Officiellement, l’État a une position de neutralité dans l'opération de rapprochement entre Technip et CGG. En coulisse, il n'est toutefois pas (encore ?) convaincu par cette opération.
Pour Technip, le dossier se complique un peu plus, même si l'Etat n'a pas de facto un rôle d'arbitre. Mais cela reste difficile de faire toutefois sans son accord - au moins tacite. Il est d'ailleurs au capital des deux groupes. Certes, de façon minoritaire. Chez CGG, il possède près de 11 % de CGG via deux véhicules : BpiFrance participations (7,04 %) et IFP (Institut Français du Pétrole) Energies Nouvelles (3,59 %). Chez Technip, il a un peu moins de 8 % de son capital : BpiFrance Participations (5,20 %) et IFP Energies Nouvelles (2,50 %). Pour ces raisons, l'Etat reste dans une position officielle de neutralité, les administrateurs de l'Etat ne prenant pas part ni aux discussions ni au vote quand cette opération est évoquée en raison de leur présence dans les deux conseils.
Une expertise en cours
L'État s'interroge sur un tel rapprochement entre Technip et CGG : "Aval, amont ? Services, industrie ? Nous ne sommes pas encore sûrs" de la pertinence de cette opération. C'est d'ailleurs pour cela qu'une expertise est en cours. En outre, le projet de Technip de ne conserver qu'une partie de CGG éveille des craintes pour l'emploi. D'autant que chez CGG, on ne se prive pas de rappeler que, à Massy dans l'Essonne, la circonscription du Premier ministre Manuel Valls, environ 400 salariés travaillent dans la branche Acquisition que Technip souhaite céder.
"L'Etat est très embêté par un éventuel démantèlement", note-t-on dans l'entourage du groupe. Et surtout, beaucoup d'observateurs craignent que l'offre de Technip n'ouvre la boîte de Pandore avec une possible contre-offre d'un nouvel acteur. Pas impossible dans un secteur en voie de consolidation.
L'AUTEUR