Le Figaro : « Sa musique ne cherche pas la virtuosité mais une vérité » : résoud

« Sa musique ne cherche pas la virtuosité mais une vérité » : résoudre l’énigme Erik Satie, cent ans après

GRAND DÉCRYPTAGE - Par sa personnalité insaisissable et son génie précurseur, le compositeur décédé en 1925 continue de susciter la fascination. Les hommages comme les tentatives de le percer à jour se multiplient.

Deux pianos à queue l’un sur l’autre. Sans cordes. Plus d’une centaine de parapluies. Du linge sale éparpillé dans tout l’appartement. Au milieu de lettres et de colis jamais ouverts. De costumes jamais portés. Et de partitions qui semblent avoir été oubliées par leur créateur lui-même… Voilà l’antre d’Erik Satie à l’heure de sa mort. Du moins telle que la décrivent ses amis Virgil Thomson, Georges Auric et Jean Cocteau, dans le documentaire que l’écrivain Jean-Marie Drot consacre au compositeur des Gymnopédies en 1964 pour l’ORTF.

Pour cocasse qu’elle soit, cette célébrissime anecdote, rapportée en noir et blanc mais haute en couleur, dit toute la complexité du personnage. Description automatique ou symptomatique ? Souvenirs fidèles ou volontairement exagérés, pour mieux rendre hommage à celui qui, toute sa vie, semble avoir voulu jouer un rôle pour mieux se protéger ?

Se protéger de qui ? Des autres ? De lui-même ? Que cache réellement le masque de Satie ? Ces binocles prolongés d’une barbiche, immortalisés par son seul grand amour, Suzanne Valadon, en 1893 ? Et ce costume en velours avec chapeau melon et parapluie, dont il fit à l’orée du XXe siècle une signature à la Chaplin : est-il celui d’un homme de cirque perdu dans le grand monde ? Ou, comme il l’a lui-même suggéré avec humour, celui d’un artiste « venu au monde très jeune dans un temps très vieux » ?

Enfin, et surtout, quel regard le compositeur des Gnossiennes et des Gymnopédies porte-t-il réellement sur sa musique ? Celui d’un Narcisse, comme le prétend Jean Cocteau, qui pour se prémunir de ses propres excès d’admiration la pare de titres humoristiques, tous plus absurdes les uns que les autres ? D’un dilettante qui se moque de son œuvre pourtant essentielle, comme le suggère Virgil Thomson à l’évocation des chefs-d’œuvre retrouvés chez lui par hasard ? Ou d’un éternel insatisfait, dont la hauteur de vue lui dicte de s’autojuger plus sévèrement encore que ne le fera la critique ?

Un « cul sans musique » !
Autant d’énigmes qui, cent ans après sa disparition, continuent d’intriguer quiconque s’intéresse à Erik Satie. « Satie, c’est celui qui se cache en permanence derrière l’arbre. Quand vous croyez l’avoir enfin débusqué il est déjà derrière le tronc d’à côté », s’amuse Alexandre Tharaud. Le pianiste français, qui lui avait déjà rendu hommage il y a quinze ans chez Harmonia Mundi, lui a consacré il y a quelques mois l’une des publications les plus inattendues et intéressantes de cette année anniversaire : Satie Discoveries (Warner Classics). Un court album composé d’inédits, retrouvés ces dernières années aux quatre coins du monde dans divers fonds d’archive. Trente minutes de musique jamais enregistrée ou publiée, de la plume de Satie, et qui permettent d’embrasser le compositeur sous toutes ses facettes. Les plus universelles ou les plus populaires comme les plus expérimentales. « C’est le propre d’Erik Satie : vous pensez le connaître, mais en fait vous ne le connaissez jamais vraiment, poursuit-il. Il fait partie de ces vieux amis qui se rappellent à vous à travers un mot laissé exprès au fond d’un vieux coffre ou d’un placard pour que vous le retrouviez après sa mort. »

Un « vieil ami » dont il a pu approcher la personnalité complexe par l’intermédiaire de Madeleine Milhaud, épouse du compositeur Darius Milhaud, qu’il a connue lorsqu’il était enfant. « Elle me parlait de sa voix. De sa manière de marcher. De sa manière d’être lorsqu’il venait déjeuner chez eux tous les mercredis midi. Il pouvait passer des heures l’après-midi au coin de la cheminée, à regarder le feu sans rien dire. Et rentrait ensuite chez lui à pied, seul, de la place de Clichy jusqu’à Arcueil. Il y avait, à mille lieues des postures, des petites phrases assassines qu’on lui connaît comme ce “cul sans musique” dont il avait qualifié le critique Jean Poueigh, quelque chose de bouleversant dans cette désociabilisation. Un côté fou du village, mais en même temps visionnaire. Car quand on regarde plus loin que sa première Gnossienne ou sa Gymnopédie no 1, qui sont souvent les seules œuvres que les gens connaissent vraiment de lui, on s’aperçoit qu’il a ouvert un nombre de portes incroyables. Bien au-delà du seul minimalisme qui a revendiqué ouvertement son héritage, c’est presque toute la musique du siècle dernier qui peut se revendiquer de Satie : de Debussy à Ravel jusqu’à l’électro ! », assure-t-il.

« Socrate du pauvre »
Un avis partagé par Karol Beffa. Le pianiste, compositeur et musicologue vient lui aussi de lui consacrer un savoureux hommage sous la forme d’un court dictionnaire amoureux de ses écrits : Erik Satie de A à Z. Un musicien à la plume fantasque (Flammarion). Il y compile, en une petite centaine d’entrées, toutes sortes d’écrits laissés par son illustre prédécesseur au cours de sa brève carrière : « Lettres d’insulte ou obséquieuses, aphorismes ou logorrhées, textes poétiques, traits d’esprit ou suspendus comme en apesanteur… C’est pareil avec sa musique. Mais il y a souvent derrière ce côté foisonnant et parfois contradictoire, que certains ont pu prendre pour de l’opportunisme ou un art de la posture, une grande lucidité. Il ne passe pas du cabaret à sa phase mystique, ou de l’épure au plus expérimental, par opportunisme. Au contraire, je crois qu’il cherche en permanence à se renouveler. Ne se trouve bien dans aucune posture. Il est un peu le Socrate du pauvre. Il y a derrière son côté provocateur et sa marginalité quelque chose de très précurseur. Qu’il s’agisse de l’utilisation de certaines harmonies qui font irrémédiablement songer à Ravel . Du côté répétitif évident de ses pièces les plus connues. Mais aussi de la manière dont il anticipe le piano préparé, la performance, le surréalisme… »

Erik Satie a-t-il, sans le savoir, anticipé la plupart des courants esthétiques et artistiques qui suivront ? Guillaume Coppola en est persuadé. Cet autre pianiste vient de publier chez Alpha Classics le très émouvant Satie amoureux : un portrait intime et d’une rare poésie du compositeur à partir de ses musiques, dont le point de départ n’est autre que sa relation, brève mais enflammée, avec l’artiste peintre Suzanne Valadon. Pour lui, Satie « reste, par sa force d’anticipation, hors du temps. Il y a chez lui des choses qui semblent encore appartenir à la musique de salon, d’autres qui ont un côté antique ou oriental sans que ce soit revendiqué comme chez Debussy. Il y a bien sûr l’influence et la fascination commune pour ce dernier, comme pour Ravel. Mais il y a aussi ses recherches harmoniques. Sa manière d’exploser les cadres du temps. De supprimer les barres de mesure. De laisser sur ses partitions de grands espaces vides dont on ne sait vraiment quoi faire. Sans parler de toutes ces didascalies, de 840 répétitions demandées dans Vexations, ou encore de ses Musiques d’ameublement qui font irrémédiablement songer aux performances d’art moderne. Bien au-delà du minimalisme et de John Cage, son influence sur la musique contemporaine et sur l’art contemporain en général le classe parmi les figures les plus importantes et les plus novatrices du début du siècle dernier. À côté d’un Marcel Duchamp ou d’un Schoenberg ! »

Personnalité clivante
Une place bien loin de celle que le monde académique semble lui avoir réservée. « Erik Satie, encore aujourd’hui, c’est un compositeur interdit dans certains conservatoires ou certaines écoles de musique. Parce qu’il est l’artiste protéiforme par excellence, et que lui-même s’est toujours élevé contre un certain académisme, privilégiant le souci de fraîcheur permanente, déplore Alexandre Tharaud. Pourtant, l’interprète a tout à gagner en travaillant sa musique. Justement parce que chez lui il ne faut jamais interpréter. Sa musique ne cherche pas la virtuosité mais une vérité, une profondeur qui peut passer par un matériau d’une extrême pauvreté. »

Ce que relativise Alphonse Cemin. Le pianiste et chef d’orchestre, directeur artistique des lundis musicaux du Théâtre de l’Athénée et membre du collectif Le Balcon, a participé avec la soprano Julie Fuchs à l’élaboration de son dernier album, Je te veux, tout juste paru chez Sony Classical et justement consacré au premier Satie des cafés-concerts, ainsi qu’à ses contemporains. La chanteuse s’y est entourée de musiciens de tous horizons : de l’accordéoniste Félicien Brut au contrebassiste Davide Vittone, en passant par le violoniste Alexis Cardenas. Un programme qu’ils aborderont le mois prochain en récital à l’Athénée. « Même si c’est un compositeur qu’on vous présente toujours comme devant être pris avec des pincettes, il y a aujourd’hui en France un attachement de plus en plus fort à sa musique. Comme si la conscience émergeait enfin de tout ce qu’il avait pu apporter à la musique française, mais aussi à son rayonnement, tous genres confondus. De la variété avec ses chansons de cabaret, aux musiques de film avec ses dessins harmoniques et ses musiques atmosphériques, en passant par le jazz. »

Personnalité clivante
Une place bien loin de celle que le monde académique semble lui avoir réservée. « Erik Satie, encore aujourd’hui, c’est un compositeur interdit dans certains conservatoires ou certaines écoles de musique. Parce qu’il est l’artiste protéiforme par excellence, et que lui-même s’est toujours élevé contre un certain académisme, privilégiant le souci de fraîcheur permanente, déplore Alexandre Tharaud. Pourtant, l’interprète a tout à gagner en travaillant sa musique. Justement parce que chez lui il ne faut jamais interpréter. Sa musique ne cherche pas la virtuosité mais une vérité, une profondeur qui peut passer par un matériau d’une extrême pauvreté. »

Ce que relativise Alphonse Cemin. Le pianiste et chef d’orchestre, directeur artistique des lundis musicaux du Théâtre de l’Athénée et membre du collectif Le Balcon, a participé avec la soprano Julie Fuchs à l’élaboration de son dernier album, Je te veux, tout juste paru chez Sony Classical et justement consacré au premier Satie des cafés-concerts, ainsi qu’à ses contemporains. La chanteuse s’y est entourée de musiciens de tous horizons : de l’accordéoniste Félicien Brut au contrebassiste Davide Vittone, en passant par le violoniste Alexis Cardenas. Un programme qu’ils aborderont le mois prochain en récital à l’Athénée. « Même si c’est un compositeur qu’on vous présente toujours comme devant être pris avec des pincettes, il y a aujourd’hui en France un attachement de plus en plus fort à sa musique. Comme si la conscience émergeait enfin de tout ce qu’il avait pu apporter à la musique française, mais aussi à son rayonnement, tous genres confondus. De la variété avec ses chansons de cabaret, aux musiques de film avec ses dessins harmoniques et ses musiques atmosphériques, en passant par le jazz. »

Le Figaro : Nicolas Baverez : « La fin de l’Occident »

Nicolas Baverez : « La fin de l’Occident »

Donald Trump a réalisé ce dont Staline avait rêvé et que Xi et Poutine ont placé au cœur de leurs projets impériaux : l’éclatement de l’Occident, la destruction de l’ordre mondial de 1945.

Le pseudo-plan de paix des États-Unis et les négociations engagées avec la Russie pour forcer l’Ukraine à une capitulation inconditionnelle alors qu’elle n’a pas perdu la guerre, puis la publication par l’Administration Trump, le 4 décembre, de la « Stratégie nationale de sécurité », prélude à un rapatriement significatif des forces américaines stationnées en Europe, marquent beaucoup plus qu’un tournant géopolitique, une rupture historique. Ils actent la fin de l’Occident, qui a dominé le monde de la fin du XVe siècle jusqu’au début du XXIe siècle.

En 1918, déjà, dans une Allemagne en ruine, Oswald Spengler avait annoncé le déclin de l’Occident en raison des dérèglements du capitalisme, du déracinement des masses, de la chute de sa vitalité et de la perte de ses valeurs. Son jugement était exact pour l’Europe, qui s’est suicidée matériellement et moralement avec les grandes guerres du XXe siècle. Mais l’Occident s’était réincarné dans les États-Unis, qui jouèrent un rôle décisif dans la victoire des démocraties lors des trois conflits mondiaux, en 1918, en 1945 et en 1989, réintégrèrent l’Allemagne, l’Italie et le Japon parmi les nations libres, soutinrent la reconstruction et l’intégration de l’Europe après 1945.

Alors même que Francis Fukuyama célébrait son triomphe et l’avènement pour l’éternité de la démocratie de marché, alors même que la mondialisation semblait placer le XXIe siècle sous le signe de son apothéose, l’Occident s’est désintégré jusqu’à se trouver aujourd’hui isolé, divisé et dominé. Les pays occidentaux ne rassemblent plus que 1,3 milliard des 8 milliards d’hommes qui peuplent la planète. Le décollage du Sud a réduit le poids du G7 de 75 % à 45 % du PIB mondial depuis 1975, l’Asie (35 % du PIB mondial) produisant désormais plus que les États-Unis (25 %) ou l’Union européenne (14 %). La Chine et l’Inde figurent désormais dans les cinq premières économies de la planète et ambitionnent de retrouver le rôle de premier rang qui fut le leur avant la révolution industrielle.

Régimes autoritaires et nouveaux empires
Les tyrannies modernes dominent 72 % des habitants de la planète contre 46 % en 2012 et contrôlent plus de la moitié du PIB mondial. Leurs institutions et leurs principes demeurent très hétérogènes, mais elles sont alignées autour de la volonté de construire un monde post-occidental organisé autour de zones d’influence impériales et régies par les rapports de force. Le bloc des empires autoritaires est adossé à l’alliance nouée entre la Chine et la Russie, sur laquelle se greffent de manière opportuniste l’Iran et la Turquie. Il dispose d’alliés et de relais puissants avec la Corée du Nord, Cuba ou le Venezuela.

La dynamique de désoccidentalisation du monde tient cependant moins à la montée en puissance des régimes autoritaires qu’à la crise intérieure et à la désunion des démocraties. Après l’effondrement de l’Union soviétique, elles ont renoncé à stabiliser le système international, faisant de 1989 une paix manquée comme en 1918, et cédé à la grande illusion de la fin de l’histoire. Le déclin économique, la paupérisation et la déstabilisation des classes moyennes, l’enchaînement des guerres perdues ont débouché sur la décomposition de la démocratie.

Née en 2016 avec le Brexit et l’élection de Donald Trump, la vague populiste a déferlé sur les États-Unis et l’Europe. Elle culmine avec le second mandat de Donald Trump, placé sous le signe de la transformation de l’Amérique en démocratie illibérale. Les États-Unis sont désormais alignés sur les régimes autoritaires, qu’il s’agisse de la généralisation du mensonge et de la peur ou de la politique étrangère qui fait de la Chine un compétiteur, de la Russie un partenaire, des alliés asiatiques des clients, de l’Europe un adversaire et une proie.

À lire aussi Rod Dreher : « Le message de Donald Trump est une forme d’amour vache venu d’un allié »

Sous son caractère hétéroclite, la stratégie de sécurité nationale des États-Unis est tout entière guidée par le slogan « America First » et alignée sur le partage du monde en zones d’influence portées par la Chine et la Russie, qui n’ont pas manqué de s’en féliciter. Les États-Unis entendent disposer d’un monopole stratégique dans l’hémisphère occidental, affichant un prétendu « corollaire Trump » qui s’ajouterait à la doctrine Monroe de 1823 et au corollaire Roosevelt de 1904. L’Asie-Pacifique et Taïwan sont abandonnés à la Chine, au nom d’une approche purement mercantile. La Russie n’est pas présentée comme une menace mais comme un partenaire indispensable au service de la stabilité stratégique. L’Europe est vivement critiquée pour son déclin démographique et économique, ses violations de la liberté et son hostilité à la Russie, alors que les principaux périls qui la menaceraient seraient l’immigration et la réglementation. Son avenir et la pérennité de son alliance avec les États-Unis auraient pour condition la désintégration de l’Union et le gouvernement de ses nations par les partis dits « patriotiques », en réalité d’extrême droite.

Eclatement de l’Occident
Le constat est donc clair. Donald Trump a réalisé ce dont Staline avait rêvé et que Xi et Poutine ont placé au cœur de leurs projets impériaux : l’éclatement de l’Occident, la destruction de l’ordre mondial de 1945, le divorce des États-Unis avec l’Europe mais aussi avec leurs alliés asiatiques, le ravalement des États-Unis de nation indispensable en puissance régionale.

Pour l’Europe, le choc est tellurique. Il contraste avec la faiblesse de ses dirigeants, privés de toute volonté, de toute dignité, de toute lucidité, à l’image de Kaja Kallas ânonnant que « les États-Unis restent nos grands alliés ».

Donald Trump a parfaitement raison de dénoncer la perte de dynamisme démographique et économique avec le recul de 25 % à 14 % du PIB mondial depuis 1980, l’excès de bureaucratie, la perte de contrôle de l’immigration, l’abandon de souveraineté. En revanche, il est mal fondé à dénoncer les insuffisances de nos démocraties, alors qu’il est l’auteur d’une tentative de coup d’État et qu’il a corrompu l’Amérique en démocratie illibérale.

L’Europe a pour alternative sa vassalisation et son partage au terme d’un nouveau Yalta entre les États-Unis et la Russie, ou bien sa transformation en puissance souveraine et en bloc autonome dans le monde multipolaire, volatile et belligène du XXIe siècle. Si elle souhaite préserver sa liberté et sa civilisation, elle doit impérativement assurer par elle-même sa sécurité. D’où trois priorités. 1) Le soutien massif à l’Ukraine, ce qui passe par la mobilisation des 215 milliards d’euros d’avoirs gelés chez Clearstream pour financer les 150 milliards de transferts nécessaires dans les deux prochaines années. 2) L’accélération du réarmement piloté non par l’Union, qui n’a aucune compétence, mais par un directoire des grandes nations, dont le Royaume-Uni. 3) Un effort majeur de compétitivité avec l’application effective du rapport de Mario Draghi, qui devrait être nommé à la tête de la Commission en replacement d’Ursula von der Leyen, qui incarne la faiblesse et la capitulation de l’Union.

Dans un monde de prédateurs, l’Europe est en très grand danger. Mais elle bénéficie aussi d’une chance unique de reprendre pied avec le XXIe siècle et d’en devenir un acteur majeur si elle renoue avec la liberté et la raison qui fondèrent son succès et forment le cœur de son destin comme de sa civilisation.

>>> What to look at today - 15th of December 2025

US equity-index futures rose as the final full trading week of 2025 began, after worries over earnings of technology companies and heavy AI spending sparked a selloff on Wall Street. Contracts for the S&P 500 and the Nasdaq 100 indexes advanced 0.2%, after the gauges retreated more than 1% Friday, along with tech stocks. Asian shares followed on Monday, with South Korea — a poster child for AI exuberance — slipping 1.2%. Futures also indicated gains for European stocks at the open. Global risk appetite has been ebbing amid skepticism that tech stocks, which have propelled global benchmarks to record highs, can continue to warrant their lofty valuations and aggressive AI spending. Much of that investment reflects a long-term bet on technologies that may take years to generate meaningful commercial returns, adding to near-term uncertainty. From a recent selloff in the shares of Nvidia Corp., to Oracle Corp.’s plunge after reporting mounting spending on AI, to souring sentiment around a network of companies exposed to OpenAI, signs of skepticism are increasing. Looking to 2026, the debate among investors is whether to rein in AI exposure ahead of a potential bubble popping, or to double down to capitalize on the game-changing technology. The queasiness about the AI trade involves its uses, the enormous cost of developing it, and whether consumers ultimately will pay for the services. Those answers will have major implications for the stock market’s future. Elsewhere, Chinese indexes edged lower after the latest data showed retail sales growth was the weakest since Covid, while investment slumped further. In other corners of the market, gold was set for a fifth day of gains after conflicting remarks from Federal Reserve officials prompted traders to curb bets on further monetary easing in the US next year.  The yellow metal has surged more than 60% this year and silver has more than doubled — with both on track for their best annual performances since 1979. Copper rose along with zinc and aluminum as investors refocused on prospects for a tighter market in 2026. Treasuries edged higher, while a gauge of the dollar was little changed ahead of US payrolls and inflation data due later this week that will give traders more clues on the health of the world’s biggest economy. This week, the final flurry of major central bank policy meetings is due, including those from the Bank of England and the Bank of Japan. The big debate in the US Treasury market over the extent of Fed rate cuts is about to heat up with a string of key economic data releases. This week will go a long way to filling in the data void created by the US government shutdown, with the delayed announcements of monthly employment and inflation figures, and then early January brings more key jobs data. The reports will help answer the overarching question entering 2026 of whether the Fed is close to being done easing, after three straight cuts, or if it has to move more aggressively.

Nikkei -1.31% Hang Seng -1.28% CSI -0.58% Shanghai -0.53% Shenzen -0.77%

Eur$ 1.1733 CNH 7.0484 CNY 7.0510 JPY 155.08 GBP 1.3361 CHF 0.7961 RUB 79.6246 TRY 42.6977 WTI$ 57.73 +0.50% Gold 4,339 +0.92% BTC 89,530 +1.20% ETH 3,117 +1.14% SOL 131.80 +1.44%

S&P +0.29% Nasdaq +0.25% EuroStoxx +0.37% FTSE +0.37% Dax +0.46% SMI +0.41%

Macro :
- Satoshi Nakamoto's Multi-Billion Dollar Bitcoin Fortune At Risk After Quantum Hack? Analyst Counters Eventuality Of Massive
- Wall Street Sees an AI Bubble Forming and Is Gaming What Pops It
- Jared Kushner eyes Apollo, KKR to join Ukraine’s postwar reconstruction fund: sources - NY Post
- Europe Tries to Buy Time for Car Industry Stuck in the Present
- Nasdaq adds Six Comapnies : Alnylam Pharmaceuticals, Ferrovial, Insmed incorporated, Monolithic Power Systems, Seagate Technology Holdings, Western Digital Corp will be added to the index. Biogen, CDW Corporation, GlobalFoundries, Lululemon Athletica, ON Semiconductor, The Trade Desk will be removed from the index
- Chinese AI Euphoria Obscures a Gloomier Technological Reality
- Shake Shack, Cava, Chipotle Among World Cup Beneficiaries: Baird
- EU and India Unlikely to Finalize Trade Agreement by End of Year
- Austria Tightens Bank Capital Rules as Property Woes Persist
- Vanguard Equity Quant Says Bitcoin Still a Digital Toy, For Now
- Green Stocks Are Big Winners as Tech Boom Drives Energy Demand
- The U.S. Economy Looks Stable for 2026—and You’ll Feel Better About It, Too - Barrons
- SpaceX Starts a Wall Street Bake-Off to Hire Banks for Possible IPO -- WSJ

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- AA Ipo : UK’s AA Mulls Potential £5b Sale or Listing: FT
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- ARGC BB : Argenx Says Efgartigimod SC Phase 3 Studies to be Discontinued
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- CA FP : Carrefour sells four more hypermarkets and has accumulated €600 million in divestments since 2021
- CAVA US : Shake Shack, Cava, Chipotle Among World Cup Beneficiaries: Baird
- 3993 HK : China’s CMOC Agrees to Buy Brazilian Gold Mines for $1 Billion
- COIN US : Coinbase to soon unveil prediction markets powered by Kalshi, source says
- COTY US : Coty Chair Harf to Leave as JAB Plans Leadership Shake-Up: FT
- DANSKE DC : Danske Confirms Conclusion of US Department of Justice Probation
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- DTE GY : The Publicity War Between AT&T and T-Mobile Is Getting Ugly - WSJ
- DIS US : Disney's Investment in OpenAI Followed Months of Talks Deal Designed to Avoid Contentious Issue in Hollywood -- WSJ
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- ENGI FP : Acwa Completes Purchase of Assets in Kuwait, Bahrain from Engie
- EBS AV : Austria Tightens Bank Capital Rules as Property Woes Persist
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- GTT FP : GTT Group Names François Michel as CEO Starting Jan. 5
- HNSA SS : Hansa Biopharma to Strengthen Europe, International Organisation
- HAV NA : Ad Agency Stocks Seen Turning AI Disruption to Their Advantage
- HAVI NO : Havila Shipping Says Banks Demand Prepayment of Debt
- HBMN SW : SK Capital Agrees to Buy Majority Stake in Swixx Biopharma
- HUBU SW : Huber+Suhner Now Sees 2025 Net Sales Down ~3% Y/y
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- JUVE IM : Tether Submits Proposal for Entire Juventus Stake
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- TMUS US : The Publicity War Between AT&T and T-Mobile Is Getting Ugly - WSJ
- TRUEB SS : Truecaller Sees 4Q Ad Revenues Will Be in Range of SEK210-230M
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- ZIM US : MSC Submitted Bid to Acquire Zim Shipping, Calcalist Reports

>>> Europe : Brokers Upgrades & Downgrades - 15th of December 2025

>>> Up
* BNP Paribas Raised to Market Perform at KBW; PT 85 euros
* Bridgepoint Raised to Buy at Deutsche Bank; PT 345 pence
* Coca-Cola PT Raised to $87 from $81 at Piper Sandler
* Engie SA price target raised to EUR 24.50 from EUR 23 at JPMorgan
* E.ON price target raised to EUR 17.50 from EUR 16 at JPMorgan
* *Neste Raised to Buy From Hold by Berenberg, Target Raised to EUR26.00 From EUR16.50 by Berenberg
* Swedbank Price Target Raised to SEK 345 from SEK 330 by SEB
* Viking Holdings Raised to Buy at Jefferies; PT $80

>>> Down
* AB Foods Cut to Underperform at Jefferies; PT 1,800 pence
* Costco Cut to Sell at Roth Capital Partners; PT $769
* Demant Cut to Equal-Weight at Morgan Stanley; PT 221 kroner
* DiaSorin Cut to Equal-Weight at Morgan Stanley; PT 63 euros
* Drax price target lowered to 960 GBp from 1,000 GBp at JPMorgan
* eDreams ODIGEO Cut to Neutral at BNP Paribas; PT 4.10 euros
* Lindt PT cut from 130,500 to 125,500 CHF at MS
* Next Cut to Hold at Jefferies; PT 14,000 pence
* Norwegian Cruise Cut to Hold at Jefferies; PT $20
* Panostaja Cut to Reduce at Inderes; PT 35 euro cents
* Raiffeisen Cut to Accumulate at Erste Group; PT 43 euros
* Reckitt Cut to Equal-Weight at Morgan Stanley; PT 6,100 pence
* Remedy Entertainment Cut to Accumulate at Inderes; PT 19 euros
* Smith & Nephew Cut to Sector Perform at RBC; PT 1,350 pence
* Tesco Cut to Hold at Jefferies; PT 450 pence
* Wacker Chemie price target lowered to EUR 68 from EUR 71 at Citi

>>> Initiation
* DBV Tech ADRs Rated New Overweight at Cantor; PT $42
* Ramsdens Reinstated Buy at Cavendish; PT 480 pence
* SCA Rated New Buy at SB1 Markets; PT 160 kronor
* Tenaris initiate with Neutral, PT a Euro 18.8 at Goldman Sachs
* Vallourec initiate with BUY, PT Euro 19.50 at Goldman Sachs
* XP Power Rated New Buy at Shore Capital; PT 2,084 pence

>>> Call

>>> Stoxx 600 Pre-Market Indications

  • Phoenix Group (1BF TH) +3.2%
  • ArcelorMittal (ARRD TH) +2.1%
  • Magnum Ice Cream (7RM TH) +1.5%
  • Schneider Electric (SND TH) +1.4%
  • Neste (NEF TH) +1.3%
  • Kongsberg (KOZ1 TH) +1.2%
    • Kongsberg Awarded $240m Firm-Fixed-Price Contract for Missiles
  • Erste (EBO TH) +1.2%
  • Siemens Energy (ENR TH) +1.2%
  • Ferrovial (8ZQ TH) +1.2%
  • Wienerberger (WIB TH) +1.2%
  • Saab (SDV1 TH) -1.2%
    • Zelenskiy Hints US Guarantees May Stand in Place of NATO Bid
  • Evonik (EVK TH) -1.4%
  • Rheinmetall (RHM TH) -1.5%
    • Zelenskiy Hints US Guarantees May Stand in Place of NATO Bid
  • K+S (SDF TH) -1.6%
  • Abivax (2X1 TH) -1.7%
  • Prosus (1TY TH) -1.7%
  • Demant (WDH1 TH) -2.3%
    • Demant Cut to Equal-Weight at Morgan Stanley; PT 221 kroner
  • Hensoldt (HAG TH) -2.3%
    • Zelenskiy Hints US Guarantees May Stand in Place of NATO Bid
  • RENK Group (R3NK TH) -3%
    • Zelenskiy Hints US Guarantees May Stand in Place of NATO Bid
  • Argenx (1AE TH) -5.7%
    • Argenx Says Efgartigimod SC Phase 3 Studies to be Discontinued

>>> TradeGate Pre-Market Indications

DAX:
  • Siemens Energy (ENR TH) +1.5%
    • NOTE: Green Stocks Are Big Winners as Tech Boom Drives Energy Demand
  • Adidas (ADS TH) +1%
  • Munich Re (MUV2 TH) +1%
  • Rheinmetall (RHM TH) -2.5%
    • Zelenskiy Hints US Guarantees May Stand in Place of NATO Bid
MDAX:
  • Traton (8TRA TH) +1.6%
  • RTL (RRTL TH) +1.1%
  • Sartorius (SRT3 TH) -1.4%
  • K+S (SDF TH) -1.6%
  • Hensoldt (HAG TH) -2.7%
    • Zelenskiy Hints US Guarantees May Stand in Place of NATO Bid
  • RENK Group (R3NK TH) -3.7%
    • Zelenskiy Hints US Guarantees May Stand in Place of NATO Bid
SDAX:
  • Schott Pharma AG & Co KGaA (1SXP TH) +2.1%
  • Thyssenkrupp Nucera AG & Co KGaa (NCH2 TH) +2.1%
  • Borussia Dortmund (BVB TH) +1.9%
  • Vossloh (VOS TH) +1.6%
  • Medios (ILM1 TH) +1.5%

>>> Sanofi : Provides update on tolebrutinib regulatory submission in non-relaps

Provides update on tolebrutinib regulatory submission in non-relapsing secondary progressive multiple sclerosis
- Sanofi anticipates that the review process for the ongoing US regulatory review of tolebrutinib in non-relapsing secondary progressive multiple sclerosis (nrSPMS) will extend beyond the previously communicated US target action date of December 28, 2025, and expects further guidance from the FDA by the end of the first quarter of 2026.
- In response to an FDA request, Sanofi has submitted an expanded access protocol for tolebrutinib in nrSPMS, underscoring the company's commitment to providing eligible patients with access to this investigational therapy. Sanofi strongly believes in the risk-benefit profile of tolebrutinib for the treatment of nrSPMS.

WSJ : SpaceX Starts a Wall Street Bake-Off to Hire Banks for Possible IPO

SpaceX Starts a Wall Street Bake-Off to Hire Banks for Possible IPO
Rocket-and-satellite maker will interview bankers this week to advise it on its initial public offering

  • SpaceX is initiating the selection process for investment bankers to advise on a potential initial public offering.
  • SpaceX’s CFO informed employees that a public offering next year could raise significant capital, though timing is uncertain.
  • The company’s valuation has increased to approximately $800 billion from $400 billion this summer, partly due to Starlink’s growth.

SpaceX executives are starting the process to select Wall Street bankers to advise it on its initial public offering, according to people familiar with the matter.

Investment banks are scheduled to make their initial pitches this coming week in what is known as a bake-off, according to people familiar with the matter, representing the most concrete steps the rocket maker has taken toward what would be a blockbuster IPO.

On Friday, SpaceX told employees it is preparing for a possible public offering next year, The Wall Street Journal reported. Chief Financial Officer Bret Johnsen told SpaceX staff in a message that, “The thinking is that if we execute brilliantly and the markets cooperate, a public offering could raise a significant amount of capital.”

Johnsen also wrote that whether a listing will happen and when it might take place remain “highly uncertain.”

The rocket-and-satellite maker’s decision to pursue an IPO has surprised some people close to the company. SpaceX is more than two decades old and has grown into an essential contractor for the U.S. government, launching satellites and astronauts. Its valuation has also grown over time and has been bolstered more recently by customer gains at its Starlink satellite-internet business.

Earlier this month, the Journal reported that SpaceX is also pursuing a secondary share sale that would value the company at roughly $800 billion, up from $400 billion this summer.

The U.S. IPO market is picking up momentum after several years of relative quiet, and bankers are optimistic headed into 2026 with or without the possible blockbuster listing by SpaceX.

WSJ : SolGold Board Backs Jiangxi Copper’s Sweetened Takeover Bid

SolGold Board Backs Jiangxi Copper’s Sweetened Takeover Bid
The Chinese miner’s revised offer values the U.K.-listed company at $1.13 billion

  • Jiangxi Copper’s revised 28 pence per share offer for SolGold, a 7.1% premium, has secured SolGold board support.
  • The nonbinding offer values SolGold at 842 million pounds, or about $1.13 billion, with 41% shareholder backing.
  • Jiangxi Copper, already owning 12.2% of SolGold, made this third bid after two previous rejections in November.

Chinese state-owned miner Jiangxi Copper 600362 -0.82%decrease; red down pointing triangle has won the support of SolGold’s SOLG -8.69%decrease; red down pointing triangle board, after making a sweetened bid for the U.K.-listed company backed by BHP BHP -3.17%decrease; red down pointing triangle and Newmont.

After two prior bids were rejected, Jiangxi’s revised takeover offer has cleared the board hurdle, bringing it one step closer to the finish line.

Jiangxi upsized the deal terms to 28 pence per share of the mineral exploration company, a 7.1% premium to the stock’s price before the initial proposal was disclosed, and an increase from the 26 pence offered previously.

The nonbinding offer values the U.K.-listed company at 842 million pounds, or about $1.13 billion, Jiangxi and SolGold said in a joint statement Friday.

SolGold’s board said it “would be minded to recommend” that shareholders vote in favor of the deal if Jiangxi makes a firm offer by the Dec. 26 deadline.

So far, shareholders holding nearly 41% of SolGold have said they intend to support the deal.

These include BHP Billiton—a unit of mining giant BHP Group—and gold miner Newmont. SolGold’s co-founder, Nicholas Mather, is also backing the revised proposal, Friday’s statement showed.

Jiangxi currently owns 12.2% of the issued shares of SolGold, which specializes in gold and copper mining, and has operations in Latin America.

The development comes after SolGold’s board rejected Nanchang-based Jiangxi’s previous two proposals in November.

SolGold’s London shares last closed 8.7% lower at £25.75. Jiangxi’s Hong Kong- and Shanghai-listed shares were up 1.4% and 0.7%, respectively, in early trade on Monday.

There has been a flurry of dealmaking in the mining sector, fueled in part by companies’ push to secure supplies of copper, a key component in sectors from data centers to electric vehicles.

In September, Anglo American and Teck Resources agreed to a merger that will create one of the world’s biggest copper producers in one of the largest-ever deals in the mining industry.