(LeTemps.ch) Orange -Salt: non, il n’y a pas de miracle

Orange -Salt: non, il n’y a pas de miracle

Le nom de l’opérateur de téléphonie mobile, détenu par Xavier Niel, change. Ses tarifs, si peu

«Ne pas attendre de miracle», écrivions-nous le 19 décembre dernier, lors de l’annonce du rachat d’Orange par Xavier Niel. De miracle, pour les consommateurs, il n’y en eut point jeudi soir à Zurich, lors de la présentation du «nouvel Orange». La marque disparaît au profit de «Salt». Et c’est sans doute le seul fait saillant que retiendront les clients de l’opérateur.

Salt propose bien de nouveaux abonnements et quelques petits services annexes que l’opérateur appelle, de manière pompeuse, des «innovations». Mais pour une grande partie des clients, d’après nos premiers calculs, l’économie pourrait n’être que de deux petits francs par mois. Le service marketing de l’opérateur ne manquera ainsi pas de travail ces prochaines semaines…

Salt n’est ainsi qu’une version liftée d’Orange. Et il ne pouvait en être autrement. Contrairement à la France, où Xavier Niel est parti de rien avec Free Mobile, Orange est très bien établi en Suisse. Il est rentable et ses marges s’améliorent d’année en année. Il aurait été suicidaire pour l’homme d’affaires français – qui brillait d’ailleurs jeudi soir à Zurich par son absence – de vouloir se lancer dans une guerre des prix. La passivité que manifestent les consommateurs suisses, qui rechignent tant à comparer – même si le travail est difficile – les offres des opérateurs, renforce Xavier Niel dans ses convictions.

La seule société à faire bouger le marché est paradoxalement celle qui le domine avec plus de 60% de parts de marché: Swisscom, qui a forcé ses concurrents à lancer des offres illimitées dans son sillage, dès 2012. Et il y a fort à parier qu’un mouvement similaire va s’observer ces prochains mois après la dernière offensive de Swisscom sur le marché de l’accès fixe à Internet, avec son offre «Wingo».

Il ne faut pourtant pas tout jeter. En Suisse, le marché bouge, les prix baissent. Début 2012, une offre mobile illimitée coûtait au minimum 100 francs. En ce mois d’avril 2014, les premières offres de ce type, avec certaines restrictions, coûtent désormais la moitié de ce prix.
Avec ou sans Xavier Niel.