Club Med : Fosun et Ardian prêts à lancer une contre-attaque
Le duo sino-français a jusqu’à vendredi soir pour déposer une contre-offre à celle de l’homme d’affaires italien Andrea Bonomi.
La bataille boursière autour du Club Méditerranée est sur le point d’être relancée. A la veille d’une échéance fatidique aujourd’hui, le conglomérat Fosun, partenaire chinois de l’exploitant de villages de vacances, et la société d’investissement Ardian, son allié et autre actionnaire clef du Club Med, travaillaient toujours ce soir, de concert, à finaliser une contre-offre à l’OPA lancée par l’homme d’affaires italien Andrea Bonomi . Ils ont jusqu’à vendredi soir pour l’annoncer.
Conformément au règlement boursier, le duo Fosun-Ardian, soutenu par la direction du Club, n’aura en effet encore quelques heures ce vendredi pour contrer l’OPA en cours de Global Resorts, la société d’acquisition ad hoc mise sur pied par Andrea Bonomi. Validée par l’Autorité des marchés financiers le 13 août, son terme a été fixé au 19 septembre. C’est pourquoi l’homme d’affaires italien aurait partie gagnée en l’absence d’une surenchère demain. Un « big bang » au retentissement mondial, dont le PDG du Club Méditerranée, Henri Giscard d’Estaing, à la tête du groupe depuis bientôt douze ans, serait le premier à faire les frais.
Global Resorts, qui propose d’acheter les actions Club Méditerranée au prix unitaire de 21 euros (le cours était inchangé hier à la clôture, à 21,27 euros), a « torpillé » l’OPA initiale du duo Fosun-Ardian, soutenue par le management de l’entreprise. Cette première offre, retirée le 14 août , reposait sur un prix unitaire de 17,50 euros, qui avait été établi au début de l’été 2013. Elle s’articulait aussi sur un investissement à parité de la part de Fosun et d’Ardian
Montée en puissance chinoise ?
Selon des sources concordantes, leur contre-offre aurait, en revanche, une tonalité chinoise plus prononcée, quand bien même Fosun a toujours été soucieux d’un équilibre entre les parties. Cela étant, les protagonistes ont dû revoir leur plan, faute d’appui tricolore additionnel dans leur contre-attaque. La Caisse des dépôts et consignations, d’emblée sollicitée, et le groupe Accor ont notamment été vainement appelés à la rescousse.
De fait, une montée en puissance de Fosun risque fort d’être au cœur d’une autre bataille, parallèle, celle de la communication. On pourrait toutefois arguer que le Club Med, en voie de mondialisation, est difficilement délocalisable... Tout comme on verrait mal, s’il était invoqué, le caractère stratégique d’un exploitant de villages de vacances repositionné haut de gamme. En réalité, le vrai sujet est la pertinence ou non de la stratégie de montée en gamme du Club menée par Henri Giscard d’Estaing et l’amplification de sa mondialisation à moindre engagement capitalistique. Publié récemment, le chiffre d’affaires du groupe pour le troisième trimestre de son exercice 2013-2014 montrait, à son tour, que le groupe a un problème sur le marché français