Wansquare) Accor serait sur le point d’annoncer un très gros deal (hier)

Selon des rumeurs de marché, le groupe hôtelier dirigé par Sébastien Bazin aurait prévu de faire une importante annonce demain. Cela pourrait être une très grosse acquisition, comme celle de l’américain Starwood. 

Accor a à nouveau bénéficié d’une note favorable d’UBS ce matin, qui a relevé de 5 euros son objectif de cours, à 57,75 euros. La banque souligne que dans un contexte difficile au premier trimestre, le groupe a réussi à faire progresser le revenu moyen par client de 4% en France, à base comparable. Par ailleurs, les revenus de la division HotelInvest ont été en hausse de 5% et ceux d’HotelServices de 8%, tandis que le groupe a annoncé l’ouverture de plus de 7 000 chambres. Le groupe compte également accélérer la restructuration de ses hôtels, jusqu’à 100 hôtels dans l’année, et tirer parti des coûts de financement bas pour améliorer ses marges. UBS capitalise donc sur ces bonnes performances pour appliquer un multiple de 10 fois l’Ebitdar (contre 9,5 fois auparavant) pour HotelInvest, et 12,5 fois (contre 11,5 fois) pour HotelServices, et relever ainsi son prix par action. 

Cette note ne fait que confirmer l’appétit des investisseurs pour le titre Accor, qui grâce à la stratégie insufflée par Sébastien Bazin et à la restructuration en marche, a gagné 66% depuis son point bas d’octobre dernier. Mais le marché bruisse en ce moment de rumeurs sur une grosse opération que pourrait annoncer Accor dès demain. 

Or, parmi les actifs hôteliers qui seraient en vente figure un groupe américain de grande envergure : Starwood Hotel & Resorts Worldwide. Ce dernier a indiqué fin avril qu’il avait mandaté Lazard « afin d’explorer les alternatives stratégiques et financières et d’augmenter la valeur pour les actionnaires », donnant lieu à des spéculations sur une prochaine vente. Les rumeurs avaient en réalité démarré en février, lorsque le CEO Frits van Paasschen avait dû démissionner en raison de la faible croissance du groupe. Il a été remplacé par un patron provisoire. 

Starwood est une pépite de l’hôtellerie haut de gamme qui, sous ses marques Sheraton, W Hotels, le Méridien ou Westin, a réussi à se développer à grande échelle à l’international. Il exploite ainsi plus de 350 000 chambres, dont près de la moitié sont situées hors des Etats­Unis. Surtout, le groupe est à la pointe dans le domaine du numérique, un créneau qu’Accor compte développer avec un plan de 225 millions d’euros sur cinq ans annoncé à l’automne dernier. Un mariage avec le mastodonte américain aurait donc beaucoup de sens à trois titres : sur le haut de gamme, où le français ne génère que 15,2% de ses revenus, au niveau géographique puisque l’Amérique du Nord, Amérique Latine et Caraïbes ne représente que 10% de son parc, et sur le numérique. 

Certes, une telle opération ne serait pas anodine. Starwood pèse 14,1 milliards de dollars de capitalisation boursière, contre 11,6 milliards d’euros pour Accor (près de 13 milliards de dollars). Mais ce dernier a de sérieux moyens : le groupe ne porte qu’une petite dette nette de 159 millions d’euros et dispose de 4,3 milliards d’euros de liquidités à fin 2014. Il a également toutes les latitudes pour tirer parti d’un marché du financement optimal. L’été dernier, il avait émis 900 millions d’euros d’obligations hybrides perpétuelles à un taux record de 4,125%, et pourrait même obtenir des conditions encore plus avantageuses, depuis le lancement du quantitative easing de la BCE en début d’année. Sans compter la possibilité d'un paiement en titres, grâce à la très bonne tenue du cours. 

Enfin, le groupe reste détenu à près de 11% par le concert Colony Capital­Eurazeo, qui s’est allégé de près de 10% en mars dernier et est actuellement dans une stratégie de sortie. Une opération de grande envergure serait la meilleure opportunité pour sortir à terme et à très bon compte de cet actif, dont ils sont actionnaires depuis maintenant dix ans