Les Echos : Zodiac imagine déjà un plan B en cas d’échec avec Safran

Zodiac imagine déjà un plan B en cas d’échec avec Safran

Zodiac devrait esquisser ce vendredi un projet alternatif au rachat par Safran, en cas d’échec des négociations. Une refonte de la gouvernance de Zodiac se précise.

Il y a une vie sans Safran. Voilà le message que Zodiac devrait adresser ce vendredi matin à son fiancé, avec qui il projette de se marier depuis la mi-janvier, mais aussi aux investisseurs financiers à qui il va présenter ses résultats semestriels. Des résultats attendus de mauvaise facture (voir encadré) et décisifs car c'est sur leur fondement que le motoriste va déposer une nouvelle offre. Ainsi, la publication de ces résultats avait déjà été reportée d'une semaine.

Depuis l'annonce, le 15 mars dernier, d'une énième révision à la baisse des résultats de Zodiac, les relations se sont considérablement tendues entre l'équipementier et le groupe aéronautique. Mis sous pression par ses propres actionnaires, dont l'activiste anglais TCI, qui détient 4,1 % du capital et n'a de cesse de contester le bien-fondé de l'opération, Safran a annoncé qu'il reverrait à la baisse les termes de son offre publique d'achat amicale initialement annoncée autour de 10 milliards d'euros. Depuis, les négociations se poursuivent, mais sans donner le sentiment d'avancer. Au point de semer le doute sur la capacité d'aboutir à un deal. Zodiac serait même prêt à renoncer à son mariage avec Safran, indiquaient jeudi nos confrères de BFM.

Changement de gouvernance

Selon nos informations, Zodiac devrait néanmoins confirmer ce vendredi matin la poursuite de sa négociation exclusive avec Safran. Toutefois, les actionnaires familiaux de l'équipementier plus que centenaire, notamment les familles Domange et Maréchal qui détiennent un tiers du capital, devraient dévoiler l'esquisse d'un projet alternatif en cas d'échec des discussions. Une façon d'indiquer qu'ils ne seraient pas prêts à brader leur groupe ni à se faire imposer n'importe quel prix. Ce plan B aurait aussi pour ambition de démontrer que Zodiac peut continuer à vivre seul, en toute indépendance.

Afin de donner plus de poids à ce scénario, l'annonce de ce plan B devrait s'accompagner de l'amorce d'un changement de la gouvernance de Zodiac. Selon toute vraisemblance, un échec de la négociation avec Safran se traduirait en effet automatiquement par une refonte de la direction. Le premier concerné, dans ce cas, serait le président du directoire. Olivier Zarrouati. Selon certaines sources, même si le patron de Zodiac Aerospace devait rester en place jusqu'à l'aboutissement des négociations, certains gros actionnaires seraient déjà bien décidés à lui trouver un remplaçant dans un délai plus ou moins bref, pour ne pas avoir réussi à juguler les retards de production et de livraison de sièges et de toilettes d'avion, qui durent depuis bientôt deux ans.

Reste à savoir quel crédit accorderont les actionnaires et le marché à ce plan B. Jeudi, le cours de Zodiac qui avait déjà beaucoup baissé depuis l'offre initiale de Safran, a encore perdu 6,52 % à la Bourse de Paris, pour clôturer à 20,85 euros. Plus tôt dans la semaine, dans un dernier courrier adressé à Ross McInnes, président du conseil d'administration de Safran, le fonds TCI avait estimé, que le juste prix pour Zodiac était, selon lui de 10 euros, contre 15 euros précédemment. De leur côté, les analystes financiers ont revu leur valorisation du titre Zodiac et s'attendent plutôt à une offre autour de 20 euros. loin des 29,47 euros de l'offre initiale.