Le Coq Sportif : l’offre du franco-suisse Dan Mamane ultra favorite
En grande difficulté, la célèbre marque intéresse aussi un consortium notamment constitué de Neopar, Iconix, Teddy Riner et Xavier Niel. Verdict début juillet.
L’opération de com’ a eu un écho considérable. Il y a deux semaines, la plupart des médias ont en effet évoqué l’arrivée de Teddy Riner sur le tatami de l’épineuse reprise du Coq Sportif, en redressement judiciaire depuis novembre. Aux côtés du quintuple médaillé d’or olympique, un parterre d’investisseurs aux couleurs majoritairement tricolores : Neopar, la structure d’investissement de la famille Poitrinal (qui récupérerait 51 % du capital), la famille Camuset, fondatrice de la marque de sport aux quelque 300 salariés, associée à quelques managers dont l’actuel PDG Marc-Henri Beausire, mais aussi l’américain Iconix, maison mère d’Umbro et de Lee Cooper (20 %), et Xavier Niel (Ndlr, actionnaire de l’Informé).
Du lourd, mais qui ne semble pas convaincre outre-mesure. Selon nos sources, les créanciers et les salariés du Coq Sportif se sont massivement exprimés en faveur de l’offre concurrente, portée par l’homme d’affaires franco-suisse Dan Mamane, aussi soutenu par l’ex-directeur général de Fusalp Alexandre Fauvet et par le designer du Coq Sportif, Udi Avshalom. En mars, le président de la région Grand Est, Franck Leroy, évoquait déjà dans un rapport le fait que cette proposition « offrirait un meilleur traitement aux créanciers, tant publics que privés », tandis que l’autre projet « prévoit la vente de licences à l’étranger. » La griffe reste en effet endettée envers les acteurs publics pour un montant compris entre 60 et 70 millions d’euros. Et elle a encore affiché une perte de près de 25 millions l’an dernier.
Interrogés par nos soins, plusieurs salariés évoquent ouvertement leur doute sur le projet « made in France ». « Iconix mettrait de l’argent, se focaliserait sur les États-Unis et récupérerait la propriété intellectuelle. Mais que resterait-il en dehors de ça ? Pas grand-chose », tacle l’un d’entre eux. Et un autre de mentionner son scepticisme face à la reprise du groupe par un pool où figure Marc-Henri Beausire, l’actuel PDG, considéré comme principal responsable des difficultés rencontrées par le Coq Sportif.
Dans les rangs de l’offre portée par Neopar, la fébrilité est de mise. Un article de notre confrère suisse Le Temps mentionne que Xavier Niel, dont la présence dans la reprise du Coq Sportif est avant tout symbolique, aurait changé de camp… selon le camp adverse ! Le milliardaire français ne commente pas l’information. Mais si elle venait à être confirmée, elle soulignerait la volonté du fondateur de Free de s’inscrire dans la reprise de la griffe tricolore, quelle qu’en soit l’issue. Officiellement, le bloc formé autour de Neopar reste en tout cas uni.
Selon nos informations, le magnat des télécoms aurait même tenté de faire converger les deux offres au cours des derniers mois. Sans que cela n’aboutisse. Il aurait embarqué dans l’aventure Cédric Meston, ex-McKinsey et fondateur d’Happyvore. Ce dernier s’est récemment forgé une réputation en matière de retournement d’entreprises en reprenant six sociétés, dont Tupperware France, en mars.
Ce jeudi 12 juin, le Tribunal de commerce a épluché les deux offres à huis clos pendant près de 3 heures. D’un côté, l’offre Neopar, défendue par Jean-Dominique Daudier de Cassini du cabinet d’avocats Weil Gotshal, et de l’autre, l’offre portée le franco-suisse, accompagné par Jean-Pierre Farges, l’associé de Gibson Dunn. Avec un verdict attendu d’ici début juillet. Le Tribunal de commerce confirmera alors si Teddy Riner est parvenu à déjouer les pronostics… pour une fois en sa défaveur.