Telecom Italia : Vivendi proche d’une montée à environ 20 % du capital http://bit.ly/1OvalOb
Vivendi continue de pousser ses pions en Europe du Sud et en particulier en Italie. Selon nos informations, le groupe est en train de rechercher des blocs d’actions Telecom Italia pour se renforcer au capital et de discuter avec le gouvernement italien pour que cela se passe sans heurts avec lui.
Alors que Vivendi est déjà le premier actionnaire de l’opérateur italien avec environ 15,5 % des actions, une montée au capital autour de 20 % paraît « vraisemblable », selon un proche du dossier. Cela pourrait être un peu plus ou un peu moins, sachant qu'il n’y aurait pas de volonté de lancer une OPA, sur une cible jugée trop difficile à digérer.
Une montée au capital de l’opérateur - une opération à environ 1 milliard d’euros que le groupe français a peut-être même déjà réalisée et qu’il devra déclarer s’il franchit certains seuils importants pour la Bourse italienne - a un double intérêt.
D’abord, Telecom Italia peut être un bon placement financier. Le groupe est en effet identifié dans son secteur comme une des proies de taille - il pèse 20 milliards d’euros en Bourse - les plus attractives en Europe. Une cible d’autant plus attrayante que si les autorités de la concurrence venaient à accepter la fusion des activités mobiles du russe Vimpelcom et du hong-kongais Hutchison en Italie, il n’y aurait plus que 3 acteurs sur ce marché, ce qui donnerait à chacun un peu d’oxygène sur ses prix.
Ensuite, Vivendi estime que se rapprocher d’opérateurs télécoms pourrait se révéler très utile. Telecom Italia dispose d’une base de clients dans le monde de 150 millions de personnes. C’est autant d’abonnés sur lesquels rentabiliser des contenus chers fabriqués par ses filiales Canal+ et Universal Music.
Etre actionnaire de référence permettrait à Vivendi de travailler en bonne intelligence. Et de diffuser à plus vaste échelle des évènements sportifs, des séries comme « Borgia » ou même les films du catalogue de StudioCanal. Sur ce point, les analystes ne sont pas convaincus que des prises de participation dans les opérateurs soient nécessaires. Mais ils reconnaissent que cela vaut le coup d’être tenté.
De source proche du dossier, on raconte que Vincent Bolloré aurait souhaité - pour ces mêmes raisons - que Vivendi conserve l’opérateur SFR en France, mais qu’il était trop tard pour en récupérer le contrôle quand il a pris les rênes de Vivendi. Toujours est-il que le groupe effectue les mêmes travaux d’approche avec l’espagnol Telefonica, un mastodonte de 300 millions de clients en Espagne, mais aussi en Amérique du Sud. Il en détient aujourd’hui environ 1 %.
Selon Jérôme Bodin, analyste chez Natixis, Vivendi pourrait chercher « à en devenir un actionnaire de référence, notamment via une fusion avec Telecom Italia ». Vincent Bolloré, parce que les acteurs anglo-saxons sont déjà très puissants, veut selon cet analyste faire grandir Vivendi dans le monde d’abord via son versant « Sud » : « la France, l’Afrique, l’Europe du Sud et l’Amérique du Sud », c’est-à-dire les zones de langues française, italienne et espagnole.