Grâce à Google Earth, regardez comment la Terre a changé depuis 30 ans

L'application de cartographie de Google permet de comparer des images prises depuis 1984 par les satellites américains Landsat avec des images européennes plus récentes. Le résultat est sidérant.
En 30 ans, l'activité humaine a, par endroits, profondément modifié la surface de notre planète, comme l'illustre à merveille une nouvelle fonction de Google Earth, la célèbre application de cartographie mondiale de l'entreprise californienne. En compilant 5 millions d'images de la surface de la Terre prises depuis 1984 par les multiples satellites américains Landsat (NASA/USGS), et plus récemment avec celles issues de Sentinel-2A, du programme européen Copernicus (UE/ESA), Google Earth permet désormais de voir l'évolution de notre planète, année après année.
Parmi les mauvaises nouvelles pour l'environnement, on peut constater la rapidité de la déforestation en Amazonie, avec un grignotage systématique de la forêt le long des routes nouvelles, ou suivre quartier par quartier l'empreinte grandissante des villes dans de nombreuses régions du globe, de Dubaï à Las Vegas en passant par les mégalopoles chinoises. Les changements climatiques laissent aussi des traces visibles, comme la dislocation des glaciers de l'Antarctique ou la fonte d'un immense glacier en Alaska. Mais tous les changements visibles ne sont pas négatifs, avec l'apparition rapide dans certains déserts d'immenses centrales solaires, ou des parcs d'éoliennes off-shore, au large de certaines côtes européennes, comme entre le Danemark et la Suède dans la Baltique par exemple.
Dans l'État de Rondonia au Brésil, dans l'ouest de l'Amazonie la déforestation progresse le long des routes percées dans la forêt, créant de grandes structures en râteau, jusqu'à ce que toute trace de la forêt vierge ne finisse pas disparaître. L'échelle du phénomène peut être constatée en dézoomant sur la carte ci-dessus.
Le glacier Columbia en Alaska se jette jusque dans la mer dans la baie du Prince William. Il détient le triste record d'être celui qui recule le plus rapidement dans le monde à cause du réchauffement. Depuis les années 1980, il a perdu près de 17 km en longueur, et 400 mètres en épaisseur.
La ville de Dubaï symbolise tous les excès d'une urbanisation galopante, avec la plus haute tour du monde, des quartiers entiers gagnés sur le désert, mais surtout d'impressionnants archipels artificiels très clairement visibles par des satellites orbitant pourtant à 700 km d'altitude.
En Arabie Saoudite, d'immenses systèmes d'irrigation à pivot central ont donné naissance à des grandes structures circulaires verdissantes au milieu du désert. Mais ce boom de l'agriculture saoudienne risque de ne pas durer: l'eau pompée dans des nappes phréatiques profondes, allant jusqu'à 1 km de profondeur, est une ressource fossile, qui ne se renouvelle pas. Et une étude estime que 80% de l'immense ressource initiale, 500 kilomètres cubes d'eau potable, a déjà été pompée en moins d'une génération.
A Longyangxia, dans le nord est aride de la Chine, une centrale solaire de grande taille (visible à partir de 2012) est désormais reliée au réseau électrique d'un tout proche barrage hydroélectrique, à peine visible sur la rive est du grand lac sombre, alimenté en eau par le fleuve jaune. La capacité totale de la centrale solaire est de 500MW, et la variation de sa production en fonction de la météo et de l'alternance des jours et des nuits est parfaitement compensée par le barrage.