Wansquare : Serge Weinberg joue la carte du coté

Si la grande majorité des financiers se tournent volontiers vers le private equity, Serge Weinberg joue les "contrariants". Il vient de créer un fonds destiné à investir dans des entreprises françaises moyennes cotées, dans une optique de long terme.

A l’heure où les professionnels de la finance se tournent résolument vers le private equity et le financement de projets via différentes solutions de désintermédiation, Serge Weinberg a décidé d’être contrariant. Alors que
Weinberg Capital Partners fête cette année ses 10 ans, la société de gestion vient de créer un fonds dédié à la prise de participations cotées. Estimant que cette classe d’actifs est toujours délaissée et surtout qu’elle recèle de belles histoires qui méritent attention, celui qui a notamment dirigé PPR devenu Kering veut maintenant accompagner, dans la durée, des entreprises moyennes en mal de financement pour monnayer des projets de développement ou régler des problèmes de succession. Ce fonds, dénommé Nobel, pourra ainsi aussi bien intervenir dans le cadre d’augmentations de capital réservées que de reclassements de la part de familles ou d’investisseurs institutionnels. «Cela faisait un petit moment que nous avions repéré de belles opportunités. Mais nous n’avions pas l’instrument adéquat pour cela. C’est maintenant chose faite», souligne Serge Weinberg, interrogé par WanSquare.

Les avantages d’un tel outil sont multiples : d’abord il permet de prendre pied dans des cibles sans payer de prime à l’entrée. Ensuite, contrairement aux fonds de private equity, il n’y a aucun effet de levier et les durées de détention peuvent varier en fonction des dossiers, donnant une grande souplesse de gestion.

Le ticket d’entrée moyen devrait être compris entre 10 et 12 millions d’euros, l’enveloppe global de Nobel devant totaliser 120 millions d’euros. A ce jour, les deux tiers de cette somme ont déjà été collectés auprès d’investisseurs institutionnels mais aussi de grandes familles soucieuses d’investir dans le coté. Le moment est d’ailleurs propice après le coup de grisou de cet été. Le fonds sera piloté par Philippe de Verdalle, pour qui Nobel a la volonté de s’inscrire comme un fonds de long terme à l’écoute, non pas des cycles boursiers, mais industriels.