Le Point : Vincent Crase, l'alter ego de Benalla, a perçu près de 300 000 euros

Vincent Crase, l'alter ego de Benalla, a perçu près de 300 000 euros d'un proche de Vladimir Poutine - http://bit.ly/2R2YIXq

Un mois avant son limogeage, le gendarme de réserve a reçu sur son compte 294 000 euros de la part d'un oligarque russe, une somme qui fait tiquer Tracfin.

Le salarié d'En marche !, mis en examen dans l'affaire Alexandre Benalla, est dans le collimateur. Vincent Crase, 45 ans, gendarme de réserve exclu depuis sa mise en cause le 19 juillet dans l'interpellation d'un manifestant place de la Contrescarpe, surveillait l'accès au palais de l'Élysée avec les policiers de la direction de l'ordre public et de la circulation et les gendarmes de la compagnie de sécurité de la présidence de la République.

Mais l'ambitieux Vincent Crase ne se contente pas de son statut d'employé. Il a également créé Mars conseil, une PME de conciergerie de luxe chargée de fournir des prestations à des gens fortunés, comme un chauffeur ou du personnel de sécurité. Une société sans grande activité jusqu'à son limogeage de l'Élysée et d'En marche ! en juillet.

Pourtant, un mois avant, Mars conseil signe un contrat de 294 000 euros avec Iskander Makhmudov pour la protection de l'oligarque russe et celle de ses enfants. Makhmudov est l'un des actionnaires de Kalashnikov, la célèbre marque de fusil-mitrailleur, et considéré comme un proche de Vladimir Poutine. Forbes le classe au 22e rang des fortunes russes. Des médias étrangers le présentent comme un mafieux bien qu'il n'ait fait l'objet d'aucune condamnation en Europe à ce jour. Virée en juin sur le compte en banque de Vincent Crase, la somme a fait tiquer Tracfin, l'organisme anti-blanchiment de capitaux du ministère de l'Économie et des Finances.

Une prestation sous-traitée à l'ancien employeur de Benalla
Selon nos informations, pour réaliser son contrat russe, Crase a eu recours à l'entreprise Velours, ancien employeur d'Alexandre Benalla. «  C'est Vincent Crase qui m'a présenté aux dirigeants de Velours en 2012. Il les connaissait avant moi  », affirme Alexandre Benalla au Point. Ce dernier y a travaillé de 2013 à 2015. «  Je n'ai rien à voir avec cette histoire. On continue à vouloir me salir alors que ce contrat relève de la vie privée et professionnelle de M. Crase qui est mon ami, n'en déplaise à certains.  »

Contacté, Velours tient à préciser : «  Nous avons effectué une partie de la prestation : Mars a reversé aux alentours de 65 000 euros par mois pour une prestation commencée en juillet qui devait durer trois mois. Mais nous avons mis fin au contrat prématurément, en septembre, après la mise en cause judiciaire de Vincent Crase et Alexandre Benalla.  »

Contacté, Vincent Crase n'a pas souhaité commenter cette affaire dans l'affaire.