(Les Echos) La Bourse de Paris fait évoluer son « fixing »

Pour éviter les fraudes, les fixations des prix d'ouverture et de clôture des actions s'effectueront à un moment choisi au hasard dans une période de 30 secondes.
C'est une petite révolution dans les procédures d'Euronext. L'opérateur boursier paneuropéen a en effet décidé, à l'instar de ses grands homologues, de déterminer de façon aléatoire le moment où sont établis les cours d'ouverture et de clôture des actions, cotées en continu sur ses marchés.
A l'heure actuelle, en effet, le processus est toujours le même. Les ordres des investisseurs peuvent être passés « avant Bourse », puis éventuellement modifiés ou annulés de 7 h 15 à 9 h 00. Pendant cette période, la comparaison de livres d'ordres permet de donner un prix indicatif des actions sur les marchés Euronext. Mais c'est au moment exact de l'ouverture, lorsque tous les ordres sont définitifs, qu'est fixé le prix d'ouverture. Celui-ci servira de référence toute la journée pour les marchés. Pour déterminer le prix de clôture, la même procédure s'applique. Les ordres sont recueillis de 17 h 30, heure de fin des échanges quotidiens, à 17 h 35. A cet instant précis, les cours de clôture sont arrêtés. Ces prix sont d'une importance capitale, car ils sont notamment utilisés pour le calcul de la progression des indices ou de l'évolution de la valeur du portefeuille des investisseurs.
Le problème, c'est que ces procédures sont bien trop prévisibles. « L'heure du "fixing" [la détermination des cours, NDLR], étant parfaitement connue, il existe un risque théorique que certains acteurs de marchés cherchent à manipuler le cours d'ouverture et de clôture », explique Simon Gallagher, responsable marchés au comptant actions d'Euronext.
Agissements frauduleux
Concrètement, un acteur mal- intentionné pourrait passer des ordres sur un volume important de titres pendant la période de fixation du cours. S'il souhaite jouer un titre à la hausse, par exemple, il va passer un gros ordre à l'achat avant l'ouverture. Il va ainsi faire monter le cours indicatif de l'action sur lequel les autres acteurs vont se positionner. Puis au tout dernier moment avant la fixation du cours, il annule son ordre. Le prix d'ouverture restera tout de même élevé. « Ce type d'agissements fait déjà l'objet d'une surveillance de la part de notre équipe de contrôle et de l'Autorité des marchés financiers, poursuit Simon Gallagher. Néanmoins, nous avons décidé d'adopter en la matière les bonnes pratiques en vigueur chez les grands opérateurs boursiers européens. »
A l'instar de Londres et Francfort

Bientôt, en effet, la détermination des cours d'ouverture et de clôture n'aura plus lieu à heure fixe, mais à un instant choisi au hasard dans une période de 30 secondes, entre 9 h 00 et 9 h 00 trente secondes, et entre 17 h 35 et 17 h 35 et trente secondes. Cette durée est la même que celle qui a été retenue par le London Stock Exchange ou la Bourse de Francfort. « Si l'acteur de marché mal-intentionné ne connaît plus avec précision le moment où le fixing a lieu, il ne pourra pas annuler son ordre à temps, et devra donc l'exécuter, explique Simon Gallagher. Ce risque devrait donc être dissuasif. » Les ultimes tests ayant été effectués, la nouvelle procédure entrera en vigueur le 28 septembre.