Le Point : Le vaudeville permanent

Le vaudeville permanent
Le Point - Publié le 24/11/2014 à 06:31 - Modifié le 24/11/2014 à 06:37
Najat Vallaud-Belkacem, Arnaud Montebourg et bien sûr François Hollande font exploser les dernières frontières entre politique et vie privée.

Mauvais week-end pour les défenseurs de la stricte séparation entre intimité et vie publique. Najat Vallaud-Belkacem a fait sur France 3 l'éloge de son mari Boris Vallaud, qui vient d'être nommé secrétaire général adjoint de l'Élysée : "Un homme doté d'immenses qualités, c'est pour ça que je l'ai choisi, c'est pour ça que d'autres le choisissent pour exercer des responsabilités professionnelles." Pour ce genre de remarques, la ministre de l'Éducation mérite une pastille rouge, qui montre, selon les critères de notation qu'elle affectionne, qu'elle a tout faux !

Pendant ce temps, Arnaud Montebourg, qui n'avait pas écrit sur Twitter depuis des jours, sort du silence ce dimanche 23 novembre avec ces mots : "Retour à Florange : le texte si juste d'Aurélie Filippetti." Il fait la promotion d'une tribune écrite par sa bien-aimée sur le site de Mediapart. Qui s'exprime ainsi ? L'ancien ministre du Redressement productif ? Le futur candidat à la primaire socialiste ? Ou l'amoureux transi que le mélange des genres n'effraie pas le moins du monde ? L'année prochaine, le socialiste le plus célèbre de Saône-et-Loire devrait penser à rebaptiser la Fête de la rose qu'il anime chaque fin d'été en Fête à l'eau de rose.

La tournée mondiale de Valérie Trierweiler

Le président en personne montre, il est vrai, le mauvais exemple. Tandis qu'il fait la une de Voici attablé avec sa nouvelle conquête dans les jardins de l'Élysée, son ex entame une tournée mondiale. Elle vitupère sur les ondes de la BBC contre sa personne et sa politique. François Hollande est-il victime d'un voyeurisme grandissant ? Non, il est avant tout coupable. Coupable d'avoir étalé son bonheur conjugal passé dans les colonnes de magazines people. Coupable d'avoir déclaré publiquement, comme un collégien attardé, que Valérie Trierweiler était la femme de sa vie, alors que ses sentiments ne regardent pas les Français. Coupable de l'avoir installée en vraie-fausse première dame, position qu'elle a perdue mais dont elle recueille, à retardement, d'embarrassants dividendes.

C'est, curieusement, au moment où la situation du pays réclame du courage et du sérieux comme jamais que se multiplient ces intrusions grotesques de la vie privée dans l'expression des responsables politiques.