Le SUV Captur est visé.
Ford et Mercedes ont aussi des modèles pointés du doigt.
Rude journée en perspective pour Renault. Le constructeur automobile sera auditionné ce lundi 18 janvier par la commission technique mise en place par la ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, Ségolène Royal. L'objectif de cette commission : s'assurer que les constructeurs ne manipulent pas les tests d'homologation des véhicules, comme l'a fait Volkswagen via un logiciel permettant d'activer les systèmes de dépollution en cas de contrôle, et de les suspendre en condition de route.
Renault est dans la tourmente, depuis que la CGT du site d'ingénierie de Lardy a révélé jeudi, dans un tract, que la répression des fraudes (DGCCRF) avait mené début janvier des perquisitions sur trois sites du constructeur. Le cours de Renault avait alors plongé de plus de 20 %, avant de clôturer en recul de 10 %.
Sur le fond, les résultats du constructeur français aux premiers tests de la commission concentrent les interrogations. Les véhicules Renault - notamment un utilitaire Euro 5 et un SUV Captur de norme Euro 6 dont les résultats ont été partagés avec la commission - ont récolté de mauvaises notes, sur les émissions de CO2 mais aussi de NOx (dioxide d'azote). C'est surtout le Captur qui est au centre des interrogations, avec des rejets de NOx multipliés par plus de cinq par rapport aux limites fixées par la réglementation et les tests.
Ces véhicules ont enchaîné trois tests différents : un essai basé sur le cycle européen NEDC, un autre destiné à repérer un éventuel logiciel truqueur, et un troisième test conduit sur route. Bilan : les tests du Captur ont fait émerger un défaut technique qui conduit à bloquer le système de dépollution. Renault devrait ainsi proposer une action correctrice à ce problème, jugé technique, via un rappel. Mais le constructeur concentre aussi les interrogations sur les tests sur circuit, avec des rejets très élevés. Du côté des spécialistes de l'automobile, on rappelle que ce type de test n'a pas de valeur légale - la réglementation actuelle ne prévoit que des essais en laboratoire, et les premiers tests sur route seront appliqués en 2017.
Reste que, vu le niveau de décalage observé, Renault va devoir s'expliquer. Et convaincre que le problème est avant tout le fruit de choix technologiques minimalistes - Renault a fait le pari de la technologie « piège à NOx » plutôt que des solutions plus évoluées de type SCR utilisées par PSA - qui peuvent être revus, et non pas de manipulations destinées à respecter les normes tout en bloquant les systèmes sur la route. Les ministres Ségolène Royal et Emmanuel Macron ont de leur côté affirmé, tout comme le constructeur, qu'il n'y avait aucun logiciel truqueur.
Parmi les 10 résultats de tests déjà partagés - 22 ont été menés au total - d'autres marques sont pointées du doigt, comme Ford sur un C-Max Euro 6 lors du test sur circuit, ou Mercedes, dont une Classe S 350 Euro 6 a donné des résultats incohérents. Les deux constructeurs martèlent qu'ils n'ont intégré aucun logiciel. A l'inverse, PSA, Toyota ou BMW ont pour l'heure passé les tests avec succès.