D’après le Canard Enchaîné, l’Etat pousserait l’opérateur historique à prendre une participation de 10% dans TF1 dans le cadre d’un possible mariage entre Orange et Bouygues Telecom. Selon des sources proches du dossier, il s’agirait d’une hypothèse « fantaisiste ».
A en croire « un des acteurs du feuilleton télécoms » cité par le journal satirique, « les politiques se contrefichent de l'accord sur les télécoms. Tout ce qui les intéresse, c'est TF1. [...] Dès qu'on parle du 20 heures, ils ont les yeux qui brillent ». En d'autres termes, François Hollande favoriserait ce montage pour avoir, via Orange, une influence sur TF1, « le Graal pour tout candidat à la présidentielle », lâche le Canard Enchaîné.
« Aucun commentaire »
Contactés par La Tribune, Orange et Bouygues ne font « aucun commentaire » sur ces informations. Bercy n'a pas, ce mercredi matin, répondu à nos sollicitations. Toutefois, une source proche du dossier affirme que l'hypothèse est « complètement fantaisiste ».
« On a affaire à une sorte de théorie du complot très étonnante, nous dit-on. En plus, si l'Etat veut monter au capital de TF1, il n'a pas besoin d'une telle opération : il peut monter au capital directement sachant que Bouygues en possède 43%. En outre, peut-on vraiment croire qu'on peut prendre le contrôle d'une chaîne avec seulement 10% des parts ? »
TF1 n'est « pas un point de discussion »
D'après une autre source proche du dossier, « si la partie TF1 a été abordée au début [des négociations, Ndlr], ce n'est pas un point de discussion aujourd'hui ». Sur ce point, début décembre, l'agence Bloomberg - qui a révélé que des discussions préliminaires avaient débuté entre Orange et Bouygues pour la cession de la filiale télécoms de ce dernier -, avait évoqué l'intérêt de l'opérateur historique pour TF1. Devant le CSA, Nonce Paolini, le PDG de la chaîne, avait dans la foulée déclaré devant le CSA que son bébé n'était pas concerné par un possible deal Orange-Bouygues Télécom.
Concernant l'implication de l'Etat dans les négociations, beaucoup d'observateurs jugent qu'il souhaite d'abord disposer de garanties industrielles ainsi qu'en matière d'investissements et d'emploi. Sous ce prisme, un mariage de Bouygues Télécom avec Orange aurait davantage la cote auprès des autorités qu'un rapprochement avec le Numericable-SFR de Patrick Drahi, dont la réputation de « cost killer » n'est plus à faire. Le fait qu'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, a déclaré il y a deux semaines ne pas avoir « de position de principe » contre un retour à trois opérateurs dans l'Hexagone a ainsi pu être perçu comme un feu vert de Bercy.