Orange et Bouygues vont continuer de discuter pendant les fêtes
Les réunions pour le rachat de Bouygues Telecom devraient se poursuivre pendant les prochains jours.
Les acteurs doivent trouver des remèdes pour satisfaire les autorités de concurrence.
Pas de trêve hivernale dans les télécoms. Et surtout pas pour la consolidation. Les discussions entre Orange et Bouygues Telecom vont bon train pour le rachat du deuxième par le premier. « Les fêtes de Noël, c'est le meilleur moment pour avancer », observe un acteur du secteur. Martin Bouygues et Stéphane Richard, le PDG d'Orange, devraient profiter de cette période pour entrer dans les détails d'un éventuel mariage. Certains parlent d'une annonce possible début 2016.
« Toutes les planètes sont alignées », décrète l'un des protagonistes. « Les discussions avancent bien, assure une source proche du dossier. Bouygues est très motivé. » Depuis la révélation par Bloomberg des négociations en cours, aucune voix ne s'est fait entendre pour s'y opposer. La rumeur a même couru que Patrick Drahi, propriétaire de Numericable-SFR, pourrait de nouveau déposer une offre pour faire monter les enchères. Mais elle a été démentie.
Parmi les sujets à régler figure le prix à payer. Mais aussi, et surtout, des questions de concurrence, alors que le nouvel ensemble renforcerait Orange, déjà dominant en France. Le futur groupe détiendrait autour de 50 % du marché dans le fixe et le mobile. Quelle que soit l'autorité qui, à Paris ou à Bruxelles, traitera le dossier, « l'affaire ne passera pas comme une lettre à la poste », affirme un expert.
Logique industrielle
Le passage de quatre à trois opérateurs ne pourra se faire que si la concurrence sur le marché reste vive, ce qui suppose « au sein des trois opérateurs restants » qu'il y en ait « un qui soit animé d'une stratégie de conquête de nouveaux clients », a prévenu sur France Info Bruno Lasserre, président de l'Autorité de la concurrence. Les autorités réglementaires devraient aussi imposer des cessions d'actifs.
Toute la question est de savoir si l'opération peut garder son sens stratégique si elles sont trop importantes. En outre, si l'on comprend bien l'intérêt pour le petit Bouygues Telecom de s'adosser à un grand, certains s'interrogent sur la logique industrielle pour le géant Orange de grossir encore sur son propre marché. « Si les autorités concurrentielles soupçonnent que c'est juste pour éliminer un concurrent et améliorer les marges, elles s'opposeront à l'opération », relève un observateur.
Les deux groupes devraient enchaîner les réunions cette semaine. Mercredi soir, certains ont cru assister à l'une d'elles lors des voeux de la Fédération française des télécoms (FFT). Les principaux protagonistes de l'opération ont partagé un long aparté avec le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, qui tenait une coupe de champagne à la main. « Le champagne, c'est classique pour un banquier quand on fête un deal », souriait un dirigeant du secteur, en allusion au passé d'Emmanuel Macron chez Rothschild.