Patrick Drahi cède près de la moitié du capital de SFR à ses créanciers pour en garder le contrôle
INFO LE FIGARO - Après des négociations serrées d’un an, les créanciers devrait s’engager à réduire leur dette de 8,6 milliards. En échange, ils vont récupérer 45% du capital du propriétaire d’Altice France.
Fumée blanche chez Altice France. Selon nos informations et après un an d’un bras de fer intense, l’homme d’affaires Patrick Drahi et ses créanciers sont tombés d’accord sur la restructuration de la dette colossale de la holding détenant SFR, dont le montant atteignait la bagatelle de 24 milliards d’euros. Une situation intenable pour le milliardaire, menacé de perdre le contrôle de son groupe malgré les cessions en 2024 de son pôle média BFMTV-RMC a Rodolphe Saadé ainsi qu’une partie des data center de SFR pour se renflouer.
«Un sentiment de fin de règne»: depuis un an, l’empire de Patrick Drahi ébranlé : http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/un-sentiment-de-fin-de-regne-depuis-un-an-l-empire-de-patrick-drahi-ebranle-20240829
Après une négociation serrée avec ses porteurs de dette, le milliardaire réussit finalement à garder les manettes. En échange d’une réduction d’un volume significatif de sa dette - environ 8,6 milliards sur les 24 milliards, opération d’une ampleur jamais vue en France -, les créanciers vont prendre un peu moins de la moitié du capital (45%), selon un proche des négociations. Trois ans après le rachat des actions des entités françaises et le retrait de la Bourse, Patrick Drahi va donc devoir collaborer de nouveau avec des actionnaires minoritaires.
Donner de l’air à Altice
Dans la corbeille de l’accord, les créanciers obtiennent également de meilleurs taux d’intérêts pour leurs créances, ainsi qu’un paiement cash de la part d’Altice, qui devrait atteindre 2 milliard d’euros en plus des 700 millions réglés aux créanciers au titre des échanges prévues en 2025. « Pour les créanciers sécurisés, l’accord est intéressant : ils récupèrent du cash, obtiennent du capital de la société, conservent une dette qui sera rémunérée », souligne un proche des porteurs de dette.
Grâce à cet accord qui réduit sa dette de 24 à 15,9 milliards, Altice fait également baisser la charge des intérêts de 400 millions d’euros par an. Il repousse enfin le fardeau immédiat des échéances de dette. Aucune grosse maturité n’est prévue jusqu’en 2030. Et la maturité moyenne des obligations passe de 3,1 à 6,1 ans, certaines ayant été repoussées jusqu’à 2033. De quoi donner un peu d’air à SFR, opérateur dont les performances commerciales ne cessent de se dégrader depuis deux ans.
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