L'Informé : Canal+ : le jackpot de Maxime Saada

Canal+ : le jackpot de Maxime Saada
L’introduction en Bourse de la chaîne cryptée va permettre à son état-major d’empocher moult actions gratuites et primes exceptionnelles, au moment où un plan social de 250 postes a été annoncé.

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Triste anniversaire pour les 40 ans de la chaîne cryptée. Ce 6 décembre, les syndicats de Canal+ apprennent « avec consternation le choix de la direction de faire un plan social », écrivent-ils tous en chœur dans un communiqué. On vient de leur annoncer la suppression de 250 postes. Pas sûr que les intéressés apprécient que, dans le même temps, leur état-major s’augmente allègrement, selon nos informations. À commencer par le président du directoire Maxime Saada. Tout confondu, il pourrait empocher jusqu’à 9,2 millions d’euros bruts (hors retraite chapeau). Des émoluments dignes du CAC 40, où la moyenne s’élevait à 7,1 millions l’an dernier.

Dans le détail, son salaire fixe, déjà passé de 1,2 à 1,3 million d’euros bruts il y a deux ans, puis à 1,55 million il y a un an, va grimper à 1,6 million au 1er janvier 2025. À cela s’ajoute un bonus variable, qui pourra désormais aller jusqu’à 1,5 an de salaire fixe, contre 1,1 précédemment. Le maximum peut donc désormais atteindre 4 millions d’euros bruts, contre 3,25 millions actuellement, soit une hausse de 23 %.

Mais ce n’est pas tout. L’état-major va empocher deux primes exceptionnelles : l’une pour la scission de Canal+ vis-à-vis de son ancien propriétaire Vivendi, l’autre pour l’acquisition du sud africain MultiChoice. Pour Maxime Saada, chacune de ces primes s’élèvera à un an de salaire, soit au total 3,2 millions d’euros (la première sera versée en cash, la seconde en cash ou en actions au choix de l’intéressé).

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L’introduction à la Bourse de Londres, prévue ce lundi 16 décembre, est aussi l’occasion de distribuer quelques zakouskis supplémentaires. Durant les six prochaines années, les dirigeants pourront aussi recevoir un chèque en cas d’augmentation du cours de l’action -un mécanisme peu courant et qui rapportera gros en cas d’envolée en Bourse. Pour Maxime Saada, il s’élèvera à 0,5 % de la hausse de la capitalisation boursière par rapport à l’année précédente.

Les managers bénéficieront également d’un vaste plan d’attribution d’actions gratuites, octroyées selon les performances financières, et qui pourra représenter jusqu’à 0,5 % du capital du groupe. Par exemple, si le groupe vaut 6 milliards d’euros, alors cela représenterait 30 millions d’euros. Pour sa part, Maxime Saada aura droit à des titres représentant 1,25 fois son fixe, soit 2 millions d’euros. Tout ceci n’étant apparemment pas suffisant, un programme supplémentaire de distribution d’actions sera présenté à la prochaine assemblée générale.

Last but not least, l’heureux élu a aussi droit à une retraite chapeau qui coûte un million d’euros par an à son employeur (le membre du directoire Jacques du Puy a aussi droit à une retraite complémentaire).

Prudent, le patron de la chaîne a négocié un parachute doré s’il est mis à la porte, ou s’il quitte son poste de son plein gré suite à un rachat. Dans ce cas-là, il aura droit à un an et demi de rémunération, soit au minimum 6,2 millions d’euros pour son fixe et son variable. En outre, les membres du directoire bénéficient d’une clause de non-concurrence, qui prévoit le versement de 30 % à 60 % de leurs émoluments durant 6 à 12 mois après leur départ.

À noter que Vivendi distribuait aussi des actions gratuites aux hauts cadres du groupe – Maxime Saada en avait reçu pour 430 000 euros l’an dernier. Mais la valeur de l’action Vivendi va mécaniquement chuter lors de la scission. Le versement d’une compensation est donc envisagé, comme cela avait déjà été fait lors de la cotation d’Universal Music. Maxime Saada avait alors reçu 210 000 euros en cash.

Vincent Bolloré, interrogé en début d’année sur le salaire de Maxime Saada par la commission d’enquête sur la TNT de l’Assemblée nationale, avait répondu : « Maxime Saada pourrait gagner beaucoup plus à l’extérieur, parce que c’est un garçon d’une qualité  extraordinaire, mais aussi une vedette internationale. Demain, il pourrait aller chez Disney, partout… C’est un type formidable ».

À titre de comparaison, le précédent patron de Canal+, Bertrand Méheut, disposait d’un salaire fixe de 900 000 euros, plus d’un variable pouvant aller jusqu’à 2 ans de salaire fixe, soit au total 2,7 millions d’euros maximums.