L'Informé : Satisfaction, la machine à cash d’Arthur

Satisfaction, la machine à cash d’Arthur
L’animateur star de la Une fête ses trente de carrière à la télé ce 26 décembre, alors que sa société de production affiche une santé financière insolente. Révélations.

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Ce jeudi soir, TF1 s’apprête à célébrer un anniversaire en grande pompe. La chaîne consacre plus de trois longues heures de programmes à son animateur vedette, Arthur, qui fête ses trois décennies de télé. « Entre vous et moi, on peut dire que c’est une histoire qui dure. Trente ans déjà. Qui aurait pu imaginer », a publié le bateleur de 58 ans sur son compte Instagram suivi par plus de 3,2 millions d’internautes. Parions que l’émission fera la part belle aux meilleures vannes de l’animateur, ou à ses nombreux fous rires survenus en plateau. Gageons, en revanche, qu’elle passera assez vite sur une autre facette du trublion : son caractère redoutable en affaires.

Producteur, Arthur a créé sa société, Satisfaction The TV Agency, en 2010 et peut se targuer d’une rentabilité exceptionnelle. À l’origine de Vendredi tout est permis, l’entreprise affiche un chiffre d’affaires de 16,5 millions d’euros (stable sur deux ans), pour un bénéfice net de 13,38 millions d’euros, soit une étonnante marge nette de 81 % ! De quoi faire pâlir jusqu’aux géants de la tech américaine, même si ces données non consolidées intègrent les profits des filiales mais pas leur chiffre d’affaires.

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Les dernières années ont été riches en rebondissements. En 2018 selon Capital, le patron a d’abord tenté de vendre sa société et approché pour cela plusieurs leaders du secteur, comme Endemol, Fremantle ou Mediawan. Sans succès. Arthur a alors changé de stratégie et décidé de construire son propre groupe à coups d’acquisitions successives : la Grosse Équipe (les Anges de la téléréalité), Ah Production (La villa des cœurs brisés), Enibas (Météo à la carte sur France 3), ou encore Ellimac, la société de l’animateur Camille Combal (Camille & Images…).  « Je choisis des sociétés extrêmement agiles et créatives, auxquelles je laisse toute leur liberté et leur autonomie, a expliqué l’animateur dans les colonnes du Figaro. Je n’achète pas des résultats financiers, j’achète du talent. » Plus récemment, en 2020, il s’est offert Satisfy et Starling (Qui veut être mon associé ? sur M6 pour le premier et Qui veut gagner des millions ? sur TF1 pour le second), deux entreprises jusqu’ici détenues par Sony Pictures Television. À cette occasion, la major japonaise a pris 20 % du capital de Satisfaction, valorisant le petit empire d’Arthur pas moins de 144 millions d’euros.

Depuis, cette valeur s’est érodée, évaluée à 113 millions d’euros dans les comptes du Nippon. La faute à une série de déconvenues. D’abord, en 2021, la star de TF1 a perdu son contrat avec NRJ12 sur les Anges, et subi l’arrêt de District Z. Mais c’est surtout la suppression de l’émission quotidienne les Z’amours sur France 2 au bout de 26 ans d’antenne qui a porté un coup sévère à la filiale Satisfy. La patronne du groupe public, Delphine Ernotte-Cunci, a justifié ce choix par la volonté de mettre à l’antenne des formats inventés en France en remplacement de ceux dérivés de créations américaines, comme c’était le cas des Z’amours adapté de The Newlywed game. L’émission a donc été remplacée par Chacun son tour animé par Bruno Guillon. Plus récemment, France 2 n’ a pas renouvelé l’émission comique En bande organisée et Juge Arthur s’est limité à un test sans lendemain sur TF1.

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Malgré ces déconvenues, le groupe, grâce à toutes ses acquisitions, est aujourd’hui un des plus gros producteurs français. Peut-être pas le « le deuxième toutes catégories confondues » comme le prétend Arthur mais, selon le magazine Écran Total, il se classe tout de même quatrième dans les programmes de flux sur la saison 2023-2024 avec plus de 923 heures au compteur. Derrière Banijay, Mediawan et France TV Studios, qui l’a récemment doublé.

Mais le producteur ne se laisse pas désarçonner. Il a déjà repris sa course effrénée aux acquisitions. Ces dernières ambitions se sont portées surtout en dehors de l’Hexagone. Depuis 2023, il s’est attaqué à de nouveaux marchés que ce soit en Espagne, en Angleterre, aux Pays-Bas… Outre-Manche, il a pris 5 % du capital du producteur Yes Yes Media pour une somme estimée à environ 350 000 livres. Il a aussi noué des partenariats avec Keshet en Israël ou le britannique Fulwell 73, et s’est allié au Néerlandais Talpa de John de Mol (connu pour l’émission Big Brother) – Satisfaction a notamment adapté en France son jeu The Floor, à la conquête du sol. Diffusé sur France 2 il y a un an, ce programme, animé par Cyril Féraud, doit même reprendre à la fin du mois. À noter toutefois que si la création d’une société commune avec le néerlandais, baptisée Satisfaction-Talpa France, avait aussi été annoncée dans un communiqué en 2021, on n’en trouve aucune trace aujourd’hui au registre du commerce.

Avec une fortune estimée à 600 millions d’euros selon le magazine Challenges et une carrière de 30 ans derrière lui, Arthur n’a plus peur de rien. Il s’est permis une émission de téléréalité Frenchie Shore interdite aux moins de 16 ans sur Paramount + et MTV qui en a choqué plus d’un. Le concept ? Les dix plus grands fêtards de France se retrouvent au cap d’Agde pour faire la fête. De quoi provoquer les critiques de l’ancienne ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, jugeant le programme « à la limite de la pornographie ». En guise de réponse, Arthur avait indiqué chez Puremedias : « J’invite les gens choqués par Frenchie Shore à se rendre cinq minutes sur TikTok pour voir… ». Un an plus tard, une deuxième saison, encore plus trash, vient de débuter. Sans susciter d’indignation politique.

Contactée, la porte-parole d’Arthur Françoise Doux n’a pas répondu.