Le Figaro ; Patrick Drahi, retour sur le parcours atypique du discret patron d’A

Patrick Drahi, retour sur le parcours atypique du discret patron d’Altice
Par Elsa Bembaron

PORTRAIT - À la tête d’un véritable empire des médias et des télécoms, l’homme d’affaires fait face à une nouvelle tempête.

La crise de trop ? Altice, la maison mère de SFR et de BFM notamment, est une fois de plus dans la tourmente. Armando Pereira, longtemps présenté comme le numéro deux «officieux» du groupe, associé historique du patron et fondateur d’Alice Patrick Drahi, est désormais un traître aux yeux de ce dernier. Armando Pereira, l’homme aux onze accusations pour fraude fiscale, faux et usage de faux, blanchiment... aurait à la fois floué le fisc portugais et Altice, l’entreprise de son ami de trente ans. Le préjudice atteindrait plusieurs centaines de millions d'euros, selon les estimations provisoires. Cette «trahison» peut-elle conduire à sa perte à un groupe bâti avec patience, mais aussi avec beaucoup d’audace, depuis vingt-cinq ans? Va-t-elle écorner la confiance des investisseurs et des créditeurs d’Altice, dont la dette totale frôle les 60 milliards d’euros? En 2017, une première crise, déjà liée à la dette du groupe, mais aussi à des choix stratégiques critiqués par les observateurs du marché avait ébranlé Altice. Mais sans le faire vaciller. Le très discret patron était alors sorti de l’ombre pour défendre son entreprise devant les financiers et la sauver d’un naufrage annoncé.

Le pari du câble
L’histoire de Patrick Drahi est celle d'un homme qui s'est construit lui-même. Né à Casablanca en 1963, fils de professeurs de mathématiques, élève brillant, bachelier à 16 ans au lycée de Montpellier, il intègre Polytechnique, Télécoms Paris et décroche un DEA d'optique. Très tôt, cet homme ambitieux mise sur le câble. Pourquoi ce choix? Il raconte avoir regardé «le top 100 des fortunes américaines, il y en avait dix dans le câble». Pourquoi pas lui… ? Il mise sur ce marché dès la fin des années 1990, alors que cette technologie est délaissée en France. Après avoir créé puis revendu une première entreprise, il se lance en reprenant des petits opérateurs du câble dans le sud et l'est de la France.

Patrick Drahi constitue sa société Altice en 2002, et surtout son équipe de fidèles. Armando Pereira, son associé de la première heure, est l'homme du terrain. Il a construit son expérience dans les entreprises de BTP qui posent le câble. Encore plus discret que Patrick Drahi, il a un temps été en charge de SFR. C'est aussi dans les années 2000 que Patrick Drahi rencontre Dexter Goei, alors banquier d'affaires chez Morgan Stanley avant de rejoindre Altice en 2009, dont il est longtemps le directeur financier avant d'en prendre la direction générale le 9 novembre 2017, en pleine tempête. Il en est le président exécutif depuis 2022 aux côtés d’un nouveau directeur général.

Jérémie Bonnin est repéré lors d'une mission d'audit menée par KPMG. Patrick Drahi embauche le jeune homme qui le considère comme «un grand frère». Il en fait le secrétaire général de son groupe… et à l'occasion, son partenaire au tennis. L'homme d'affaires ne travaille qu'avec des personnes qu'il connaît, dans lesquelles il a une totale confiance et qui lui font confiance. Qu'on ne s'y trompe pas. Il aime agir en mode commando, même si le patron c'est bien lui. Il est le seul maître à bord. «Seul Armando peut le contredire en public», confiait un proche il y a quelques années. Une confiance rompue. Une partie de la garde rapprochée a poignardé César dans le dos. Patrick Drahi va devoir revoir ses amitiés. On comprend mieux les paroles prononcées ce 7 août, devant des investisseurs : «Cette affaire a été un choc et une déception. Je me sens trahi (...) Si les suspicions du fisc se révèlent vraies, cela voudrait dire qu'un petit groupe d'individus a caché ses actions et profité de certaines de nos acquisitions au détriment d'Altice et de ma réputation».

Une construction financière
Pour racheter ses entreprises, Patrick Drahi fait appel à des investisseurs en France et aux États-Unis. Société générale Capital et Pechel Industries sont les premiers à lui faire confiance, puis c'est au tour du fonds de capital-investissement britannique Cinven. Le mécanisme est toujours le même: une partie du rachat est financée par les investisseurs et le solde par de la dette. Celle-ci est ensuite remboursée par l'entreprise rachetée, qui, de ce fait, doit augmenter ses bénéfices pour pouvoir faire face aux échéances de ses emprunts. Un montage classique, prisé des financiers. Pour augmenter les revenus indispensables au remboursement de la dette et des intérêts, la méthode du duo Pereira/Drahi est bien rodée: on coupe dans les coûts, sans état d'âme.

Les premières victimes sont généralement les sous-traitants. Patrick Drahi les classe en trois catégories: ceux qu'il faut payer, ceux qui seront réglés parce qu'ils insistent - en faisant intervenir des huissiers par exemple - et ceux qui ne verront jamais la couleur d'un règlement. À cela s'ajoute la renégociation systématique des contrats, avec pour objectif de faire baisser les factures de 30 %.

Enfin, les salariés ne sont pas épargnés, avec des réductions d'effectifs portant généralement sur 30 % des équipes. Ensuite, l'ensemble de l'organisation est revu. Les premiers visés sont les plus hauts salaires. «Je n'aime pas payer des salaires, je préfère attribuer des actions», aime à répéter Patrick Drahi, tout aussi réfractaire aux consultants: «Quand un manager me présente un consultant… je vire le manager et je garde le consultant.»

En 2004, il rachète les activités câbles de France Télécom (qui deviendra Orange), de TDF et de Canal + pour 500 millions d'euros et constitue Numericable. Deux ans plus tard, Noos, autre câblo-opérateur, tombe dans son escarcelle. La situation de ce dernier est critique, les salariés sont en grève, les clients mécontents. La fusion avec Numericable tourne au fiasco: des clients sont facturés plusieurs fois pour les mêmes prestations ou voient leur note s'envoler. Dans les boutiques, ce n'est que colère et mécontentements. «Patrick Drahi m'avait dit que ce serait très dur pendant deux ans, il s'est trompé, cela a été très difficile pendant quatre ans», confie Hélène Ploix, associée et cofondatrice de Pechel Industries dans Patrick Drahi, l'ogre des networks*. Ce qui n'empêche pas l'entrepreneur du câble de poursuivre les acquisitions… et de mettre le cap sur Israël. Il commence à y racheter des actions de Hot Mobile dès 2009 pour finalement acquérir l'intégralité de la société quelques années plus tard.

En homme d'affaires prévoyant, Patrick Drahi double ses acquisitions dans les télécoms d'investissements immobiliers. Il possède plusieurs propriétés en Suisse, à Genève et Zermatt, où il réside et skie. Il est aussi propriétaire d'une villa dans le XVIe arrondissement à Paris, d'un appartement à New York… Quand il se lance en Israël, il veut aussi un «pied-à-terre» à Tel-Aviv. Il lorgne un immeuble neuf avenue Rothschild, face à la mer. Mais tous les appartements ont déjà été vendus. L'entrepreneur pose alors ses conditions à ses banquiers d'affaires: d'accord pour racheter Hot Mobile, mais à condition d'obtenir un logement dans cet immeuble. Il obtient gain de cause, l'architecte de l'immeuble lui cède les quatre appartements qu'il s'était réservés, un étage entier, avec une vue panoramique sur la Méditerranée, la ville et ses environs.

Une chaîne de télévision en Israël
C'est aussi en Israël que le magnat des télécoms fait ses débuts dans les médias. En 2013, il lance la chaîne d'informations i24News, «pour rééquilibrer la donne au Proche-Orient, avec une approche objective et factuelle». Trois rédactions sont constituées, pour trois langues: le français, l'anglais et l'arabe.

C'est en 2014 que Patrick Drahi va faire la une des journaux en France. À la surprise générale, cet entrepreneur, qui ne fait pas encore partie du premier cercle des capitaines d'industrie, propose à Vivendi de racheter SFR alors que son groupe est dix fois plus petit. L'audace a failli payer. Le groupe Vivendi, alors dirigé par Jean-René Fourtou, veut se défaire de cette activité et une vente paraît plus sûre et plus rapide à boucler qu'une introduction en Bourse. C'était sans compter sur un invité surprise: Martin Bouygues. Le patron du groupe éponyme, présent dans les télécoms avec Bouygues Telecom, fait une contre-offre. S'ensuit une folle succession d'enchères et de surenchères. Les invectives fusent. Le gouvernement de l'époque s'en mêle en la personne d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, qui vient soutenir le groupe Bouygues.

Bouygues bien décidé à s'offrir le numéro deux français des télécoms se trouve des alliés inattendus pour mener son opération: Orange et Free. Le premier solde les nombreux litiges juridiques en lui signant un chèque de 400 millions d'euros, un cash bienvenu pour financer une éventuelle acquisition. Le second, honni par Martin Bouygues depuis son entrée sur le marché du mobile, propose de lui racheter une partie de son réseau. «Tout le monde était contre Patrick Drahi, à la fin ça le rend sympathique», confiait alors un de ses concurrents.

La bataille boursière ne dure que quatre mois, mais les rebondissements sont quasiment quotidiens: «Bouygues Telecom est une grosse organisation, pas très agile. Quand un conseil d'administration était convoqué, nous savions ce que cela voulait dire, c'était l'annonce d'une nouvelle offre. La force de l'équipe de Patrick, c'était sa grande rapidité de décision», se souvient Bernard Mourad, alors banquier d'affaires chez Morgan Stanley et conseil d'Altice. Face à une armée d'avocats et de juristes, le «commando» de Patrick Drahi est à l'œuvre. Ils anticipent les coups de leur adversaire et n'ont pas leur pareil pour mobiliser 500 millions d'euros supplémentaires en quelques heures pour améliorer leur offre.

Au total, Altice débourse 17 milliards d'euros pour emporter SFR. S'ouvre alors une période d'euphorie pour Patrick Drahi. Rien ne semble pouvoir l'arrêter. Le contrat n'est pas encore signé que déjà il part à la conquête du Portugal où il met la main sur l'opérateur historique, Portugal Telecom. L'Europe ne lui suffit plus. Fin 2015, cap sur les États-Unis, où il boucle coup sur coup l'acquisition de deux câblo-opérateurs, Cablevision et Suddenlink pour respectivement 17 et 7 milliards de dollars… La dette grossit. La colline devient une montagne jusqu'à atteindre 51 milliards d'euros. «Je dors mieux avec 50 milliards de dette qu'avec les 50.000 francs d'emprunt de mes débuts», fanfaronne Patrick Drahi devant les sénateurs en 2016. La déclaration, provocante, est une façon de dire qu'il est certain de la capacité de ses entreprises à rembourser leurs dettes.

Qu'est-ce qui fait courir les investisseurs dans de telles conditions? L'homme d'affaires n'a pas son pareil pour faire des démonstrations mathématiques, il compte vite, très vite. Ses raisonnements sont implacables, ses plans semblent devoir se dérouler sans anicroches. Il explique ainsi comment grâce à son réseau câble il va pouvoir réaliser 600 millions d'euros d'économies par an chez SFR, comment il va être capable d'augmenter progressivement le montant des abonnements en ajoutant des services supplémentaires. Sur le papier, tout est limpide, simple, lumineux… à condition que les clients acceptent de faire ce qu'il avait prévu: qu'ils s'abonnent en masse, si possible aux tarifs les plus élevés! L’histoire va prouver que tout n’est pas si simple. Mais Patrick Drahi, financier hors pair, est un virtuose de la renégociation des crédits. Il jongle avec les milliards de sa dette.

Les banquiers en sont fans
Autre élément qui explique l'attraction qu'a exercée Patrick Drahi sur les financiers: sa capacité à bien les rémunérer. Il négocie tout, sauf leur rétribution. Cinven se félicite encore de cette ancienne collaboration avec l'homme d'affaires français. Jamais un fonds d'investissement n'a gagné autant d'argent en accompagnant des opérations de rachat par endettement que Cinven avec Altice: un gain de 1,7 milliard pour une mise de fonds de 528 millions d'euros en 2005. La banque Morgan Stanley a perçu 100 millions de dollars de commission pour son rôle dans le rachat de SFR.

Les banquiers ont longtemps eu les yeux qui brillent quand ils parlaient de Patrick Drahi. Ils étaient prêts à tout lui vendre: Time Warner Cable pour 60 milliards de dollars en 2015, une opération à laquelle le tycoon renonce de lui-même très vite «trop gros, trop tôt». Mais ce n'est pas tout: en septembre 2017, quelques semaines seulement avant la chute de son groupe en Bourse, ces mêmes financiers regardaient très sérieusement une possibilité d'achat du câblo-opérateur américain Charter pour 180 milliards de dollars! Patrick Drahi a aussi essayé de racheter Bouygues Telecom en 2015 pour 10 milliards d'euros. Martin Bouygues l'avait alors sèchement éconduit: «Tout n'est pas à vendre.» Depuis, les relations sont restées tendues entre les deux hommes.

Un empire des médias
Au fil des années, l'homme des télécoms a étendu son emprise dans les médias, passant par la presse écrite avant de ne conserver que l’audiovisuel. En 2014, alors qu'il s'apprête à racheter SFR, Libération est au plus mal. Il faut 14 millions d'euros pour éviter la chute du quotidien. Le gouvernement de François Hollande verrait d'un assez mauvais œil la disparition d'un journal de gauche sous sa mandature. Il faut sauver le soldat Libé. Patrick Drahi accepte et applique sa méthode de restructuration. Au total, plus de cent salariés quittent le journal. Dans la foulée, il met la main sur le groupe Express-Expansion, dont il revendra rapidement une grande partie des titres, notamment L'Étudiant, pour ne conserver que L'Express pendant quelques années. Patrick Drahi se sépare de Libé en plaçant le journal au sein d’un fonds de dotation en 2020. Début 2023, il cède L’express à Alain Weill, auquel il a racheté NextradioTV en 2015 !

Pour la petite histoire, Xavier Niel, qui détenait une participation dans le groupe, la cède pour laisser la place à Patrick Drahi. Au passage, le patron de Free réalise une plus-value confortable. Alain Weill, qui a fait passer BFM de la radio à la télé, restera quelques années aux commandes de cet ensemble. Il grimpe même rapidement dans l'organigramme d'Altice, alors qu'il a cédé toutes ses parts dans NextradioTV à Patrick Drahi. Les deux hommes, qui se connaissaient de longue date, sans réellement se fréquenter jusqu'alors, s'apprécient. Ils lancent l'antenne américaine d'i24News à New York, BFM Paris… Patrick Drahi s'imagine «refaire CNN». Rien ne semble alors impossible. Il en fait d'ailleurs le nouveau slogan de son groupe, lancé en fanfare en mai 2017 «Together has no Limits». Sauf celles posées par les marchés financiers. Et les clients. Alain Weill a lui quitté le groupe Altice en juin 2021.

Patrick Drahi a beau avoir une formidable vista financière et un culot à toute épreuve, il n'a aucun talent pour le marketing et le recrutement de nouveaux abonnés. Deux ans après son rachat, SFR avait perdu plus de 2 millions de clients. Il aura fallu plus de cinq ans pour le portefeuille d’abonné remonte, essentiellement grâce au rachat de plusieurs opérateurs mobile virtuel, dont SFR a repris la clientèle. Côté finances, Patrick Drahi a retiré SFR de la cote pour l’intégrer à Altice Europe, dont l’opérateur français constitue l’essentiel des opérations. La crise de 2017 a conduit le patron à scinder son groupe en deux, pour séparer ses activés américaines de l’Europe. Altice USA est la seule entité à être encore cotée, mais elle a vu son action s’effondrer. Au plus haut le titre avait atteint 37 dollars, en mai 2021. Aujourd’hui, il vaut un peu plus de 3 dollars.... seulement. En 2021, Patrick Drahi a aussi bouclé une OPA sur Altice Europe (SFR, BFM, ROC), qui était alors coté à Amsterdam, pour en reprendre entièrement le contrôle. Les activités portugaises du groupe, mais aussi celles de République Dominicaine et Hot, l’opérateur israélien, sont logées dans Altice International. Une façon de compartimenter les différentes sociétés pour éviter les effets dominos en cas de difficultés.

Une incursion dans le football
La crise de 2017 avait brutalement freiné les ambitions de croissance d’Altice. Après avoir fait une pause de dix-huit mois, il était question que le groupe recommence sa politique d'achat d'entreprises, particulièrement aux États-Unis. Raté. Mais si Altice a cessé les emplettes pour passer à la cession d’actifs, le groupe a notamment vendu une partie de son réseau fibre et mobile à des fonds d’investissement, Patrick Drahi a, lui, continué ses achats. L’insatiable homme d’affaires a racheté à titre personnel la prestigieuse maison d’enchère Sotheby’s pour 3,7 milliards de dollars en 2019. Il a aussi pris une participation dans l’opérateur télécoms britannique BT, portée à 25% au printemps 2023.

Comme en 2017, la question qui se pose aujourd’hui est celle de l’endettement, passé en 5 ans de 51 à 60 milliards d’euros. Entre-temps, Altice aura mené quelques campagnes flamboyantes, mais pas toujours couronnées de succès. Comme celle qui l’aura conduit à racheter les droits du foot français pour trois ans et plus d’un milliard d’euros. Une opération qui devait lui permettre de jouer la carte de la convergence entre les contenus (le foot) et les contenant (les offres télécoms) et qui n’aura pas tenu ses promesses. Dès la fin des années 2020, Patrick Drahi a fait une croix sur ses ambitions dans les contenus, le foot, les rêves de paillettes d’Altice Studios, de création de contenus originaux ont bien vite été relégués aux oubliettes. Déjà, il fallait couper dans les dépenses inutiles.

60 milliards d'euros à rembourser
En 2017, Patrick Drahi avait fait du recrutement de nouveaux clients chez SFR une priorité. Cette fois, il s’engage à désendetter son groupe «quoi qu’il en coûte», tout en réaffirmant son attachement à la France et à SFR. Un défi à la mesure de l’importance de la dette portée par l’opérateur français, 24 milliards d’euros. La hausse des taux d’intérêt risque de jouer en sa défaveur, mais il bénéficie d’un contexte concurrentiel plus propice. L’essentiel du déploiement de la fibre, un chantier ô combien coûteux pour les opérateurs, a été fait. La guerre des prix qui a fait rage pendant dix ans sur le marché des télécoms français s’est apaisée, laissant à SFR une petite marge de manœuvre pour remonter ses prix. À moins que ses concurrents, taquins, ne profitent de l’occasion pour relancer une nouvelle bataille.