(LEs Echos) Technip-CGG : l'Etat favorable au principe d'un mariage

Les pouvoirs publics appellent au dialogue entre Technip et CGG pour constituer un champion national.
L'Etat juge toutefois l'offre de Technip non satisfaisante à ce stade.
L'Etat considère d'un oeil plus que bienveillant le principe d'un rapprochement entre les parapétroliers Technip et CGG. Alors que le premier, spécialiste des équipements de production, a annoncé la semaine dernière avoir approché le second, présent dans les études sismiques du sous-sol, « l'idée d'une consolidation entre deux acteurs français des services parapétroliers, aux activités complémentaires, est aujourd'hui bien considérée par les pouvoirs publics », indique aux « Echos » une source proche de l'Etat. « Le gouvernement est plutôt favorable à la constitution de champions nationaux : créer un grand groupe parapétrolier français est une idée plutôt séduisante », note un proche du dossier.
Une attitude bienveillante qui ne vaut toutefois pas blanc-seing pour les dirigeants de Technip, dont l'approche a été vivement repoussée par le conseil d'administration de CGG (« Les Echos » du 21 novembre). L'Etat se trouve de fait en position d'arbitre, puisqu'il est le premier actionnaire des deux groupes via des structures publiques.
Bpifrance et IFP Energies nouvelles détiennent ensemble 14,3 % des droits de vote de Technip et 19 % des droits de vote de CGG. Or à ce stade, l'offre préliminaire de Technip n'est pas jugée satisfaisante - y compris par l'Etat. « Nous souhaitons qu'un vrai dialogue s'établisse entre les deux sociétés, afin qu'elles trouvent ensemble un schéma acceptable », poursuit-on au sein des pouvoirs publics.
Le PDG de Technip, Thierry Pilenko, connaît bien la sismique pour avoir dirigé Veritas avant son rachat par CGG en 2007. Il mûrissait l'idée d'un mariage depuis plusieurs mois, et l'avait évoquée auprès de son conseil d'administration. Il a informé les représentants de l'Etat avant d'approcher CGG, « non pas pour chercher un soutien, mais avant tout pour éviter toute surprise », indique l'un de ses proches.
Un projet peu convaincant
L'offre formulée le 10 novembre, au moment où le secteur connaît un creux de cycle, a toutefois été mal accueillie. Notamment parce que l'opération présente peu de synergies industrielles. Technip dit avoir besoin de la technologie de CGG pour mieux connaître les réservoirs des champs sur lesquels il travaille - sans réellement convaincre. « L'argument ne semble pas suffisant pour donner du sens à l'opération », souligne la source proche de l'Etat. « Et s'il s'agit simplement d'acheter un actif pas cher pour en revendre une partie, cela n'est pas acceptable. » Le projet de céder l'activité d'acquisition de données, qui emploie 500 personnes en France et compte 13 navires, reste mal perçu.
Alors que les pouvoirs publics appellent les deux sociétés à entamer des discussions, la situation semble, aujourd'hui, au point mort. Technip confirme souhaiter « un dialogue constructif et confidentiel », tandis que, côté CGG, on affirme que « rien n'a bougé, nous attendons ».