi sa reprise du quotidien Les Echos, contre l’avis de sa rédaction. Les collaborations avec le pouvoir sont multiples. Bernard Arnault « prête » au président son directeur juridique, Patrick Ouart, nommé conseiller à l’Elysée en 2007. Symétriquement, LVMH achète à partir de 2013 les services de l’ancien responsable du renseignement, Bernard Squarcini, aujourd’hui soupçonné d’avoir profité de sa position pour obtenir des informations confidentielles au bénéfice du groupe.

Tous ces présidents, « j’ai eu l’occasion, et la chance peut-être, de tous les connaître relativement bien », euphémise le milliardaire. A l’entendre, ce sont eux qui viennent le consulter depuis quarante ans qu’il est dans les affaires. Lui n’a « rien à demander au gouvernement ». Cette proximité au plus haut niveau s’est toujours doublée d’une stratégie de recrutement de hauts fonctionnaires, anciens ministres ou élus, plus volontiers pratiquée par des entreprises ayant affaire avec l’Etat. Un stagiaire de l’ENA est régulièrement placé aux affaires publiques. Outre Nicolas Bazire, pilier du groupe depuis vingt-cinq ans, LVMH s’appuie aussi pour son lobbying parisien sur le socialiste Marc-Antoine Jamet, engagé du temps de la splendeur des réseaux fabiusiens. « C’est dommage, tu sais, il t’en veut », glisse un jour ce dernier à l’ex-ministre de l’économie Michel Sapin, qui a refusé de recevoir personnellement Bernard Arnault à Bercy pour parler d’un sujet fiscal.

« Plus besoin de faire du lobbying »
Si d’autres groupes piochent dans le monde politique – Kering a recruté l’ex-conseiller de Macron, Sylvain Fort –, LVMH a largement distancé ses rivaux, qui conviennent être bien moins introduits dans les cercles du pouvoir. Avenue Montaigne, la teinte politique des recrutements tend toutefois à diminuer à mesure que le poids de la France reflue dans l’activité du groupe. Et que le pouvoir politique s’affaiblit. « Nous sommes si gros, si puissants que nous n’avons même plus besoin de faire du lobbying, ça se fait tout seul », sourit un membre de l’équipe dirigeante de LVMH.

Ces amitiés et réseaux ne disent pas grand-chose des convictions du milliardaire. Comme la majorité des patrons, il est libéral et hostile à la pression fiscale. Davantage que d’autres, il tend à voir la France comme un pays « socialo-marxiste » et « antiréussite », comme il l’a déclaré sur France Inter. C’est pour tenter de faire contrepoids à une presse jugée trop perméable aux idées de gauche qu’il a investi dans les médias, dont la fragile économie est déjà dépendante de ses budgets publicitaires colossaux, y compris outre-Atlantique.

La rédaction du Parisien, qu’il possède depuis 2015, se désole ainsi qu’aucune « une » n’ait été consacrée aux manifestations contre la réforme des retraites cet hiver, sauf pour parler des violences. Il y a eu aussi ce titre jugé impertinent lorsque Emmanuel Macron a attrapé le Covid (« Macron reconnaît un moment de négligence », disait la « une »), qui a valu à son directeur de la rédaction, Jean-Michel Salvator, une convocation avenue Montaigne. « Si vous ne vous sentez pas capable de faire ce job, on va trouver quelqu’un qui le sera », l’avertit Bernard Arnault. Radio Classique a, de son côté, renoncé aux interviews politiques en 2022, alors que démarrait la campagne présidentielle, soumise à des règles de pluralisme. Le milliardaire mélomane ne supportait plus d’entendre gloser des politiques de gauche sur son antenne.

« Mot magique »
Posséder Paris Match ou Le Journal du dimanche, sur lesquels Vincent Bolloré vient de mettre la main en prenant le contrôle de Lagardère, lui aurait permis d’accroître encore son influence sur la sphère politique, même s’il nie s’y être intéressé. Bernard Arnault garde aussi un œil sur le magazine Point de vue, l’un des trois titres français les plus lus à l’étranger, s’il venait à être cédé par son rival, François Pinault. Celui pour qui Dior est un « mot magique », évoquant « à la fois Dieu et or », a un faible pour les têtes couronnées, dépositaires d’une partie de l’histoire du Vieux Continent. En 1997, il était au premier rang aux funérailles de Lady Di, assis devant l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing.

Prudent, Bernard Arnault refuse de s’exprimer sur la droitisation des médias possédés par Vincent Bolloré. « Moi, je ne me mêle pas des affaires des autres », répète-t-il. Selon certains de ses proches, il est un téléspectateur fidèle de CNews, cette « Fox News » à la française qui incarne le virage éditorial voulu par l’industriel breton. Début juin, le PDG de LVMH a discrètement convié Pascal Praud, l’animateur vedette de la chaîne, pour « un thé » avenue Montaigne. Ce dernier avait tressé les louanges du géant du luxe au lendemain de la tentative d’invasion de son siège, détaillant sa contribution à l’économie française. « Je voudrais convaincre les sans-culottes de l’avenue Montaigne que non seulement LVMH n’est pas le problème, mais qu’il est sans doute la solution pour la France », avait-il conclu. « Vous êtes le seul à avoir dit ça », le remercie « BA ». L’entourage du grand patron hésitera pourtant à confirmer l’entrevue. Le groupe préfère se tenir à distance des discours clivants qui risqueraient de déplaire à ses clients.

Le scénario, redouté dans les milieux d’affaires, d’une victoire de l’extrême droite en 2027 s’apparente pour lui à « de la politique-fiction ». Difficile, pourtant, d’imaginer qu’un groupe aussi dépendant de l’image de la France n’ait pas évalué ce risque. « Quand je regarde le programme économique de Mme Le Pen ou celui de M. Mélenchon, je suis terrifié », confirme Bernard Arnault. Pas au point d’envisager l’exil, comme il y a quarante ans, lorsque la gauche est arrivée au pouvoir. « En 1981, j’étais libre comme l’air, je n’avais pas vraiment commencé dans les affaires. Aujourd’hui, je suis quand même un peu attaché à la France… » Vus de son bureau de l’avenue Montaigne, au neuvième étage du siège, les politiques ne sont, de toute façon, que de passage.

FT : Glencore profits halve as commodity prices retreat

Glencore profits halve as commodity prices retreat
Mining and trading group lifts return to shareholders as profits fall from record level

Swiss mining and trading group Glencore has reported a plunge in first-half profits as the surge in commodity prices that followed the invasion of Ukraine eases.

The FTSE 100 group said on Tuesday that its earnings before interest, tax, depreciation and amortisation fell by 50 per cent to $9.4bn in the first six months of the year, driven in part by coal prices coming off their highs.

A resurgence in coal prices, which started before Russian’s invasion of Ukraine, helped send Glencore’s profits to a record last year, but they also drew scrutiny over the company’s plans for the heavily polluting business.

Alongside its first-half results, Glencore said it would increase its dividend by $1bn and buy back another $1.2bn of shares in a move that takes the amount it has returned this year to $9.3bn.

WSJ : SoftBank Posts Another Loss Despite Technology-Share Rebound

SoftBank Posts Another Loss Despite Technology-Share Rebound
Return to profit for Vision Fund can’t stem red ink for the investment company

TOKYO—Japanese technology investor SoftBank 9984 1.52%increase; green up pointing triangle Group on Tuesday reported its third straight quarter of net losses despite a rebound in technology shares helping its investment portfolio return to profit.

SoftBank posted a net loss of 477.6 billion yen, equivalent to about $3.3 billion, for the quarter ended June 30. That compares with a ¥3.163 trillion net loss in the same period a year earlier.

Reflecting the tech-share recovery, the Vision Fund business, SoftBank’s main investment vehicle, posted a profit of ¥61 billion. It was the first time in six quarters that the Vision Fund unit was profitable.

The company had been cautious about making new investments as its investments were hit hard by higher interest rates and the global tech selloff. In a measure to preserve cash, it has sold down its stake in Chinese e-commerce giant Alibaba Group Holding.

Chief Executive Masayoshi Son said at the company’s annual shareholders meeting in June that SoftBank was getting ready to go on a counteroffensive.

WWD : Matches Partners With Sellier on Vintage Chanel, Hermès, Louis Vuitton Bag

Matches Partners With Sellier on Vintage Chanel, Hermès, Louis Vuitton Bags
The handbags start from 1,070 pounds and range up to 26,300 pounds, while the jewelry ranges from 970 to 1,450 pounds.

LONDON — Matches is taking its luxury handbag and fashion jewelry category to new channels by collaborating with Sellier, a resale store in London’s Knightsbridge and in Monaco.

Chanel, Hermès and Louis Vuitton handbags and jewelry will land on the luxury retailer’s website from Wednesday. The selection of items have been chosen by Dina Ibrahimova and Hanushka Toni, the mother and daughter duo who founded Sellier in 2019.

Each item has been inspected by Sellier’s in-house authenticators, as well as using third-party examiners to confirm the authenticity of the handbags.

The handbags start from 1,070 pounds and range up to 26,300 pounds, whlie the jewelry ranges from 970 to 1,450 pounds.

Sellier was the one to initiate the conversation with Matches via the partnerships team, which snowballed into partnering together.

“What was really interesting was the amount of really desirable stock they get through their consignment stores. We saw that some of these products were barely used and our customers are looking for these collectible pieces regardless of price,” Cassie Smart, head of womenswear at Matches, told WWD.

The retailer saw an uptick when it introduced fine jewelry onto its website. Last year, Jessica McCormack launched bridal diamond designs on Matches, proving to be a success. The jewelry designer will open her second London store at 140 Sloane Street toward the end of the year, WWD learned in July.

The first drop, part of a continuous project with Sellier, will encompass 50 handbags, including a Louis Vuitton and Supreme duffle bag; a Goyard leather tote bag, and Chanel collectibles such as a wooden box bag, heart-shaped crossbody bags from the ‘90s and a plastic see-through bag.

“What’s interesting about bags is obviously the lifecycle of the products; it’s longer and customers really invest in them. At the moment, we’re doing incredible business with brands like The Row, Loewe and Bottega Veneta,” said Smart.

WWD : Zimmermann Sells Majority Stake to Advent International

Zimmermann Sells Majority Stake to Advent International
Current owners Style Capital and the Zimmermann family will retain a significant minority stake.

Zimmermann, the hot Australian luxury brand, has changed hands again.

Advent International, one of the world’s largest private equity investors, has reached an agreement to acquire a majority stake in the company. Terms of the transaction weren’t disclosed.

Founded by sisters Nicky and Simone Zimmermann in 1991 and headquartered in Sydney, Australia, Zimmermann has established a loyal following for its feminine dresses and swimwear that emphasize original prints and color. The company has 58 stand-alone stores across Australia, the U.S., the U.K., Europe and China, along with wholesale distribution in department and specialty stores, online luxury fashion retailers and Zimmermann.com.

Under the terms of the acquisition, Advent will acquire a majority stake in Zimmermann from Style Capital, which together with the Zimmermann family will retain a significant minority shareholding. The founders and the Zimmermann management team will continue to drive the brand’s growth.

Reports in the Australian Financial Review last month about a potential Advent acquisition valued Zimmermann at 1.75 billion Australian dollars, or $1.15 billion at current exchange.

Style Capital, the Milan-based investment fund, acquired a 70 percent stake in Zimmermann in late 2020 for a reported 408 million Australian dollars, or $268.12 million at current exchange, with the Zimmermann family owning 30 percent. As part of that transaction, American private equity firm General Atlantic, which had acquired a minority stake in the brand in 2016, exited the Australian company.

While Zimmermann declined to reveal its current volume, last year the company said that global topline sales increased an average of just over 30 percent each year over the past five years. Industry sources have estimated Zimmermann’s annual revenue at 400 million Australian dollars, or $263 million at current exchange, and 125 million Australian dollars, or $82.2 million, in earnings before interest and taxes.

At the time of Style Capital’s acquisition, the company said its strategy was to help Zimmermann’s global trajectory with a focus on European and Asian retail markets; digital growth; increasing its wholesale footprint, and expanding into new categories.

Style Capital’s portfolio includes L.A.-based denim brand Re/Done and two Italian labels, Forte Forte and MSGM.

The investment from Advent looks to take that strategy further, allowing Zimmermann to build on its strong multidecade performance by accelerating the brand’s international expansion in existing and new key luxury markets, such as Asia and the Middle East; to further expand its product categories and accessories, and strengthen its online and omnichannel presence.

Advent, established in 1984 with $95 billion in assets under management, seeks to leverage its considerable experience within the consumer sector, which includes the June 2023 investment in Parfums de Marly and Initio Parfums Privés, as well as the 2012 investment in Douglas, the Germany-based specialty retailer of premium beauty products, including perfumes; Orveon, owner of the BareMinerals, Buxom and Laura Mercier cosmetics brands acquired in 2021, and Lululemon Athletica, which Advent originally invested in in 2005. Advent first made a minority investment of $74 million in Lululemon, which went public, and by 2009 had sold all its shares, reportedly making about $600 million on its investment. Advent then made another investment in Lululemon in 2014.

Advent also bought Olaplex in 2019 before it spun it out in an initial public offering in 2021, giving the beauty company a reported valuation of $16 billion at the time, as reported.

In revealing the Zimmermann news, Ranjan Sen, managing partner at Advent International, said, “Zimmermann presents a rare and exciting opportunity to acquire a fast-growing iconic luxury fashion brand with significant potential for further expansion. The Zimmermann team has successfully created a distinctive and desirable global luxury brand, which has built a loyal customer base around the world. We look forward to supporting the management team around the CEO, Chris Olliver, and Nicky and Simone Zimmermann, to help build on the company’s strong foundations and deliver superior continuous growth.”

Olliver added, “We welcome Advent as a successful global and like-minded investor. They bring proven experience supporting luxury brands in taking this next step and we are thrilled by the opportunity to work together.”

Nicky Zimmermann, chief creative officer and cofounder, said, “We are really excited to partner with the teams at Advent and Style Capital as we continue on our journey to build a unique global luxury brand from Australia. There are so many exciting opportunities for Zimmermann ahead and Simone and I feel extremely fortunate to be going on this journey with our team, one that started nearly 30 years ago at Paddington Markets in Sydney. For us, the opportunity to work alongside so many talented and passionate people each day is a privilege and there is so much we want to achieve together. We look forward to working collaboratively with our new partners to achieve our shared ambitions for the brand, with our loyal clients at the center of that vision.”

Roberta Benaglia, CEO of Style Capital, added, “We are delighted to partner with Advent and to continue to support the Zimmermann team. Early in our conversations with the Advent team, it became clear that they recognized the considerable potential within the brand and shared a common vision for further expansion over the long term.”

Since its establishment in 1984, Advent has invested in more than 410 private equity investments across 42 countries. The firm focuses on investments in five core sectors — business and financial services; health care; industrial; retail, consumer and leisure, and technology.

Arguably one of Australian fashion’s biggest success stories, Zimmermann began in Sydney with Nicky Zimmermann designing dresses and selling them at Paddington markets. After getting two pages of editorial in Australian Vogue, she started to receive orders for the dresses from boutiques around Australia and opened a small store in Darlinghurst. In 1991, her sister Simone, cofounder and chief operating officer, joined the company, and together they began building the brand. Zimmermann’s dresses became recognizable for their flowy chiffon fabrics, use of ruching, tulle, colors and prints. Over the years, their fan base has grown to include fellow Aussie Margot Robbie, Kendall Jenner, Katie Holmes, Laura Dern, Beyoncé and Kate Middleton.

Today, Zimmermann has been aggressively opening freestanding stores around the world, with 22 stores in the U.S., 20 in Australia and 14 in the U.K. and E.U.. In the U.S., stores are in such locations as SoHo, Meatpacking District, Madison Avenue, East Hampton, Southampton, and Americana Manhasset in New York; Atlanta; the Miami Design District, Bal Harbour and Palm Beach in Florida; Dallas and Houston in Texas; Honolulu; Melrose Place in Los Angeles, and San Francisco. Internationally stores have popped up in cities such as London; Paris, Cannes and Saint-Tropez in France; Milan, Florence and Capri in Italy; Madrid; and Shanghai.

Zimmermann’s products run the gamut from ready-to-wear, including dresses, knitwear, denim, skirts, pants, tops, outerwear, jumpsuits, and T-shirts, to swimwear, shoes, accessories, jewelry and kids’.

FT : Charlie Ergen Nears Deal to Merge Dish, EchoStarflops

Charlie Ergen Nears Deal to Merge Dish, EchoStar
A deal between the companies, controlled by the billionaire, could be announced Tuesday

Charlie Ergen is nearing a deal to merge his major holdings, Dish Network DISH 0.66%increase; green up pointing triangle and EchoStar SATS 21.26%increase; green up pointing triangle, a move aimed at giving him the financial flexibility to build a nationwide wireless network strong enough to take on the likes of AT&T and Verizon.

A deal could be announced as soon as Tuesday, barring any last-minute snags, according to people familiar with the matter.

Precise terms couldn’t be learned, but the price could be a discount to where EchoStar stock closed following a surge of more than 20% on Monday ahead of the company’s earnings report. The price will still be a premium to where the shares changed hands in recent weeks, when they were around $17, the people said.

The current CEO of EchoStar, Hamid Akhavan, is expected to serve as president and chief executive of the combined company upon the closing of the deal.

Dish has a market value of about $4 billion, while EchoStar’s is about half that.

A transaction would reunite Dish’s pay-TV business and fledgling 5G network with EchoStar’s satellite-communications infrastructure.

Ergen, the billionaire telecommunications entrepreneur, controls both companies, each of which contains different parts of an empire built over four decades. Dish serves millions of pay-TV and cellphone customers through brands including Sling TV and Boost Mobile and has amassed a cache of spectrum licenses to support its wireless ambitions. EchoStar runs a fleet of satellites that serve HughesNet home-internet users as well as business and government clients.

Ergen co-founded EchoStar as a satellite-television equipment distributor in 1980. In 2008, the company changed its name to Dish Network and spun off its technology arm as EchoStar.

The two companies have shifted assets over the years. Dish acquired certain assets in 2017 and struck another deal in 2019 to buy EchoStar’s broadcast-satellite business. Ergen, who stepped down as CEO of Dish in 2017, remains chairman of both companies.

Dish, a longtime presence in satellite television, has spent more than a decade laying the groundwork to be a major player in the wireless sector.

Ergen has said his company aims to pivot its operations away from a shrinking pay-TV service as cord-cutting accelerates. Dish has said it expects its overall 5G, or fifth-generation, wireless network to cost more than $10 billion to build.

Heavy spending on the new network tipped Dish’s free cash flow into negative territory last year, causing its debt to trade at distressed levels. Ergen in May said the debt market was essentially closed to Dish but hinted that the asset-rich company still had several options at its disposal.

EchoStar had $1.7 billion in cash on its balance sheet as of March 31. It continued to generate cash in the March quarter and is primed for more growth as it brings its new Jupiter 3 satellite online. The company had been set to report its second-quarter results Monday but recently delayed the release until Tuesday morning.

Ergen has been trying to win back investor confidence in his wireless strategy. Dish shares have hit lows not seen in more than two decades this year as analysts question whether his project will pay off before billions of dollars of debt come due in the coming years.

Semafor last month reported that Ergen was exploring a deal between EchoStar and Dish.

FT : Bob Iger’s Disney comeback hampered by TV woes and box office flops

Bob Iger’s Disney comeback hampered by TV woes and box office flops
Streaming losses forecast to eat into profits when media group reports results this week

Bob Iger’s retirement from Disney only lasted 11 months, but since his return as chief executive in November he has admitted to being surprised by the number of problems he has discovered at the company. 

The decline of the traditional television business has been worse than he thought, leading to a serious drop-off in advertising — and questions about whether the networks remain “core” assets for Disney.

A number of box office disappointments, including the recent Haunted Mansion, have prompted analysts to conclude that Disney’s vaunted movie studios have lost their creative spark.

“In some cases the challenges are greater than I had anticipated,” Iger told CNBC last month. “The disruption of the [traditional TV] business has happened to a greater extent than even I was aware of.”

For years the thriving TV business helped pay for splashy acquisitions that marked Iger’s first 15-year tenure, including the hit machines Pixar and Marvel. Later, TV subsidised its expensive push into streaming. But it has now become a drag on the company.

“He’s got some very tough decisions” to make, said a top shareholder. “What do you do with linear [TV]? Linear is a big problem. It still spits tonnes of cash but it’s a declining [business]. And if you try to sell it, I don’t know who’s going to buy it.”

With the stock down 21 per cent over the past year, Iger has been unusually willing to publicly float ideas about which parts of Disney he might want to get rid of.

He wondered aloud earlier this year whether the Hulu streaming service remained essential to Disney, only to say later that it was. He told CNBC that the business model behind traditional TV networks, including ABC, is “definitely broken”, noting that they “may not be core to Disney”.

Iger recently retained two former Disney executives, Kevin Mayer and Tom Staggs, to help him examine options for the TV business, including ESPN, the sports network that for years was the company’s growth engine. Iger is said to be seeking partners to run ESPN, which could include sports leagues or other media groups. It is also examining options for its Indian TV business, according to three sources.

While the TV business is a big headache for Iger, he also faces the challenge of slashing the huge losses in Disney’s streaming businesses, which the company has forecast will not turn its first profit until 2024. 

Streaming and the TV networks are expected to be a drag on Disney’s earnings when it reports quarterly results on Wednesday, along with the weaker-than-expected box office performance of summer films including Indiana Jones and the Dial of Destiny.

Disney is expected to earn 96 cents a share, down from $1.09 a year earlier, on revenue of $22.4bn. Operating losses in the Disney+ streaming service are expected to total $760mn, up $100mn from the previous quarter, according to Citi estimates. Its streaming business is expected to lose 3mn subscribers from the previous quarter.

Investors are also expecting an update on the $5.5bn cost-cutting initiative Iger announced shortly after his return, which has eyed 7,000 job cuts.

Iger’s return was cheered by investors and employees, who hoped that the veteran chief could stabilise Disney following the pandemic and the bumpy tenure of his successor, Bob Chapek. But he has recently drawn criticism after being awarded a two-year extension to his contract, which renewed old doubts about his willingness to leave the job and Disney’s succession planning. Iger’s latest contract ends in 2026.

“Already a two-year tenure has become four years,” noted one former employee. Potential successors “wouldn’t wait for that long, especially when they don’t know if Iger will leave even then”.

Iger, long considered the voice of Hollywood, has also come under fire from striking writers and actors when he said that their expectations were “not realistic”.

There have been internal tensions, including with former chief financial officer Christine McCarthy, who had played a role in unseating Chapek. Disney cited medical reasons when it announced in June that she was stepping down, but three people familiar with the situation told the Financial Times that she departed after tensions arose between her and Iger.

“This is pretty well known in the company,” said a former employee. “She was independent minded and Iger thought that she wasn’t sufficiently loyal to him and his agenda.” McCarthy could not be reached for comment.

McCarthy has been replaced on an interim basis by Kevin Lansberry, but the company has started to search for a full-time CFO.

As it looks to cut costs, Disney is also examining its options in India, where it lost the rights to stream Indian Premier League cricket matches last year in a record-breaking $6.2bn auction. It retained the broadcast rights, however.

“They are certainly looking at options to pare down the liabilities in India,” said an executive familiar with the business. “I suspect an outright sale will be one of the options but it’s not the first or the only option. Iger would want to spin it into a strategic pivot rather than a fire sale.”

Disney declined to comment.

Other former executives said it would be a mistake for Disney to exit the India business altogether. “It hasn’t been pretty, and there’s a lot of sunk costs there,” said one former Disney executive. “But selling would mean they lose their foothold in what’s going to be the fastest-growing market that they can get into, because they’ll never get into China.”

Also hanging over Iger is a looming transaction with Comcast, which owns one-third of the Hulu streaming service. In 2019 the companies agreed that either side could force a transaction starting in January 2024, with Comcast holding the right to “put” the stake to Disney, or Disney being able to “call” the stake from Comcast.

Disney is expected to buy out the Comcast stake, which could fetch $9bn or more. 

“Comcast is going to strangle him [Iger] on the price at a time when he can least afford another . . . acquisition,” said the shareholder. “He’ll be getting further into debt.”

FT : Billionaire Patrick Drahi says Altice corruption probe a ‘shock’

Billionaire Patrick Drahi says Altice corruption probe a ‘shock’
Franco-Israeli entrepreneur makes first comments since Portuguese authorities opened investigation into longtime partner

Billionaire Patrick Drahi has cast Altice, the sprawling telecoms group he built, as the victim of alleged fraud perpetrated by his longtime partner Armando Pereira in his first public comments since the scandal erupted last month.

“This has come as a shock and as a huge disappointment to me,” the Franco-Israeli businessman said on a call with debt investors on Monday. “If the allegations are true, I feel betrayed and deceived by a small group of individuals, including one of our oldest colleagues,” he added.

Altice has been rocked since Portuguese authorities disclosed a criminal investigation in July. The probe centres on whether Pereira and others were involved in a scheme to enrich themselves by rigging the French group’s local procurement processes in Portugal. Pereira has been placed under house arrest by judges while the police probe continues.

Pereira has previously denied wrongdoing.

The crisis comes as the group’s debt pile has ballooned to more than $60bn amid rising interest rates. Drahi added that the investigation in Portugal would have no impact on the business or the group’s ability to pay its debts, and promised that Altice was co-operating with authorities.

“I assure you that we take this matter very seriously, and we are taking swift proactive action to understand the truth and protect the group from any harm in the event that the allegations are substantiated,” he said.

The billionaire, who built Altice via a series of debt-fuelled deals, also sought to reassure investors that the group did not have any short-term maturities and would be able to deleverage and refinance its borrowings.

Drahi and Pereira have worked together for decades and people who know them both have said they formed a close tandem internally, with Pereira being in charge of cost-cutting each time Altice bought a new company. Although the pair have often been described as co-founders, Drahi sought to distance himself on Monday by calling Pereira a manager he had hired in 2003. 

Drahi clarified that Pereira did not have a direct stake in Altice, nor the Next holding company above it, but confirmed that he did make a small investment in Altice’s first acquisition of less than 1 per cent of the equity and received a carried interest indexed on Altice’s private equity investors.

“Over time, the form of his economic interest evolved, and since 2005 he did not own a single share or right in any of the Altice entities but simply maintained a carried interest of around 20 per cent of my personal economic interest,” said Drahi.

The fallout from the probe has shaken Altice, which has mobile and broadband operations in the US and Europe and rose to prominence during an acquisition spree under Drahi that included the €17bn takeover of France’s SFR in 2014.

Drahi, who has an almost 25 per cent stake in UK telecoms group BT, said on Monday that he would meet creditors in New York and London in September, a step bondholders see as a further effort to allay their concerns over the probe and to lay the groundwork for ways to address its debts.

Speaking alongside Drahi on the call, Altice executives said they were focused on refinancing debt maturing in 2025 and 2026 — a move that will be more expensive given the rapid rise in interest rates over the past 18 months.

Prices for the group’s bonds, which remain in distressed territory, ticked higher after the call with a $1.56bn bond issued by Altice France maturing in 2027 climbing more than 3 cents on the dollar to 49 cents, according to activity reported to Finra.

“The story [for Altice] has always been we’ll lever up to do a deal and then we will use the cash flows from our operational improvement to pay down debt,” said John McClain, a portfolio manager with Brandywine, which has invested in Altice debt. “The last part never manifested itself. It is just continuously borrowing more money to buy more things.”

In the earnings statement released before the call, Altice said it was carrying out internal audits across its businesses, which include broadband and mobile operators in France, the US and Israel.

Altice promised a “full review and thorough reinforcement of the approval process on all procurement, payments, purchase orders and related processes”.