Crédit Agricole : une finale à trois pour remplacer Philippe Brassac
Le comité des nominations doit se réunir la semaine prochaine pour arrêter le nom du futur patron de Crédit Agricole SA, qui sera proposé lors d'un conseil d'administration prévu le 17 décembre. Il ne reste plus que trois candidats dans la course pour succéder à Philippe Brassac.
Sous pression, jusqu'au bout. La liste des prétendants à la succession de Philippe Brassac à la tête du Crédit Agricole se resserre. Selon nos informations, il n'y a plus que trois candidats dans la course sur les six qui étaient en lice. Le comité des nominations - qui joue un rôle décisif - doit se réunir la semaine prochaine pour trancher. Il proposera ensuite un seul nom, lors d'un conseil d'administration de Crédit Agricole SA prévu le 17 décembre. Avec pour objectif d'adouber le futur directeur général du groupe.
Si les administrateurs ont bien reçu la convocation à cette réunion, ils n'ont en revanche aucun ordre du jour, sans doute pour limiter les fuites, indiquait une source vendredi. « Ils devraient probablement le recevoir juste avant le conseil d'administration », ajoute un autre observateur. Peu de choses filtrent de ce processus de désignation ultra-verrouillé. Agé de 65 ans, Philippe Brassac a atteint la limite d'âge prévue par les statuts. Il doit passer le relais le 14 mai 2025, à l'issue de l'assemblée générale du groupe.
Olivier Gavalda, l'actuel directeur général de la banque universelle, donné favori depuis plusieurs mois, et Gérald Grégoire, directeur général adjoint chargé du pôle client et développement, restent qualifiés, ainsi qu'un autre candidat, ont indiqué plusieurs sources.
Concernant ce troisième homme, les informations divergent. Le nom de Stéphane Priami, le directeur général de Crédit Agricole Personal Finance & mobility, revient avec insistance. Mais celui de Michel Ganzin, directeur général du Crédit Agricole Ile-de-France, est aussi évoqué par d'autres sources. C'est le seul des candidats à diriger actuellement une caisse régionale.
N'est donc plus en course Jean-Paul Mazoyer, le directeur général adjoint en charge des technologies et du paiement qui devrait demeurer en première ligne dans le dossier Worldline. Même chose pour Jérôme Grivet, général délégué de CASA, chargé du « pilotage et des fonctions de contrôle ». Le fait qu'il ne soit pas passé par les caisses et son âge (62 ans) qui l'aurait contraint à un mandat très court, auraient joué contre lui. Il pourrait cependant jouer un rôle important dans la future équipe dirigeante.
A 61 ans, Olivier Gavalda n'aurait certes que quatre ans pour agir, une période plus courte que dans le passé récent du groupe. Mais il semble aujourd'hui le mieux placé. Certes, Gérald Grégoire, 50 ans et ancien patron de la caisse d'Alsace et des Vosges, pourrait incarner le rajeunissement de la direction de la banque. Mais cet argument n'est pas forcément un atout pour accéder à la plus haute fonction au sein de Crédit Agricole SA, estiment certaines sources, dans la mesure où elle pourrait donner à une génération de dirigeants quinquagénaires le sentiment que la route vers les sommets leur est désormais barrée.
Plusieurs chantiers attendent le futur patron de la banque. Une fois nommé, il n'aura que quelques mois pour travailler à l'élaboration de la prochaine feuille de route triennale de Crédit Agricole. Les objectifs du précédent « plan à moyen terme » (PMT) ont été fixés à horizon 2025. La question de l'efficacité opérationnelle devrait se retrouver au centre des préoccupations, ainsi que la montée en puissance des caisses régionales dans les nouveaux métiers autour de la santé et de l'énergie.
D'autres dossiers brûlants l'attendent, notamment l'avenir de Worldline, détenu à hauteur de 7 % par la banque mutualiste, et qui susciterait l'intérêt de fonds d'investissement. A l'étranger, la stratégie de Crédit Agricole en Italie sera aussi scrutée de près, au moment où le groupe s'emploie à défendre ses positions en réponse à l'offensive d'UniCredit sur Banco BPM. La banque vient d'ailleurs de passer à l'action en demandant au superviseur l'autorisation de monter à 15 % dans le capital de la troisième banque italienne.