Vaccination contre la dengue : le fiasco de Sanofi
Le laboratoire français est-il allé trop vite ? Après le décès de plusieurs enfants aux Philippines, l’industriel a dû interrompre brutalement sa campagne contre cette maladie tropicale.
Tous les ingrédients d’un succès étaient pourtant réunis. En 2008, Sanofi acquiert pour 332 millions d’euros une petite biotech anglo-américaine, Acambis, qui a mis au point un vaccin prometteur contre la dengue. Créé à partir du virus de la fièvre jaune génétiquement modifié pour exprimer certaines protéines de la dengue, il se distingue des vaccins testés jusque-là sans succès, y compris par Sanofi. Le laboratoire français imagine alors avoir mis la main sur le Graal : un vaccin permettant d’éviter plus de 3 millions de cas de dengue sévère et environ 10 000 décès par an sur 100 millions de cas symptomatiques. Qui ferait économiser plus de 7,2 milliards d’euros annuels à des pays en développement. Et qui pourrait rapporter plus de 1 milliard d’euros par an au laboratoire.
Le seul test possible se fait sur l’homme
Avec la technologie d’Acambis, Sanofi ambitionne de protéger simultanément