Difficile cependant de dresser un bilan global des conséquences de ce mouvement tant les groupes de luxe restent discrets. Si les devantures de ces griffes ont été protégées après les premières manifestations, afin d'éviter toute nouvelle casse, en revanche, comme le reste du commerce, leurs magasins ont subi un manque à gagner lié à leur fermeture. Et ce, alors que la période de fêtes demeure un moment phare de l'activité avec, en général, des ventes qui doublent comparées à un mois classique.

Répercussions à long terme

Les répercussions risquent surtout de se faire sentir à long terme, du fait d'une chute possible de la fréquentation touristique. Dans une étude, la banque d'investissement Berenberg souligne que « compte tenu de la forte exposition de l'industrie du luxe au tourisme (50 % des ventes en Europe) et à la France (5 % des ventes), l'escalade de protestations et son impact négatif sur l'activité doivent être surveillés avec attention ». Les Chinois notamment, la principale clientèle de ces marques dans le monde, pourraient éviter Paris. « Cependant, note Berenberg, ces touristes se tourneront vers une autre destination où ils dépenseront dans les boutiques de luxe dans les mêmes proportions ».

Dans les biens d'équipement, l'ameublement et l'électroménager ont aussi été frappés. Or, l'achat d'une table ou d'un aspirateur peut être reporté, plus facilement que celui de produits alimentaires, ou de jouets en cette période de Noël. Leurs fédérations professionnelles ont demandé que la bienveillance des services fiscaux et sociaux pour décembre soit prolongée en janvier.