La France va sortir du programme Eurodrone (Airbus, Dassault, Leonardo)
Ce programme de drones était mené en coopération avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.
En pleine période d’incertitude du programme SCAF (Système de combat aérien du futur), la France a également un souci avec un autre programme. Face à ses retards, à ses surcoûts et à son manque de performance, elle a en effet décidé de se retirer du programme européen Eurodrone dont Airbus assure la maîtrise d’œuvre appuyé par l’italien Leonardo et le français Dassault Aviation, même si la nouvelle ministre des armées ne leur a pas encore notifié officiellement la décision. Les gens d’Airbus sont fébriles sur ce programme et en particulier depuis le mois de septembre. Ce partenariat mené en coopération avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie est un projet lancé en 2015 pour répondre aux besoins opérationnels en drones de surveillance et de reconnaissance. Las, il avait les ailes apparemment trop grandes pour l’industriel qui a vu son calendrier exploser. Il a pris quatre ans de retard par rapport à l’agenda initial. Et l’entrée en service n’est plus attendue au mieux avant 2030.
Malgré son retrait d’Eurodrone, la France se réserve toutefois la possibilité de procéder à des achats de systèmes issus de ce programme. Elle a toutefois décidé de plutôt consolider sa filière drones Reaper, pourtant américaine, et de donner sa chance à des PME et ETI engagées dans un programme de drones rustiques alternatifs.
Un choix qui peut sembler paradoxal puisque depuis quelques années, la France avait décidé de ne plus recourir à des matériels américains. Non seulement ils coûtent cher à acquérir et à entretenir, mais de surcroît ils génèrent une emprise technico-opérationnelle américaine sur les forces armées françaises. C’est pour cette question de souveraineté que la France a retiré du service ses avions radar E-3F Awacs et ses cargos C-130H comme l’a révélé l’Informé.
L’échec d’Eurodrone est loin d’être le premier sur la demi-douzaine de programmes de drones auxquels la France participe. Les Systèmes de drones tactiques légers (SDTL) ont quasiment tous connu un ou plusieurs soucis lors de leurs premiers vols. Tandis que Safran avec le Système de drone tactique (SDT), Thales avec le Maritime Mine Counter Measures (MMCM) et le Système de mini-drone de renseignement (MDR) sont allés de Charybde en Scylla. Capa-X, Flexrotor et VSR700 semblent toutefois offrir de meilleurs espoirs à Airbus. Ce que la France a toutefois apporté au programme Eurodrone pourra être récupéré sur les programmes de drones rustiques alternatifs.
Le cabinet de la ministre des armées n’avait pas répondu à nos questions avant notre publication.