La Lettre : Départs en série au sein du groupe Soitec L'industriel grenoblois sp

Départs en série au sein du groupe Soitec

L'industriel grenoblois spécialiste des semi-conducteurs fait face à trois
départs depuis la deuxième quinzaine de septembre. Cette valse
intervient alors que le directeur général, nommé récemment, tente
d'insuffler un vent nouveau au discret champion du silicium français.
La cloche des départs a tinté trois fois depuis mi-septembre chez Soitec. Le comex du
fabricant grenoblois de semi-conducteurs a tout d'abord perdu deux de ses membres,
qui ont officiellement "saisi de nouvelles opportunités", selon l'expression convenue des
communiqués internes. Le directeur de la stratégie, Steve Babureck, est le premier
d'entre eux à être parti. Venu du broker Exane en 2011, il a rejoint Soitec pour y piloter
les relations avec les investisseurs. Il a ensuite ajouté à son portefeuille la stratégie,
devenue ensuite son périmètre unique. Longtemps basé à Singapour, il a pris la viceprésidence
exécutive et la tête de la branche américaine de l'entreprise en octobre 2025.
Lors de la deuxième moitié de mandat de Pierre Barnabé, le précédent directeur
général de Soitec, Steve Babureck était un peu tombé en disgrâce. Pierre Barnabé a
quitté ses fonctions le 31 mars 2026, lui aussi pour "raisons personnelles·; alors que la
crise de gouvernance de 2025 accélérait la fin de sa trajectoire dans l'entreprise (LL du
05/02/~ .

Le portefeuille de Steve Babureck sera scindé en deux. L'actuel directeur général de
Soitec, Laurent Rémont, s'emploiera à piloter la stratégie industrielle du groupe et ce,
jusqu'à nouvel ordre. Quant aux process stratégiques, ils reviendront à Albin
Jacquemont, le directeur financier.

Relations tendues aux RH
Le groupe grenoblois aux 2 100 salariés a aussi enregistré le départ de sa DRH, Jeannette
Schuh. Recrutée en octobre 2023, celle-ci s'est rapidement retrouvée en terrain miné, en
raison notamment d'un rapport de plus en plus conflictuel avec les organisations
syndicales et de tensions croissantes avec ses équipes. La vacance du poste de Jeannette
Schuh pourrait susciter rapidement la candidature de Delphine Segura-Vaylet, déjà
membre du board de Soitec et, depuis un an, DRH du groupe de conseil et ingénierie
Artelia. Ces deux mouvements au comex interviennent alors que Soitec entre dans une
phase sensible. L'entreprise est à la fois chahutée et boostée par le marché de
l'intelligence artificielle (IA), la microélectronique étant devenue aujourd'hui l'enjeu de
souveraineté par excellence, aussi bien pour l'industrie française qu'européenne.
Enfin, Emmanuel Sabonnadière, ancien membre du comex, fait valoir ses droits à la
retraite après cinq ans passés chez Soitec. Responsable du programme de
développement des "SmartSiC'; ces plaquettes innovantes à base de carbure de silicium
destinées au marché automobile, cet ingénieur avait un long passé industriel : il avait
été auparavant directeur du CEA-Leti, ce laboratoire d'électronique fondé en 1967 à
Grenoble et rattaché au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies
alternatives (CEA), avant de piloter la division transformateurs d'Alstom T&D. Sur la
touche depuis le printemps, il occupait un poste de conseiller auprès du directeur
général.