Mediapart : Sedif-Veolia : dans les eaux troubles du plus grand contrat de conce

Sedif-Veolia : dans les eaux troubles du plus grand contrat de concession d’Europe
Délégataire du contrat de concession d’eau du Syndicat des eaux d’Île-de-France depuis 126 ans, Veolia a été reconduit pour douze ans de plus en janvier. Mais des membres de la Cour des comptes ont fait un signalement pour dénoncer les irrégularités et les manquements dans l’appel d’offres.

Le dossier semblait clos. Au terme d’une procédure de plusieurs années, le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) annonçait fin janvier retenir la candidature de son délégataire historique, Veolia, pour son nouveau contrat de concession d’eau. Un contrat hors norme, d’une valeur de 4,2 milliards d’euros, conclu entre le géant français et l’établissement public qui se désigne comme « le plus grand service public d’eau en Europe ».

Présidé depuis 1983 par le maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) André Santini, le Sedif gère la gestion de l’eau potable pour le compte des communes ou des intercommunalités qui regroupent 4 millions d’usagers dans sept départements d’Île-de-France. Fin mars, les deux partenaires ont signé ce nouveau contrat de concession de douze ans. À partir du 1er janvier 2025, Veolia va donc continuer d’assurer la production et la distribution d’eau pour quelque 130 communes d’Île-de-France, comme il le fait depuis 126 ans.

Un petit grain de sable pourrait cependant faire dérailler cette belle mécanique. Selon nos informations, des membres de la Cour des comptes ont fait un signalement dans le cadre de l’article 40 du Code de procédure pénale auprès du Parquet national financier (PNF) pour dénoncer les manquements qu’ils ont constatés dans cette procédure.

Chargés de superviser l’appel d’offres au sein du Sedif, ils ont, selon nos informations, démissionné avant le terme et sont retournés dans leur administration d’origine, estimant qu’ils n’avaient pas les moyens de réaliser correctement leur mission. Contactés, ces hauts fonctionnaires n’ont pas donné suite à nos demandes. Le PNF et la Cour des comptes n’ont pas non plus répondu à nos questions.

La démarche des membres de la Cour des comptes est rarissime et semble plonger tous les acteurs du projet dans l’embarras. Car elle remet cette procédure d’appel d’offres sous le feu des projecteurs. Un incident a particulièrement retenu l’attention : un bug informatique a permis à Veolia d’avoir accès à tous les dossiers confidentiels de son concurrent Suez. L’appel d’offres a malgré cela été maintenu, pour aboutir à la victoire de Veolia.

« Cette procédure n’aurait jamais dû aller jusqu’à son terme tant les irrégularités ont été nombreuses », estime Marc Laimé, auteur de nombreux ouvrages sur la gestion de l’eau par les collectivités locales, et qui a rendu compte sur son blog de tous les démêlés de cet appel d’offres.

Ce gigantesque contrat de concession est la dernière manche de la bataille industrielle et boursière lancée par Veolia contre son concurrent Suez en 2021. Il traduit la victoire par KO du premier contre le second : Veolia est désormais le « champion national » de l’eau en France, comme le souhaitait l’exécutif, exerçant un monopole privé de fait dans ce domaine.

« Ce contrat est l’archétype de la concession “à la française”, qui est au cœur du modèle de Veolia. Il est le point d’appui sur lequel ce groupe a construit son expansion internationale. Même s’il a de nombreuses concessions en France, c’est cette référence en région parisienne qui lui importe pour promouvoir partout la délégation de la gestion des biens communs », analyse Raymond Avrillier, qui, depuis sa bataille contre la concession d’eau de Grenoble en 1992 au cœur d’un scandale de corruption, continue de suivre au plus près ces dossiers.

De l’eau si pure qu’elle n’est pas potable

Une eau pure, sans calcaire, sans chlore. C’est par cette présentation que le Sedif a vendu son nouveau contrat d’eau avec Veolia auprès des usagers. Face aux multiples pollutions qui menacent les ressources en eau, le syndicat, encouragé par son délégataire, a choisi de plonger dans le techno-solutionnisme. L’osmose inversée à basse pression est la réponse à tous les problèmes rencontrés. « Une technologie onéreuse, contraire aux besoins des usagers, qui met en danger le système de sécurité d’approvisionnement en eau de toute la région Île-de-France », dénonce Jean-Claude Olivia, responsable de Coordination Eau Île-de-France, qui regroupe depuis 2008 des voix critiques sur la gestion de l’eau.

Calquée sur les techniques de dessalement de l’eau de mer, cette technologie très énergivore est censée éliminer par nanofiltration toutes les pollutions. « Une eau si pure qu’elle n’est pas potable », avertissait François Leblanc, ancien directeur général adjoint de la régie de Paris devant la commission d’enquête parlementaire sur l’eau. De fait, l’eau produite par ce système est une eau débarrassée de tous les sels minéraux, comme celle que l’on met dans les fers à repasser.

« Pour la rendre potable, Veolia va maintenir les anciennes lignes de production pour pouvoir mélanger l’eau », poursuit Jean-Claude Olivia. L’association a établi un long argumentaire critiquant le projet. Le Sedif a répondu en démentant toutes les objections émises par les associations.

Lors des réunions organisées par la Commission nationale du débat public, un sujet a notamment retenu l’attention : le sort réservé aux effluents et rejets issus des procédés de filtration. Le projet prévoit de les rejeter, comme auparavant, dans la Seine ou les autres rivières, sans se soucier des communes en aval. Interpellé sur le sujet, le Sedif avait alors répondu que ce n’était pas son problème, qu’il n’était pas « assainisseur ».

Dans ses conclusions, la commission du débat public avait recommandé le traitement de tous ces rejets. Mais entre-temps, la procédure d’appel d’offres a été arrêtée à un stade intermédiaire, gelant théoriquement tous les changements. Questionné à ce sujet, Veolia soutient aujourd’hui que le groupe « a proposé un traitement des effluents avant rejet en rivière, dès sa première offre ».

Au-delà de l’emblème, ce contrat de concession, le plus important d’Europe, assure aussi une rente depuis plus d’un siècle à Veolia. Une situation dénoncée par de nombreux connaisseurs du dossier. C’est un contrat en or qui paraît bien peu contrôlé par le Sedif. Selon un rapport de la chambre régionale des comptes fin 2022, le syndicat des eaux avait reversé en 2020 à Veolia 21 millions d’euros, soit 16 % de ses recettes. Ce qui constitue une marge des plus confortables. Les années suivantes se suivent et se ressemblent : en 2022, la filiale du groupe en Île-de-France, nommée Vedif, a enregistré 22 millions d’euros de bénéfices. En 2023 : 18 millions d’euros.

Mais ce ne sont que les chiffres officiels. Car un épais brouillard – habituel dans toutes les concessions mais encore plus marqué dans celle-ci – entoure les relations financières entre le syndicat et son partenaire historique.

Selon nos informations, le contrat actuel de délégation prévoit une rémunération forfaitaire de 8 millions d’euros pour frais de charges, plus un intéressement sur frais de charges, auxquels s’ajoute un résultat net du contrat limité à 9 %. Au-delà de ces 9 %, le contrat prévoit le reversement de 60 % du surplus au Sedif. Selon nos informations, ces reversements n’ont pas eu lieu depuis plusieurs années et sont conservés par la filiale de Veolia sous forme de provisions pour risques. Ce qui lui permet de se constituer un matelas de plusieurs millions par an. Questionné à ce sujet, le Sedif ne nous a pas répondu.

L’intrication qui existe depuis tant d’années entre le syndicat des eaux et son délégataire est telle qu’elle semble autoriser d’autres arrangements. À titre d’exemple, selon nos informations, Vedif se fait verser quelque 700 000 euros par an pour l’usage de sa marque. Le Sedif n’a pas répondu sur ce point. Dans ses réponses apportées à Mediapart, Veolia dément « toute rémunération pour l’utilisation commerciale du nom Vedif ». Nous maintenons nos informations.

Ces mêmes schémas seront-ils reproduits dans le cadre de la nouvelle concession ? Dans sa communication, le président du Sedif, André Santini, a souligné que Veolia avait fait un très grand effort financier, ce qui semble avoir été un élément déterminant pour lui réattribuer ce contrat : il a accepté de diminuer de 6 % sa rémunération future. Mais rien de plus n’a été précisé. Les élus membres du Sedif n’ont eu le droit qu’à une présentation des plus succinctes du contrat. Aucune question ne semble avoir été posée sur les modalités de rémunération de Veolia. Le secret continue d’être bien gardé.

Les dés étaient pipés dès le départ.

Cent vingt-six ans avec le même délégataire ! Et le nouveau contrat prolonge cette durée jusqu’en 2036. Il n’existe aucun autre exemple en France d’une délégation d’un bien public sur une aussi longue durée à un même groupe privé. À intervalles réguliers, des associations mais aussi des concurrents ont dénoncé cette mainmise de Veolia sur le plus gros contrat de concession d’eau en France.

Pressé de toutes parts, affaibli par différentes affaires judiciaires, André Santini, qui règne d’une main de fer sur le Sedif depuis plus de quarante ans, avait promis de casser le modèle de contrat unique. Certes, pas question pour cet élu de droite de revenir à un système de régie publique, qui permettrait aux municipalités de reprendre en main la gestion de ce bien public essentiel.

Mais André Santini avait proposé de procéder par allotissement, en confiant notamment la gestion des trois grandes usines de production d’eau potable à plusieurs délégataires. « Il existe déjà un allotissement géographique pour la délégation liée aux travaux et à l’entretien des infrastructures et des canalisations. Il n’y avait donc aucune difficulté à le faire pour la production et la distribution d’eau », remarque Dina Deffairi-Saissac, conseillère municipale écologiste de Saint-Ouen et membre du Sedif, favorable à un retour en régie.

En pleine OPA de Veolia contre Suez, le Sedif a décidé en juin 2021 de revenir totalement sur cette position, qui menaçait le contrat historique de Veolia. « Il a suffi que Christian Cambon [sénateur Les Républicains du Val-de-Marne et ancien vice-président du Sedif – ndlr] parle pour que tout soit remis en cause. En cinq minutes, l’affaire a été pliée. Les élus du Sedif ont voté comme un seul homme pour le maintien du contrat unique », raconte aujourd’hui un témoin.

Questionné à l’époque, Christian Cambon nous avait alors justifié son choix par sa volonté d’organiser une vraie « concurrence », persuadé que de nombreux groupes avaient les capacités et la surface financière pour répondre à ce type d’appel d’offres.

Résultat ? malgré un appel d’offres lancé à l’échelle européenne, seuls Veolia et Suez, les deux géants français, ont répondu. Selon nos informations, pas un seul concurrent français ou étranger n’a même pris la peine de retirer le cahier des charges, pour au moins évaluer le marché. Cette absence ne semble avoir soulevé aucune interrogation auprès des élus locaux ou des autorités publiques.

« Dès le départ, les dés étaient pipés », dit aujourd’hui Jean-Claude Olivia, responsable de l’association Coordination Eau Île-de-France. Un sentiment largement partagé par des cadres de Suez et des connaisseurs du dossier. Beaucoup sont convaincus que le concurrent de Veolia a servi d’alibi pour donner un parfum de conformité dans cet appel d’offres.

Entre-soi
Pourtant, chez Suez, certains y ont cru et se sont battus pour l’emporter. Très vite, ils se sont heurtés au déséquilibre de la situation : Veolia, en place depuis plus de cent ans, avait tout en main. Les équipements et les murs ont beau appartenir au Sedif, l’entreprise est chez elle. Un flou artistique entoure certaines situations. Par exemple, à qui appartiennent le matériel informatique, les véhicules, tout ce qui est indispensable pour reprendre une concession ? personne ne le sait vraiment.

Les réponses dépendent, selon plusieurs témoignages, du bon vouloir de Veolia. Car même si le Sedif le voulait, il « n’a pas les compétences » internes, comme nous l’ont confirmé plusieurs témoins, pour répondre aux questions de Suez : tout a été délégué à Veolia.

Mais le Sedif le veut-il seulement ? Entre le syndicat et son délégataire, les relations semblent inextricables. De plus, tout un petit monde gravite autour pour que rien ne change. Le Sedif et Veolia, c’est tellement la même chose que, lors des tables rondes du grand débat public que le Sedif a été obligé de mener après l’intervention du préfet de région, les représentants des deux entités se sont partagé les rôles, assistant soit les uns soit les autres aux réunions, et parlant d’une même voix face à Suez.

Les liens sont tellement indéfectibles qu’ils se partagent aussi les avocats. Le cahier des charges de l’appel d’offres a été rédigé par le cabinet Cabanes-Neveu. Par la suite, les deux avocats se sont séparés : le premier est resté avec le Sedif, le second est devenu le conseil de Veolia. Ils se retrouveront devant le tribunal administratif et devant le Conseil d’État pour défendre chacun leur client, avec la même lecture du droit.

En dépit de ces relations privilégiées, cela n’empêchera pas, selon nos informations, certains élus du Sedif de reprocher l’attitude partiale dans le cadre de l’appel d’offres au détriment de Veolia. Un élu se plaindra notamment du non-respect du « traitement équitable des candidats » et des « appréciations sur la qualité des offres » jugées de « qualité similaire sur le plan technique ». Alors que de son point de vue, celle de Veolia était mille fois supérieure.

Entre-temps, les équipes de Suez ont beaucoup travaillé et ont commencé à présenter leurs solutions dans le cadre de leur offre intermédiaire. « Suez avait fait des propositions vraiment innovantes », dit un très bon connaisseur du dossier.

Soudain, le bug
Le 5 avril 2023 est un jour important pour l’appel d’offres. Veolia et Suez doivent remettre leurs différentes propositions techniques et de prix notamment, en réponse aux questions qui leur ont été adressées par les équipes du Sedif, et formuler leurs questions en retour. Tout cela en vue d’améliorer chacun leur offre finale. Tout doit être transmis par le biais d’une plateforme informatique gérée par un prestataire extérieur, Naldeo, chargé d’assurer la confidentialité du processus.

Mais en fin d’après-midi, un des informaticiens se rend compte que des équipes de Veolia sont en train de télécharger la totalité des dossiers déposés par Suez. Même si l’accès est coupé immédiatement, le téléchargement en cours ne peut officiellement pas être interrompu. Veolia télécharge les 541 fichiers confidentiels de Suez.

L’alerte est immédiatement donnée à la direction du Sedif et le bureau du syndicat en est informé, selon plusieurs témoignages. Mais rien ne filtre. Un silence absolu est imposé. Ce n’est que le 12 avril, soit sept jours après, que Veolia informe officiellement par écrit qu’il a eu accès par erreur au dossier de son concurrent.

Que s’est-il passé entre-temps ? mystère. En réponse à nos questions, Veolia dément avoir eu le moindre échange informel avec les responsables du Sedif pendant cette période. Suez ne sera averti que le 17 avril. Les élus du Sedif, eux, ne seront informés qu’à l’été, après les révélations de Marianne sur cette fuite informatique. « Tout a été très vite. André Santini nous a dit qu’il n’y avait pas de problème, que l’affaire était réglée. Il n’y a pas eu de questions ni de demande d’explication. On est passé à autre chose », se rappelle Dina Deffairi-Saissac.

Entre-temps, le Sedif a mandaté un expert pour faire la lumière sur cet incident informatique. Selon nos informations, celui-ci a conclu à un dysfonctionnement informatique indétectable. Mais il pointe aussi que le téléchargement de Veolia peut difficilement être assimilé à une fausse manœuvre, puisque les dossiers les plus sensibles ont été sélectionnés dans un premier temps, avant que la totalité des documents soit téléchargée. Les dossiers ont été mis dans un fichier à part, ouverts, partagés et imprimés par plusieurs dizaines de personnes.

Un étrange bug

Pendant deux ans, Naldeo n’avait jamais rencontré de problèmes avec sa plateforme d’échanges informatiques, jusqu’au 5 avril 2023. Ou plus exactement jusqu’au 4 avril. Car à la veille de l’incident, un premier bug intervient. Un fichier contenant des questions à Suez est créé. Mais les droits au partage d’accès aux documents, d’une façon inexpliquée, sont attribués à Veolia, tandis que les droits d’accès de Suez sont supprimés.

Attendant ces fichiers, les équipes de Suez préviennent qu’elles n’ont rien reçu. Avertie de l’incident, l’équipe informatique de Naldeo corrige l’erreur, supprime les droits d’accès de Veolia et les redonne à Suez.

Mais le 5 avril, jour où les deux candidats déposent les réponses aux questions qui leur ont été posées et transmettent leurs offres techniques et financières améliorées, l’attribution des droits d’accès des dossiers de Suez inclut également Veolia. Des membres de Veolia commencent à télécharger le contenu des fichiers de l’offre de Suez en commençant par les plus importants, puis téléchargent le tout.

Deux heures après environ, un des informaticiens s’aperçoit des téléchargements illégaux. Les droits d’accès dont profite Veolia sont immédiatement coupés. Mais le téléchargement ne pouvait pas être interrompu, assure Naldeo – ce qui laisse perplexes des connaisseurs informatiques. Interrogé, Naldeo ne nous a pas répondu.

En réponse à nos questions, Veolia nie aujourd’hui que « le bug informatique [a] permis à Veolia d’avoir “accès aux offres de son concurrent Suez” ». L’accès aux documents s’est fait seulement « dans le cade de partage de dossiers prévu » et seuls trois fichiers se seraient retrouvés « dans l’envoi adressé à Veolia par le Sedif ». Le jugement du tribunal administratif, saisi par Suez, est pourtant sans ambiguïté sur ce point : il confirme le téléchargement et la consultation en masse des fichiers confidentiels de Suez par Veolia.

En octobre 2023, le tribunal judiciaire a ordonné une expertise judiciaire – les précédentes étaient privées. L’expert n’a été désigné qu’à la fin juillet.

Mais le 5 avril, jour où les deux candidats déposent les réponses aux questions qui leur ont été posées et transmettent leurs offres techniques et financières améliorées, l’attribution des droits d’accès des dossiers de Suez inclut également Veolia. Des membres de Veolia commencent à télécharger le contenu des fichiers de l’offre de Suez en commençant par les plus importants, puis téléchargent le tout.

Deux heures après environ, un des informaticiens s’aperçoit des téléchargements illégaux. Les droits d’accès dont profite Veolia sont immédiatement coupés. Mais le téléchargement ne pouvait pas être interrompu, assure Naldeo – ce qui laisse perplexes des connaisseurs informatiques. Interrogé, Naldeo ne nous a pas répondu.

En réponse à nos questions, Veolia nie aujourd’hui que « le bug informatique [a] permis à Veolia d’avoir “accès aux offres de son concurrent Suez” ». L’accès aux documents s’est fait seulement « dans le cade de partage de dossiers prévu » et seuls trois fichiers se seraient retrouvés « dans l’envoi adressé à Veolia par le Sedif ». Le jugement du tribunal administratif, saisi par Suez, est pourtant sans ambiguïté sur ce point : il confirme le téléchargement et la consultation en masse des fichiers confidentiels de Suez par Veolia.

En octobre 2023, le tribunal judiciaire a ordonné une expertise judiciaire – les précédentes étaient privées. L’expert n’a été désigné qu’à la fin juillet.

Une jurisprudence qui ébranle tout le code des marchés publics
La loi est claire. Dans de tels cas d’accès aux documents confidentiels d’un concurrent, l’appel d’offres est tout simplement annulé. Le règlement du Sedif est même encore plus explicite, comme le rappelle l’avocat Éric Landot, spécialiste de droit public, sur son blog : dans un tel cas, « l’opérateur économique » concerné « informe sans délai le Sedif », qui « prend alors la décision d’exclusion de la procédure ».

Mais le Sedif ne se considérera pas tenu par son propre règlement. Un cas similaire s’est déjà produit dans un appel de transports à Lille. Un des groupes Transdev (ancienne filiale de Veolia) avait eu accès aux dossiers confidentiels de son concurrent Keolis par le biais d’une clé USB. Les avocats (les mêmes que ceux du Sedif) avaient plaidé l’erreur. Et la métropole avait décidé d’arrêter l’appel d’offres au moment des offres intermédiaires. Une solution validée par le Conseil d’État à l’époque. À la fin, Transdev avait obtenu le contrat.

La jurisprudence existant, le Sedif décide donc d’arrêter l’appel d’offres au moment des offres intermédiaires, remises avant la fuite informatique. Une solution que conteste immédiatement Suez. Le groupe estime qu’il y a rupture d’égalité et que l’arrêt de la procédure au stade intermédiaire le pénalise, son offre financière finale n’étant pas encore arrêtée.

L’arrêt au stade intermédiaire a aussi comme conséquence de ne pas retenir les recommandations – qui valent obligations – présentées par la Commission nationale du débat public. Cela tombe bien : André Santini et les élus du Sedif ne voulaient surtout pas de ce débat et être obligés de tenir compte de l’avis des habitants et des associations. Parmi celles-ci, il y avait notamment l’obligation de traiter les effluents issus du traitement des eaux plutôt que de les rejeter dans la Seine comme aujourd’hui.

Ces choix ont été validés par le tribunal administratif, puis par le Conseil d’État, devant lesquels Suez a déposé un recours. Dans son jugement, le tribunal administratif relève bien que « Veolia a téléchargé (les documents confidentiels de Suez) et en a pris connaissance ». « Il résulte également de l’instruction qu’elle les a placés dans un dossier informatique partagé nommé “concurrent” consultable par plusieurs personnes de l’entreprise, qu’elle en a fait des copies informatiques et des impressions », note le tribunal. Il remarque aussi que Veolia n’avait pas besoin d’attendre sept jours pour signaler l’incident.

En dépit de tous les manquements et irrégularités relevés dans le dossier, le tribunal administratif a estimé que du fait d’avoir fait ce signalement, Veolia n’avait pas commis de faute : « La société Veolia ne peut [...] être regardée comme ayant entrepris d’obtenir des informations confidentielles susceptibles de lui donner un avantage indu lors de cette procédure », indique la décision.

L’argumentation a été reprise mot pour mot par le rapporteur public et le Conseil d’État lorsque Suez a contesté cette décision. Suez indique aujourd’hui « que des procédures judiciaires sont toujours en cours devant la juridiction administrative ».

Concession à perpétuité
Ces différents jugements laissent perplexes de nombreux spécialistes du droit public. Comment le Conseil d’État, qui se veut le gardien des règles européennes de la concurrence libre et non faussée, a-t-il pu revenir sur sa propre jurisprudence, comme le relève Éric Landot, au point de prendre le risque d’ébranler tout le Code des marchés publics ?

« Le Conseil d’État a créé une jurisprudence qui met à mal tous les processus de contrôle et de transparence. En estimant que la procédure de délégation de service public peut être interrompue à tout moment sans aller jusqu’au bout, il réécrit la loi, ce qui n’est pas son rôle », analyse Raymond Avrillier. « Où est la parole publique, où sont les représentants, les élus qui défendent le bien commun dans cette affaire ? », interroge-t-il.

L’affaire a en tout cas été rondement menée. Le 25 janvier 2024, les représentants du Sedif sont réunis pour choisir le délégataire du nouveau contrat. L’évaluation et la notation effectuées par le cabinet Naldeo sont sans appel : l’offre de Veolia est la plus intéressante. Il propose une baisse de tarifs de 6 % du prix de l’eau sur sa partie, alors que Suez prévoit une augmentation tarifaire de l’ordre de 10 %.

Enfin cela, c’est dans un premier temps. Car il faudra ensuite payer les travaux des installations pour produire « l’eau pure », les charges financières d’intérêt, des coûts de fonctionnement plus onéreux. Tout cela n’est pas évoqué, ne semble même pas exister.

À une écrasante majorité, les membres du Sedif votent donc pour la candidature Veolia. Seules trois élues écologistes voteront contre. Et une quarantaine de personnes se sont volatilisées au moment du vote, comme l’a noté Marc Laimé.

Avec ce contrat plus qu’opaque, Veolia est assuré de détenir une concession à perpétuité, au vu des opérations choisies, des montages retenus et des enjeux financiers. « Tout est bouclé. Entre les technologies propriétaires de Veolia, la soulte que devrait rembourser le Sedif ou que devrait payer un nouvel entrant, Veolia est assuré de conserver sa concession ad vitam æternam », analyse un connaisseur du dossier.

Le coût des travaux pour implanter ses technologies d’osmose inversée basse pression dans les usines de production d’eau du Sedif est déjà passé de 870 millions (évaluation de 2021) à 1,05 milliard (proposition retenue au moment du vote du contrat). En cause, l’inflation, la hausse des prix des matériaux.

Pour beaucoup, ce n’est que le début d’une addition qui risque d’être de plus en plus lourde. « Je suis sûr qu’il y aura des avenants », parie aujourd’hui Jean-Claude Olivia. Même à s’en tenir au milliard pour les travaux, le montant en jeu ne peut être amorti sur les douze ans de la durée du contrat de concession. En 2036, le Sedif devrait rembourser une soulte de près de 800 millions d’euros à Veolia s’il n’était pas reconduit comme délégataire.

Veolia conteste cette analyse. Bien que le montant de la soulte ait été présenté lors de la présentation des offres (voir la vidéo des débats), il assure que le Sedif ne devra pas débourser de telles sommes au terme du contrat. Expliquant qu’il y a été mis au point un phasage dans les travaux, afin d’éviter toute surcharge financière, il déclare que « ce dispositif de phasage, prévu par le Sedif, assure parfaitement une égalité d’accès sans contrainte, lors de la remise en concurrence en 2036 ».

De son côté, le Sedif assure qu’il n’y a aucun problème puisque « le financement sera à 100 % Sedif, autorité organisatrice du service public de l’eau et propriétaire de tout le patrimoine industriel ». Outre le fait que le Sedif n’a ni le bilan ni les ressources financières pour assurer un tel financement, cette déclaration questionne le principe même de la concession, conçue justement pour permettre le financement par un délégataire privé d’équipements remis à l’autorité concédante à la fin du contrat.

Mais ce n’est qu’une obscurité de plus dans ce dossier. Une seule chose est sûre : les habitants des communes adhérentes du Sedif, qui ont déjà vu leur prix de l’eau augmenter de 23 % en 2023, vont payer le mètre cube beaucoup plus cher dans les années à venir, bien au-delà de la fourchette de 0,3 à 0,5 euro annoncée. Mais au-delà du prix de l’eau, c’est tout le système d’entraide mis au point depuis un siècle dans la région parisienne, tous les défis futurs sur la gestion de l’eau et la préservation des ressources qui sont en question. Mais qui s’en soucie ?

WWD : Dior Recruits Miu Miu CEO as Managing Director

Dior Recruits Miu Miu CEO as Managing Director
Benedetta Petruzzo starts on Oct. 15 and reports to Delphine Arnault, chairman and CEO of Christian Dior Couture.

In a surprise move that underlines the gravitational pull of today’s luxury behemoths, Miu Miu‘s chief executive officer Benedetta Petruzzo is joining Christian Dior Couture as managing director, WWD has learned.

Delphine Arnault, chairman and CEO of Christian Dior Couture, confirmed Petruzzo’s arrival exclusively to WWD. She starts on Oct. 15.

“I am convinced that Benedetta’s talent and leadership will be major assets in the continued development of Dior’s activities and its international influence,” Arnault said. “Her expertise in the luxury market will persist in enhancing the desirability and success of Dior. Together, with the excellence of the teams in place, we will carry on building the future and strengthening our organization.”

Petruzzo is to succeed Dior’s current managing director, Charles Delapalme, who is to “take on important new responsibilities within the LVMH Group” following a transition period. Delapalme’s next move will be revealed at a later date.

In a statement shared with WWD, Arnault offered her warmest thanks to Delapalme “for his unfailing commitment and great contribution to Dior’s desirability since 2018.”

A veteran of LVMH, Delapalme joined Louis Vuitton in 2005, initially in North America, and moved over to Roman house Fendi in 2012, ultimately rising to become its managing director of retail and wholesale.

Contacted by WWD on Monday, Prada Group confirmed Petruzzo would leave Miu Miu. It is understood her successor at the Milan-based fashion house has yet to be named.

Petruzzo’s arrival represents the latest step in a gradual management renewal under Arnault, who arrived as chairman and CEO of Christian Dior Couture in February 2023.

Petruzzo’s appointment also reflects that today’s biggest luxury players can now attract CEO-level talents without having to anoint them with that title. Last April, Dior recruited Montblanc’s CEO Nicolas Baretzki as its new deputy managing director in charge of commercial activities, a new role.

The scale of today’s most successful brands means that executives who managed smaller houses can now exert an impact on multibillion-euro businesses, and accrue new skills in more complex corporate environments.

The stockpiling of high-caliber executives is also integral to succession planning, as LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton tends to promote from within. Roughly 70 percent of all key positions at the luxury giant are now filled via internal promotion, with women now occupying almost half of them.

“I am deeply honored to join Dior. I am proud to have been entrusted with this great responsibility and to join such an iconic house,” Petruzzo said in a statement. “I would like to warmly thank Delphine Arnault for the trust she has given me, and I look forward to collaborating closely with the executive committee and the zone presidents to further contribute to the development of Dior’s business.”

Petruzzo assumed the management helm of Miu Miu in February 2020, shortly before the COVID-19 pandemic wreaked havoc around the world.

Miu Miu’s recent growth has been explosive, with retail sales leaping 93 percent in the first half, outstripping growth at Prada, which came in at 6 percent in the six-month period.

Before joining Prada Group, Petruzzo was executive vice president for North America at Kering Eyewear, spending five years at the company.

She holds degrees in business administration and a master of science in management from Bocconi University in Milan. She started her career in finance before joining management consultancy Bain & Co., where she specialized in the retail and luxury sectors.

Reuters : U.S. home prices forecast to rise modestly as Fed cuts rates - Reuters

U.S. home prices forecast to rise modestly as Fed cuts rates - Reuters poll

BENGALURU, Aug 30 (Reuters) - U.S. home prices will rise relatively modestly this year and next despite tight supply and expected U.S. Federal Reserve interest rate cuts, according to housing analysts polled by Reuters who said purchasing affordability will improve but would remain strained.

Forecasts for U.S. house prices have barely changed since the previous survey three months ago, despite more aggressive expectations in financial markets for interest rate cuts, suggesting this upswing will be more subdued than in the recent past.

Average property prices in the world's largest economy fell only about 7% since the central bank raised rates by 525 basis points to the current 5.25%-5.50% range, and are still more than 50% higher than pre-pandemic levels.

Much of that price appreciation has to do with homeowners who have locked in low 30-year mortgage rates - most under 5% and some even below 3% - and who are unwilling to part ways with their homes on such cheap deals.
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That, coupled with expectations the Fed will start cutting rates in September and by a total of 75 bps by year-end, will help underpin a market already constrained by a lack of adequate supply.

U.S. home prices based on the S&P CoreLogic Case-Shiller composite index of 20 metropolitan areas (USSHPQ=ECI), opens new tab are expected to rise a median 5.4% in 2024, according to an Aug. 19-29 Reuters poll of nearly 30 property analysts.

They are expected to climb 3.3% next year and 3.4% in 2026, slightly faster than economists' average consumer price inflation forecasts of 2.3% and 2.2% for those periods.

"Housing starts and existing home sales are really weak. The only thing that's been fairly healthy, and surprisingly so, are prices still hitting record highs because of limited supply - a lot of people just don't want to sell their homes," said Sal Guatieri, senior economist at BMO Capital Markets.

"For the next few months, the U.S. housing market will continue to stabilize now mortgage rates are starting to decline in anticipation of Fed rate cuts ... but if prices continue to rise, it's going to be tough to see a material improvement in affordability."

ACUTE SHORTAGE
The 30-year mortgage rate (USMG=ECI), opens new tab, which averaged nearly 7% through 2023, fell to a 16-month low of 6.44% last week. It is forecast to average 6.7% in 2024, before declining to 6.0% next year and 5.9% in 2026, survey medians showed.

That was in part why all 26 respondents to an additional survey question said purchasing affordability for first-time homebuyers would improve over the coming year.

Yet an acute shortage of previously-owned homes, with inventory levels still roughly 33% below pre-pandemic averages according to a recent Zillow report, opens new tab, will likely still keep affordability stretched.

According to the poll, existing home sales, comprising more than 90% of total sales, are expected to improve only slightly to a 4.15 million unit annualized rate next quarter, considerably lower than 6.6 million units in early 2021. That was a downgrade from the previous survey.

That rate is expected to pick up to only 4.24 and 4.40 million units in the following two quarters.

"Although lower interest rates will cause an improvement in housing demand over the next year, affordability will remain very strained for quite some time. By some metrics, it's already close to its worst levels in four decades," Guatieri added.

Relief from lower interest rates will, however, likely dampen sticky rental inflation in coming months, analysts in the survey said.

Average urban home rents are expected to lag home prices over the coming year and rise by 2-4%, slower than the current rate, according to medians from a smaller sample of poll respondents.

FT : Cathay Pacific to inspect Airbus A350 fleet after ‘engine component failure

Cathay Pacific to inspect Airbus A350 fleet after ‘engine component failure’
Engine maker Rolls-Royce’s shares fall 6.5% after problems on one of Hong Kong-based carrier’s long-haul jets

Cathay Pacific said it had started an inspection of its entire fleet of Airbus A350 aircraft as a “precautionary measure” following an engine problem on one of its long-haul jets.

The Hong Kong-based carrier said on Monday it had identified an “engine component failure” in a Zurich-bound A350 aircraft that forced the plane to return to Hong Kong. The engines for the wide-body plane are made by Rolls-Royce but the airline did not specify the component in question.

Shares in Rolls-Royce, the sole provider of engines for A350 jets, fell 6.5 per cent in London on the news. Airbus shares were down 1.6 per cent.

Cathay said it was the first of its kind to have failed on any A350 worldwide.

“This component was the first of its type to suffer such failure on any A350 aircraft worldwide,” said Cathay in a statement. “We have identified a number of the same engine components that need to be replaced, spare parts have been secured and repair work is under way.”

The inspection of Cathay’s fleet of 48 A350 aircraft means passengers will face delays and cancellations in the coming days. The airline has cancelled at least 24 return flights up to Tuesday.

Although the cause of the problem is not yet known, industry executives will be watching the situation closely after a recent string of issues with aircraft engines that have proven disruptive and costly to airlines.

Rolls-Royce’s Trent XWB engines power both variants of the A350: its XWB-84 engine powers the smaller A350-900 variant, while its XWB-97 engine powers the larger model, the A350-1000.

Rolls-Royce said it was “aware of an incident involving Cathay Pacific flight CX383 from Hong Kong to Zurich” and confirmed that the aircraft was powered by Trent XWB-97 engines.

The company said it was “committed to working closely with the airline, aircraft manufacturer and the relevant authorities to support their investigation into this incident” but declined to comment further.

Airbus referred questions to Rolls-Royce and the airline, saying it was aware of the situation. Europe’s aviation regulator EASA said it would be “monitoring any information coming out of the technical investigation”, adding that it would take “decisions on any fleet level action as required”.

There are 86 A350-1000 jets in operation globally, according to Airbus data to the end of July. Cathay is one of the largest operators of A350s, including 18 A350-1000.

Other large A350-1000 operators include Qatar Airways, BA and Virgin Atlantic. All three airlines have been contacted for comment.

The Information : The Electric: Will VW’s $21 Billion Investment Spree Produce W

The Electric: Will VW’s $21 Billion Investment Spree Produce Winning EVs?

In 2022, Volkswagen’s board fired chair Herbert Diess after a rocky tenure in which, while pushing employees to move fast into the electric vehicle age, he reportedly angered powerful German labor leaders and regional government officials. The last straw, analysts said, was the failure of a core Diess project—internally designed software that would run its EVs and, Diess said, set the company apart from its competition, including Tesla. After Diess boasted that he would turn VW into a “software-driven mobility company,” VW EVs suffered delays, chronic connectivity glitches and screens that abruptly went dark and froze.

Diess’ successor, Oliver Blume, tried everything to fix the software nightmare, but nothing worked. Two months ago, he threw in the towel: He committed to invest up to $5 billion in electric truckmaker Rivian, whose operating software gets extremely high marks from critics; the exact amount will be based on undisclosed financial and technical milestones. Blume hopes that by leaning on Rivian’s technology, VW will finally produce EVs that its customers will covet and recommend to friends.

In a sense, Blume is continuing Diess’ strategy. Over the last six years, Volkswagen has invested more than $21.5 billion to acquire equity stakes in at least 15 EV, battery and software companies in the U.S., Europe and China, most of them startups, according to regulatory filings and deal announcements.

So far, none of the investments has made VW stand out in the EV race. In the first half of 2024, VW’s global EV sales were flat year on year, and in July, sales of VW’s electric ID.4 in Europe—the company’s main market—fell 40% from a year earlier. VW did not respond to emails seeking comment.

If VW is suffering buyer’s remorse, it’s not alone: All the major traditional car companies have put down multiple bets on EV, battery and materials startups over the last four or five years, and almost none has paid off, at least not yet: Tesla continues to struggle to ramp up production of dry battery electrodes five years after acquiring Maxwell Technologies, the San Diego startup that invented the technology. General Motors has had a similarly frustrating eight-year experience since acquiring Cruise, a developer of self-driving technology in which it has invested about $8 billion.

VW’s bets include $300 million for a 19.7% stake in California lithium-metal battery developer QuantumScape; $1.6 billion for a 20% share of Swedish battery maker Northvolt; $2.6 billion for a 42% stake in Argo AI, a self-driving startup; and $560 million for a 26% stake in Chinese battery maker Gotion.

VW made most of these and other investments from 2018 to 2021, a period when panic erupted among traditional automakers who feared the world was quickly shifting to EVs. All were desperate to catch up with Tesla, and to do so began throwing money at almost any startup promising a razzle-dazzle new EV battery, or an EV that might rival Tesla’s.

“The investments are symptomatic of what the industry looked at initially,” said Philippe Houchois, an industry analyst with Jefferies International. “The [automakers] took stakes to make sure they were up to speed on technology, one of which was batteries, with the view of following Tesla.”

“Of course, as time goes on, priorities change,” Houchois said. “So not all those investments necessarily make sense today.”

Snapping Up Stakes

In the 2000s, major automakers mostly ridiculed Tesla CEO Elon Musk’s claims that the world was going electric. By the late 2010s, though, they were no longer laughing—Tesla’s Models 3 and Y were selling in large numbers around the world and generating fat profit margins. The incumbents went into a frenzy to catch up.

First, they sought to understand what Tesla was doing right. At VW, Diess decided that the company should vertically integrate, just as Tesla had done, said Tom Narayan, an industry analyst with RBC Capital Markets.

In 2018, Diess began scooping up equity stakes in startups that could prove of use to VW, including QuantumScape, Northvolt, Gotion and Argo. In 2021, he bought a 7.4% stake in electric van maker TuSimple, 25% of next-generation battery maker 24M Technologies, and 11% of battery maker Forge Nano. In 2022, Diess bought 3.5% of silicon battery developer Group14 Technologies and a 60% stake in a joint venture with Chinese autonomous driving startup Horizon Robotics.

But the buying spree did not seem to help VW gain an EV sales foothold. In July 2022, the VW board fired Diess. A year later, Blume, his successor, put his own stamp on VW strategy, one that looked a lot like Diess’: While choosing to largely ignore most of Diess’ early investments, Blume stuck with his predecessor‘s strategy of seeking outside help to resolve VW’s main shortcomings—disastrously low sales in China, and glitchy software. In 2023, Blume bought 4.99% of Chinese EV maker Xpeng Motors, and this year VW formed a 50-50 joint venture with Rivian.

With the investment in Rivian, Jefferies’ Houchois said, Blume had made a pragmatic move. “There is more realization that maybe it’s more complicated than we think and we may not have the skills. So instead of developing the software in-house, then let’s go seek help outside.’”

Over the last year or so, the heat has largely gone out of the EV and battery industries as consumers wait for better and cheaper models, as well as wider availability of public charging. I wondered what all those investments that VW—and its rivals—made added up to.

Houchois said they may not add up to anything, but that the spending made sense at the time. “In hindsight, would carmakers have made those investments in battery companies if they had known what they know now?” he said. “Probably not. But it’s easy to rewrite history.”

Narayan said I was asking the wrong question. “I don’t think of it like these are some home-run investments; it’s more about dipping your toe into different technologies,” he said. “We don’t really know how the industry is going to evolve; we do know EVs are going to be mainstream. These guys are just trying different routes.”

WSJ : Kamala Harris to Oppose U.S. Steel Takeover Bid

Kamala Harris to Oppose U.S. Steel Takeover Bid
Vice president visiting company’s hometown of Pittsburgh for Labor Day, as Nippon Steel works to shore up deal support

Vice President Kamala Harris is planning to voice her opposition against Nippon Steel’s 5401 -0.85%decrease; red down pointing triangle pending purchase of U.S. Steel X -1.69%decrease; red down pointing triangle, adding another high-profile critic to the deal initially reached in December.

The Democratic presidential candidate is visiting Pittsburgh for the Labor Day holiday and is expected to say at an event that U.S. Steel should remain domestically owned and operated, according to a Harris campaign official. Her stance appears to mirror President Biden’s position on the purchase.

Biden in March signaled his opposition to the deal without explicitly saying he would block Nippon Steel’s $14.1 billion purchase. Former president and Republican nominee Donald Trump has said he would stop the deal if he wins a second term. Several members of Congress, including Republican vice presidential nominee Sen. JD Vance, have also said they are opposed to the deal.

The United Steelworkers union has steadfastly opposed Nippon Steel, arguing that the company hasn’t provided sufficient commitments to keep the union-represented mills open and guarantees to honor U.S. Steel contract with the union.

Nippon Steel has said it accepts all the terms and obligations of U.S. Steel’s existing contract with the union that runs until 2026. The company has said it would also refrain from layoffs through the life of the contract.

Nippon Steel has pledged a big infusion of investments in U.S. Steel’s aging plants in Gary, Ind., and outside of Pittsburgh. The Japanese company last week nearly doubled its spending commitments for U.S. Steel’s oldest plants to $2.7 billion over the next several years, aiming to counter anxiety from employees and municipal leaders that Nippon Steel would close the mills.

Leaders of the steelworkers union dismissed the additional investments unless the commitments are included in the union’s contract. “Nippon talks a big game, but at the end of the day, a press release is not a contract,” David McCall, the union’s international president, said in a statement.

FT : Kamala Harris to oppose Nippon Steel’s $15bn bid for US Steel

Kamala Harris to oppose Nippon Steel’s $15bn bid for US Steel
Democratic candidate is the latest to come out against the deal in the latest blow to Japanese company’s takeover hopes

Kamala Harris will say that US Steel should remain owned and managed by Americans during a visit to Pennsylvania on Monday, according to an official from her campaign, dealing the latest blow to Nippon Steel’s hopes of buying the company. 

Harris’s expected comments about a proposed foreign takeover of US Steel echo US President Joe Biden’s own opposition to the deal with Nippon Steel. However they have new significance since Harris, Biden’s vice-president, is now the Democratic nominee for president.

Harris will make the comments in the city of Pittsburgh, as she celebrates the Labor Day holiday and courts blue-collar union votes in two critical industrial swing states. Before travelling to Pennsylvania on Monday, Harris will make a stop in Michigan.

“The vice-president is expected to say that US Steel should remain domestically owned and operated and stress her commitment to always have the backs of American steel workers,” a Harris campaign official said on Monday.

Nippon Steel’s planned $15bn acquisition of US Steel has faced a bipartisan political backlash, as populist economics and the protection of domestic manufacturing replace the US’s long-standing consensus in favour of open investment.

Donald Trump, the former president and Republican nominee for the White House, has also vowed to block Nippon Steel’s US Steel bid.

The Japanese group has hired Mike Pompeo, the former secretary of state under Trump, to lobby in favour of the deal, and pledged to ramp up its investment in US Steel facilities if the transaction is completed. The statement from Harris, however, will complicate that push.

Harris has gained the endorsement of most of the key US labour unions, which are a powerful constituency within the Democratic party and help rally voters in key battleground states.

Both the United Steel Workers and the United Auto Workers have backed Harris since she entered the race.

While union leaders are strongly in favour of Harris, and have repeatedly attacked Trump as a phoney champion of the working class, the vice-president is still facing a battle to win over rank-and-file union members who have drifted towards the Republican party in recent years.

One exception to Harris’s support in organised labour is the Teamsters Union, which represents 1.3mn members including truck drivers and construction workers. It has declined to endorse a presidential candidate so far.

Sean O’Brien, president of the Teamsters, spoke at the Republican convention in July, but suggested he was open to backing Harris if she sat for an interview with him.

According to the FT’s polling tracker, Harris leads Trump nationally by 3.7 percentage points with little more than two months to go before election day.

She holds narrow leads in Michigan, Wisconsin, Nevada and Pennsylvania, which should be sufficient to win the presidency, while Trump has a slight edge in other battleground states including North Carolina, Arizona and Georgia.

WWD : Stone Island Bets on Chinese Consumers With Retail Rollout

Stone Island Bets on Chinese Consumers With Retail Rollout
New flagships are bowing in Shanghai, Ningbo and Macau, as well as a WeChat Mini Program.

MILAN — Stone Island’s rush to beef up its direct-to-consumer network is betting on the Chinese consumers with three store openings furthering the Italian company’s footprint in the country.

The brand, owned by Moncler Group, opened new outposts in Shanghai and Ningbo this month and is gearing up for its retail debut in Macau next month.

“Following the internalization of our distribution and the establishment of our new regional office in Shanghai last November, these new openings underline the progress we are now making in structuring our DTC network in China, a market which offers significant potential for the Stone Island brand in the years to come,” Robert Triefus, chief executive officer of Stone Island, told WWD.

The new stores add to the existing retail network in China and the Asia Pacific region, which already includes units in Beijing, Shenzhen, Chengdu, Nanjing and Hong Kong.

In sync with the blueprint of other Stone Island stores developed by Rem Koolhaas’ OMA/AMO studio, originally debuted in Rotterdam and later rolled out to the outerwear specialist’s other retail destinations, including Chicago and Stockholm, the new flagships incorporate blasted sand and rammed earth, with vibrant colors spicing up the industrial-tinged aesthetics.

The Shanghai unit inside the TaiKoo Li QianTan retail development covers 1,872 square feet, while the boutique in Ningbo’s Hankyu mall is the largest with its 2,000 square feet of retail space. The flagship at Macau Galaxy is to open on Sept. 7 over 1,506 square feet.

In addition to rolling out its physical presence in China, Store Island has debuted this month on Tencent’s WeChat Mini Program to bolster its online presence in the country. The digital destination’s design reflects the brand’s global e-commerce site, the company said.

Stone Island, which is marking 42 years in business in 2024, directly operated 85 stores as of June 30. It also runs 13 monobrand wholesale stores.

As reported, earlier this month the brand has opened its first store inside London department store Harrods, also a move to ramp up DTC operations.

In the first half of 2024, Stone Island revenues totaled 188.9 million euros, a decrease of 6 percent as the company DTC strategy rolls out. In the second quarter of the year, revenues for the brand amounted to 75.9 million euros, down 4 percent at constant exchange rates, with strong double-digit growth in the DTC channel almost entirely offsetting the decline in the wholesale channel.

In 2020, Moncler acquired 70 percent of Sportswear Company SpA, owner of the Stone Island brand, before taking full control of the firm the following year. Triefus joined Stone Island as CEO last year after 15 years at Gucci, where he had risen to the role of CEO of the brand’s Vault and Metaverse Ventures in addition to his position as senior executive vice president, corporate and brand strategy.

FT : VW considers shutting factories in Germany and cutting jobs

VW considers shutting factories in Germany and cutting jobs
Savings programme launched last year has fallen short by several billions of euros at the group’s flagship brand

Volkswagen is considering shutting factories in Germany and ditching a pledge not to cut jobs before 2029, according to VW’s works council.

A savings programme launched last year has fallen short by several billions of euros at the company’s flagship brand. Daniela Cavallo, chair of the council that represents VW’s workers, said in a note circulated to employees that the VW brand’s chief executive Thomas Schäfer had on Monday “admitted” that planned savings had fallen short, pushing the brand into the red.

“As a result, the executive board is now questioning German plants, the VW in-house collective wage agreements and the job security programme running until the end of 2029,” Cavallo said.

Volkswagen said that from the board’s perspective, the brands within the company “must undergo comprehensive restructuring”.

The group CEO Oliver Blume said: “The European automotive industry is in a very demanding and serious situation. The economic environment became even tougher, and new competitors are entering the European market. In addition, Germany in particular as a manufacturing location is falling further behind in terms of competitiveness. In this environment, we as a company must now act decisively.”

Under German rules, works councils are elected to represent worker interests and sit on the supervisory boards of larger companies, such as VW.

The announcement comes as leading European carmakers are feeling the impact of lower demand in China and at home.

Compared to some of its European rivals, VW is exposed to problems in its biggest market of China, where consumer demand has weakened and competition from domestic carmakers is intensifying.