Le gendarme de la Bourse italienne a entendu le patron de Free afin d'en savoir plus sur ses intentions visàvis de l'opérateur télécoms italien. Une communication officielle devrait bientôt être publiée. Quelle que soit l'issue
de cette confrontation entre Xavier Niel et Vincent Bolloré, ce dernier est déjà sûr de réaliser une très belle plusvalue en cas de cession de ses titres.
En attendant d’avoir le détail des intentions de Xavier Niel après son entrée surprise à hauteur de 15,14% au sein du capital de Telecom Italia, comme le stipule aussi le règlement italien, l’homme d’affaire français a rendu des comptes de visu à la Consob. Le fondateur de Free a ainsi été entendu ce matin à Rome. Il est resté un peu plus d'une heure dans les locaux de l’autorité, avant de s'engouffrer dans une camionnette noire sans faire aucune déclaration, comme a pu le constater l’AFP sur place.
Ce déplacement devrait être le préalable à une communication officielle de la part de la Consob (notamment sur une éventuelle action de concert entre les deux Français) qui suit de très près cette incursion après celle, à hauteur de 20,03%, de Vincent Bolloré. Elle intervient également après que le patron de Telecom Italia, Giuseppe Recchi se soit entretenu avec Xavier Niel, samedi, à Paris. Entretien manifestement fructueux et cordial
puisque depuis, le responsable italien ne cesse d’indiquer à qui veut l’entendre que les intentions du patron de Free sont « amicales ». Et d’ajouter que tout investisseur est le bienvenu au capital de son groupe et « plus encore s'il peut apporter compétences et suggestions ».
Mais Xavier Niel veutil aller plus loin ? Financièrement déjà, le morceau serait un peu « lourd » à avaler puisque l’opérateur transalpin vaut actuellement 17 milliards d’euros en Bourse. Il a déjà dépensé (ou sur le point de) environ 2,5 milliards d’euros et devrait ajouter 1,7 milliard d’euros pour aller jusqu’à 24,9%, seuil audelà duquel il serait contraint de lancer une OPA. Il n’a donc pas beaucoup de marge de manœuvre, d’autant que même avec 24,9% de Telecom Italia cela ne lui donnerait pas beaucoup plus de pouvoir que maintenant, surtout avec un autre actionnaire du même poids en face. Car Vincent Bolloré peut, lui aussi, accroître jusqu’à 24,9% sa présente au capital du groupe sachant que le patron breton a amassé sa participation depuis près d’un an et que son prix de revient lui laisse déjà l’assurance de réaliser une belle plusvalue, quelle que soit l’issue de cette bataille boursière. Car n’oublions pas qu’il a obtenu 8,24% du capital de l’italien dans le cadre de la vente de ses parts dans GVT à l’Espagnol Telefonica qui possédait ces titres. Du coup, son bloc de 20,03% de Telecom Italia valorisé aujourd’hui un peu plus de 3 milliards d’euros a été acquis sur une base moyenne bien inférieure
Le gouvernement italien de son côté, suit avec attention l'évolution de la situation comme l’a indiqué vendredi soir le soussecrétaire à la présidence du Conseil, Claudio De Vincenti : « L'intérêt du pays est que tout changement dans la composition de l'actionnariat réponde à des critères de renforcement industriel d'une société, comme Telecom Italia, stratégique pour le développement du système de télécommunications italien ».