Iliad, Orange, Capgemini, Bull, EDF… Une « dream team » française pour accueillir l’un des méga-data centers IA européen
Ils lancent un consortium pour candidater à l’appel à projet « AI Gigafactories » portées par Bruxelles et dont les lauréats seront annoncés à l’automne. La bataille s’annonce rude au niveau européen pour décrocher l’un de ces projets à 10 milliards d’euros l’unité.
La France entre officiellement dans la bataille pour les méga-centres de données portés par Bruxelles. La Commission fait monter depuis un an la pression autour de « AI Gigafactory », cet appel à projets pour la création d’infrastructures à 10 milliards d’euros l’unité et visant à répondre à l’essor de l’intelligence artificielle. Alors que les lauréats sont attendus à l’automne, des poids lourds français du numérique et de l’énergie se réunissent. Les opérateurs télécoms Iliad et Orange, le fournisseur de cloud Scaleway, le fonds d’infrastructure Ardian, les sociétés de services Capgemini et Artefact, le fabricant de supercalculateurs Bull ou encore l’énergéticien EDF ont décidé d’unir leurs forces pour déposer un dossier commun dans cet appel à candidature.
« Dans les prochaines années, la compétitivité des économies européennes dépendra directement de leur capacité à accéder à une puissance de calcul massive, disponible, compétitive et souveraine », expliquent ces différents groupes dans un communiqué commun. Bruxelles débloquera 20 milliards d’euros pour soutenir ces méga-usines devant compter chacune au moins l’équivalent de 100 000 puces IA de dernière génération et qui serviront pour l’entraînement comme le fonctionnement des modèles d’IA.
Autant dire que la concurrence va faire rage pour décrocher ces aides, sachant qu’une demi-douzaine de projets, tout au plus, devraient être soutenus. Or l’appel a manifestation d’intérêt lancé par Bruxelles a suscité 80 réponses (d’entreprises seules ou en consortium) dans 16 pays de l’UE. La France comptait il y a encore quelques semaines une dizaine d’acteurs intéressés. Conscients que la dispersion n’était pas dans l’intérêt de l’Hexagone, d’autant que la Commission ne devrait retenir qu’un seul projet par pays, une bonne partie d’entre eux ont décidé de se réunir sous la bannière du consortium AION. Ce dernier a été lancé en juin 2025 à l’initiative de Scaleway, filiale du groupe Iliad. L’an passé, ce fournisseur de cloud indiquait sa volonté de créer une infrastructure équivalente à 200MW de capacité de calcul informatique.
Un écosystème vaste de partenaires
Au-delà des membres les plus éminents, le consortium assure s’appuyer sur un écosystème plus large de partenaires, académiques et industriels ainsi que des utilisateurs. On y trouve le Crédit agricole, Equans, Future4Care, GENCI, Hugging Face, INRIA, Kyutai, LightOn, Multiverse Computing, Nokia, Opcore, Quandela, PariSanté Campus, Schneider Electric, SiPearl, Sopra Steria, Verne, VSORA et ZML. « C’est un moment fondateur, assure Thomas Reynaud, patron de l’opérateur Iliad qui se trouve être également la maison mère de Scaleway. AION constitue une force de frappe technologique sans précédent, un concentré du savoir-faire numérique, industriel et énergétique français et européen ».
Les acteurs estiment que la France a des atouts pour obtenir le précieux sésame à Bruxelles. Ils rappellent que la France dispose d’une électricité bas carbone et compétitive grâce au nucléaire, mais également d’un écosystème d’IA parmi les plus dynamiques à l’échelle européenne. « En accueillant une AI Gigafactory sur son territoire, la France réunit toutes les conditions pour renforcer la souveraineté technologique européenne », insistent les membres du consortium dans leur communiqué. Charge désormais à la « dream team » française de monter un dossier robuste.