Les Echos : Robert Peugeot veut en finir avec la décote de la holding familiale

Hyper-actif ces derniers mois, le holding d’investissement de la famille Peugeot juge le niveau de son cours de bourse « injustifié ».

« C'est probablement assez excessif ». Robert Peugeot n'est pas satisfait du cours de Bourse de FFP, le holding d'investissement de la famille fondatrice de PSA. Même si le titre a bondi de plus de 35% depuis janvier. « Le cours affiche 45% de décote, ce n'est pas justifié », martèle le dirigeant, qui a d'ailleurs procédé en juin à un rachat d'actions de 29,2 millions d'euros. « C'était trop tentant de passer un signe au marché, dit-il. PSA s'est redressé, le groupe a de très bonnes perspectives avec le rachat d'Opel. Surtout, nous nous sommes profondément diversifiés dans des activités moins cycliques que l'automobile ».

La famille, qui a perdu le contrôle du constructeur il y a trois ans à la suite d'une grave crise de financement, n'est plus que l'un des trois actionnaires de référence, aux côtés du chinois Dongfeng et de BpiFrance (à environ 14% des parts chacun). La participation de FFP dans PSA - valorisée 1,47 milliard d'euros dans ses comptes-, pèse aujourd'hui moins de 40 % de la totalité de ses actifs, dont la valorisation brute dépasse désormais 4 milliards d'euros. En un an, le fonds est sorti de Sanef (avec sa mise multipliée par trois), Onet et Ipsos, après de longues années de présence au capital.

« Nous ne sommes pas une sicav, notre première vocation est de prendre des participations minoritaires influentes, avec un siège au conseil d'administration », explique Robert Peugeot, qui vise des participations de long terme d'environ 5% à-mêmes d'abonder le versement régulier de dividendes. « FFP n'est pas staffé pour prendre le contrôle d'une société. Notre rôle d'actionnaire de référence de PSA nous prend beaucoup de temps », pointe-t-il. Pas question cependant de remonter au capital du groupe, il existe une clause de « stand still » entre le trio actionnaire.

Moteur dans Safran-Zodiac

Outre son appui à l'acquisition d'Opel par PSA, FFP affirme avoir joué les facilitateurs dans le projet de fusion entre Safran et Zodiac, contesté par l'activiste TCI. Le nouveau patron du groupe, Yann Delabrière, vient du reste tout droit de Faurecia, l'équipemementier contrôlé par PSA... Depuis le début de la semaine, le holding Peugeot est entré au capital de Spie à l'occasion de la sortie des fonds CD&R et Ardian, et il a acceuilli Total au capital d'Eren. En revanche, FFP affirme s'être contenté d'une position d'« observateur » lors de l'offensive de Tikehau sur le holding Eurazeo, au printemps dernier.

La famille place aussi ses pions à l'international, avec un bureau londonien. Elle investit notamment aux Etats-Unis (Lineage Logistics, AmaWaterways, etc), et a pris des tickets dans près d'une cinquantaine de fonds d'investissement européens et américains comme Levine Leichtman, Veritas ou Valor Equity. FFP s'est enfin lancé dans le capital-risque en se rapprochant d'Idinvest.

Charge désormais à la nouvelle recrue de FFP, Bertrand Finet, ancien cadre de la Bpi et de l'ex-FSI, de poursuivre la politique de diversification largement entamée. FFP lorgne ainsi les petites participations de l'Etat. Il s'était intéressé au rachat de l'aéroport de Lyon avec Macquarie il y a un an...