Orange/Bouygues Telecom : du nouveau du côté de la donne antitrust
L'horizon s'éclaircit du côté de la problématique de la concurrence puisqu'Orange s'apprête à céder sa participation dans le britannique EE et voir la part de son chiffre d'affaires français se gonfler au sein de l'enveloppe européenne. Du coup c'est l'autorité hexagonale qui devrait prendre le leadership
Insurmontables les questions antitrust dans le cadre du rapprochement d’Orange avec Bouygues Telecom ? De l’avis de nombreux experts, c’est indéniablement l’aspect susceptible de poser le plus de problèmes. Mais les promoteurs du deal viennent d’obtenir une nouvelle carte maîtresse dans leur jeu : en adoubant le rachat d’EE par BT, l’autorité de la concurrence britannique a, de fait, permis à Orange, actionnaire à hauteur de 50% d’EE de récolter la somme rondelette de 4,5 milliards d’euros (soit une manne capable de financer la moitié du rachat de Bouygues Telecom), mais surtout de gonfler la part du chiffre d’affaires français dans l’enveloppe globale européenne. Evolution qui donnera à l’Autorité de la concurrence française le leadership pour décider des actions à mener afin de convenir aux préceptes antitrust. Ce qui de l’avis des mêmes experts est plutôt une bonne nouvelle pour Stéphane Richard et Martin Bouygues, les autorités hexagonales étant assez enclines à autoriser le
passage à trois opérateurs sur le sol français
Le patron d’Orange avait indiqué la semaine dernière que le deal, voulu par toutes les parties, pourrait aller assez vite. Restait justement la question des autorités de la concurrence. Il est certain, toutefois, que cellesci vont demander à Bouygues Telecom de céder des actifs. Dans ce cadre, Free et NumericableSFR sont à l’affût. Les négociations ne devraient pas s’éterniser avec Xavier Niel puisque lors de sa tentative de rachat de SFR, Martin Bouygues avait déjà pris langue avec l’homme fort d’Iliad en vue de permettre le deal. Ce projet est d'ailleurs une
aubaine pour Free, contraint par l’Arcep de mettre fin progressivement à son itinérance avec Orange
Une bonne nouvelle aussi pour les banquiers conseils qui se préparent à accompagner un deal à 10 milliards d’euros dans un contexte boursier pourtant assez calamiteux en ce début 2016. Rappelons que du côté d’Orange, c’est JeanMarie Messier qui est à la manœuvre alors que côté Bouygues, on retrouve Grégoire Chertok de Rothschild & Cie, fidèle parmi les fidèles de Martin Bouygues, mais aussi Jean Beunardeau de HSBC. Sans parler des autres banques également concernées par le deal et qui ne veulent pas encore apparaître.