Directeur général d'Altice et PDG de SFR, deuxième opérateur français et engagé dans une lourde restructuration, Michel Combes explique qu'après avoir multiplié les acquisitions, l'heure est désormais à l'intégration des différentes entités du groupe. L'objectif : construire une plateforme numérique mondiale des télécoms et des médias. Cette convergence, vieux rêve de Jean-Marie Messier chez Vivendi, Patrick Drahi semble en passe de la réaliser... au prix d'une dette colossale qu'il lui reste à maîtriser.
Fini le temps où Altice faisait flamber le carnet de chèques dans les télécoms à travers le monde. En 2014, après avoir raflé SFR (pour 17,4 milliards d'euros) et Portugal Telecom (7,4 milliards), puis les câblo-opérateurs américains Suddenlink (8 milliards) et Cablevision (15,6 milliards) l'année suivante, le groupe du milliardaire Patrick Drahi lève le pied. Tel est désormais le message de son directeur général, Michel Combes, par ailleurs PDG de l'opérateur au carré rouge en France.
Il faut dire que depuis un an, Altice essuie une période difficile, dans un contexte où beaucoup s'interrogent sur la capacité du groupe à éponger sa dette colossale de 50 milliards d'euros. En septembre 2015, Goldman Sachs soulignait dans une note qu'«Altice a peut-être atteint les limites du marché de la dette pour financer ses fusions et acquisitions ». En outre, SFR est depuis passée dans le rouge, après avoir perdu plus d'un million de clients sur un an.
Dans ce contexte, Michel Combes a mis le groupe sur de nouveaux rails. À La Tribune, il confirme qu'Altice fait une pause dans ses emplettes. Aujourd'hui, priorité à « l'intégration » des différentes entités du groupe, qui réalise maintenant la moitié de son activité aux États-Unis. Le tout, dans le cadre d'un « projet industriel » fondé sur la « convergence globale » entre les télécoms, les médias et la publicité. En France, pour sortir SFR de l'impasse, Michel Combes plaide pour une «transformation » de l'opérateur. Une mutation « nécessaire » pour rester compétitif, affirme le dirigeant, qui compte notamment supprimer 5.000 postes, soit un tiers des effectifs...