Les Galeries Lafayette sous pression au Moyen-Orient http://bit.ly/1PQe8Zt
Le dubaïote Al-Futtaim prévoit d’ouvrir neuf grands magasins en cinq ans. Il a des partenariats avec le libanais Chalhoub et le britannique John Lewis.
Malmené en France, avec des magasins de province en difficulté et, à Paris, une activité touchée par les attentats terroristes, le groupe Galeries Lafayette fait face à l’arrivée d’un concurrent redoutable sur le marché prometteur de la péninsule arabique. Le puissant conglomérat dubaïote Al-Futtaim – présent dans la distribution automobile, la grande distribution, l’énergie, etc.– vient d’annoncer un partenariat avec le groupe Chalhoub pour développer son enseigne Robinsons au Moyen-Orient. Rachetée en 2008 à Singapour, celle-ci compte trois magasins dans la Cité-Etat asiatique et un à Kuala-Lumpur, en Malaisie.
A Dubaï, le premier Robinsons au Moyen-Orient ouvrira au printemps prochain sur 18.000 mètres carrés dans Festival City Mall, un centre commercial détenu aussi par Al-Futtaim. Et non content d’avoir pour partenaire ce groupe libanais et son impressionnant portefeuille de marques de luxes, Al-Futtaim a en outre conclu un accord avec l’enseigne de grands magasins britannique à succès John Lewis . Celle-ci a annoncé lundi dans un communiqué l’ouverture d’un magasin dans le magasin (« shop in the shop ») de 1.500 m2, le plus grand jamais développé à l’international. John Lewis est déjà présent en Corée du Sud et chez Robinsons à Singapour et bientôt à Kuala-Lumpur en Malaisie. L’accord porte aussi sur l’approvisionnement de produits de ses gammes maison (arts de la table, linge, ameublement) aux futurs grands magasins d’Al-Futtaim.
Celui-ci va ouvrir dans les six mois qui suiveront l’ouverture de son premier Robinsons à Dubaï, un deuxième en Arabie saoudite, à Riyad, où un bail a été signé. Au total, le groupe prévoit d’exploiter pas moins de neuf grands magasins dans la péninsule Arabique, voire même de s’implanter en Iran.
Portefeuille de marques
A l’heure où Dubaï s’affirme comme le premier aéroport mondial en termes de passagers internationaux (lire ci-dessous), cette offensive va rivaliser avec les ambitions du groupe français, présent au Dubaï Mall avec un grand magasin exploité par le groupe Admic (franchisé des enseignes Monoprix et BHV au Liban,) qui projette d’en ouvrir un autre à Doha au Qatar. Comme s’il avait anticipé cette concurrence, le groupe Galeries Lafayette a d’ailleurs annoncé sa décision d’implanter avec Admic son enseigne BHV Marais, plus déco que mode et luxe, à Dubaï.
Car en s’associant avec Chalhoub pour développer Robinsons, Al-Futtaim accède à l’impressionnant portefeuille de marques de luxe que le distributeur libanais exploite au Moyen-Orient, en franchise (comme Céline et Marc Jacobs, notamment) ou via des coentreprises avec Louis Vuitton, Christian Dior, Chaumet ou Louboutin, parmi d’autres. De quoi enlever aux Galeries Lafayette leur spécificité bâtie sur les griffes du luxe français.
La concurrence s’annonce d’autant plus rude pour les Galeries Lafayette que le président de la branche « retail » d’Al-Futtaim n’est autre que Paul Delaoutre, celui-là même qui pendant dix ans à la tête des grands magasins français porta haut leurs performances avant d’être remercié en 2013. Il a en outre à ses côtés Thierry Prévost, qui a été directeur du développement international des Galeries Lafayette, tandis que Christophe Cann, ancien directeur général adjoint de l’enseigne, est lui directeur opérationnel de Robinsons.