Renault : une enquête interne charge Carlos Ghosn
Renault dispose à présent des résultats d'une enquête interne menée sur plusieurs semaines et qui met au jour des pratiques de l'ancien de l'ex-patron de Renault-Nissan posant question. Ils seront communiqués au conseil d'administration mercredi.
Lundi, le comité d'audit du conseil d'administration s'est vu détailler un certain de nombre résultats des enquêteurs sur les agissements de Carlos Ghosn
Déjà deux signalements à la justice, et l'affaire est loin d'être close. Renault dispose à présent des résultats d'une enquête interne menée sur plusieurs semaines et qui met au jour des pratiques de l'ancien de l'ex-patron de Renault-Nissan posant question.
Lundi, le comité d'audit du conseil d'administration (dont Martin Vial, le patron de l'agence des participations de l'Etat), s'est vu détailler un certain de nombre résultats des enquêteurs . Ces résultats, encore partiels, seront fournis à l'ensemble du conseil mercredi. Tout le monde pourra donc en savoir plus sur l'utilisation d'avions facturés à la structure hollandaise RNBV, ou les émoluments versés à un certain nombre de personnalités (dont Rachida Dati et Alain Bauer).
Ou encore découvrir les commissions suspectes payées, pendant des années, par le constructeur français à la société Suhail Bahwan Automobiles (SBA), le distributeur omanais de Renault-Nissan, qui se faisait rembourser plusieurs milliers d'euros des rabais clients de seulement quelques centaines d'euros. Interrogé lundi sur le rôle de ce revendeur d'Oman, l'entourage de Carlos Ghosn a nié toute allégation de malversation à ce sujet.
Yacht, fintech, jets d'affaires…
Selon nos informations, une importante partie de cette manne aurait ensuite été envoyée au Liban sur les comptes de la société GFI contrôlée par l'avocat Fady Gebran, un proche de Carlos Ghosn.
C'est cette structure, alimentée par SBA, qui aurait ensuite signé l'achat en 2015 d'un yacht de plus de 10 millions de dollars pour la famille du dirigeant par le biais d'une entité basée, elle, aux Iles Vierges britanniques. GFI aurait aussi financé, entre 2015 et 2018, à hauteur de 27,5 millions de dollars la start-up de fintech Shogun créée aux Etats-Unis par Anthony Ghosn, le fils de Carlos Ghosn. Rien dans l'enquête ne démontrerait toutefois que le jeune homme connaissait l'origine exacte de ces fonds.
Comment Carlos Ghosn choyait ses proches aux frais de Nissan
Chez Renault, les sommes en question approcheraient au total les 10 millions d'euros. Sachant que le même mécanisme existait chez Nissan. Dans l'Archipel, les montants représenteraient pas moins de 35 millions de dollars sur sept ans.
Les enquêteurs de Mazars, qui visitent RNBV de fond en comble mais n'ont pas eu l'occasion de confronter leurs investigations avec Carlos Ghosn, s'intéressent aussi aux utilisations de quatre jets d'affaires. Ceux-ci seraient étrangement onéreux à l'usage, laissant penser à d'éventuelles surfacturations qui auraient aussi pu être récupérées via un système offshore.
Des contrats de conseil à foison
Enfin, l'enquête RNBV aurait mis le doigt sur une kyrielle de contrats de conseil. Ainsi, Alain Bauer, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, a touché en quelques années plusieurs centaines de milliers de Renault et de RNBV. Rachida Dati a, de son côté, reçu environ 600.000 euros de la part de RNBV. A cette heure, les investigations n'ont pas révélé de trace écrite du travail effectué par l'ancienne garde des Sceaux.
Nissan : la charge du comité de gouvernance contre Carlos Ghosn
Le patron de Nissan avait approuvé la rémunération différée de Carlos Ghosn
RNBV aurait aussi rémunéré l'avocat libanais ayant géré le divorce de Carlos Ghosn à hauteur de 50.000 euros par an pendant plusieurs années, tout comme d'ailleurs Fady Gebran. Et cette liste est loin d'être exhaustive…
Renault se réserve le droit de se retourner vers la justice si le besoin s'en fait ressentir. A la nouvelle direction, on explique ne pas vouloir faire preuve de mansuétude et n'agir que dans le seul intérêt du groupe.