(Les Echos) Lafarge-Holcim : phase décisive pour la vente d'actifs

Lafarge-Holcim : phase décisive pour la vente d'actifs

Deux consortiums de fonds et des industriels du secteur du ciment restent en lice.

Les actifs de Lafarge et Holcim suscitent la ruée des investisseurs
Le cercle se resserre autour des cimenteries de Lafarge et Holcim. Les deux géants, qui ont obtenu mi-décembre le feu vert de Bruxelles pour leur projet de fusion à 39,5 milliards de dollars, attendent les offres de second tour concernant le rachat de leurs actifs en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, au Canada, en Autriche, en Hongrie et en Serbie ainsi qu'aux Philippines et au Brésil. Un ensemble pesant près de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour un prix attendu de 5 à 7,5 milliards d'euros.
Une troisième défection
Quatre consortiums de fonds, des firmes de capital-investissement américaines et des industriels s'étaient manifestés à l'ouverture des enchères. Mais à la veille d'entrer dans l'étape décisive qui contraint à déposer des offres fermes, une troisième défection a eu lieu - après celle de l'allemand HeidelbergCement en novembre et du duo Bain et Onex le mois suivant -, selon plusieurs sources : celle du consortium formé par le fonds Advent, BC Partners et Temasek. La compétition mondiale est très serrée, les procédures de vérification ouvertes aux candidats très contraintes et les attentes des vendeurs élevées. La fourchette de valorisation espérée représente au moins huit fois l'Ebitda des actifs vendus (entre 600 et 700 millions d'euros par an). Une exigence qui reposerait sur l'anticipation d'une multiplication par deux d'ici à deux ans de la marge d'Ebitda de l'ensemble qui est aujourd'hui en bas de cycle.
Resteraient donc deux consortiums : celui de CVC avec deux fonds souverains (le singapourien GIC et Adia, le fonds d'Abou Dhabi), ainsi que celui formé par Blackstone, Cinven et le canadien CPP. Ces défections ne les placeraient cependant pas forcément en position de force pour négocier un prix à la baisse. Des industriels se sont positionnés sur des morceaux du périmètre. Les noms du cimentier irlandais CRH associé au mexicain Cemex ont été cités, ainsi que celui du turc Sabanci, du brésilien Votorantim Cimentos et des indiens UltraTech Cement et Birla. Or « un puzzle à 5 ou 7 pièces pour céder le tout est très simple, si les industriels valorisent bien les actifs », affirme une source