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Orpea : les négos échouent cette nuit malgré une offre de la CDC remontée à 1,2 milliard

Alerte publiée le 19/01/23 à 11h00 - La Caisse des dépôts a proposé d'apporter non plus 700 millions, mais 1,2 milliard d'euros au leader des maisons de retraite pour en prendre le contrôle. Mais cette entrée fracassante n'a pas suffi à satisfaire les créanciers dans une négociation qui s'est poursuivie tard dans la nuit. La direction d'Orpea est pourtant confiante d'aboutir bientôt à un accord.

Les négociations entre la Caisse des dépôts et les grands créanciers d'Orpea, comme Carmignac ou encore le fonds Boussard & Gavaudan, ont traîné jusqu'à quatre heures du matin dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 janvier. L'administratrice judiciaire Hélène Bourbouloux, chargée de la conciliation, avait proposé la date butoir du 20 janvier pour aboutir à un accord. Il faudra donc quelques jours encore pour le conclure, car les discussions ont achoppé au petit matin.

La Caisse des dépôts, dont l'entrée au capital est ardemment souhaitée par la nouvelle direction d'Orpea, son président Guillaume Pepy en tête, a pourtant fait un pas de géant. Alors qu'elle proposait d'apporter 700 millions d'euros au capital du spécialiste des maisons de retraite la semaine dernière, ses représentants ont mis cette nuit 1,2 milliard d'euros sur la table des négociations. Cela représente 80 % des 1,5 milliard d'euros nécessaires à la recapitalisation. Avec cette somme, l'institution financière publique, déjà investie dans le secteur du grand âge, espère obtenir la majorité des sièges au conseil d'administration et près de 50 % du capital.

Avidité des créanciers
Mais les "guns" - comme l'on surnomme les créanciers qui détiennent plus de 3 milliards sur les 9 milliards de dettes du groupe -, ne l'entendent pas de cette oreille. Cette nuit, leur créance aurait pu être rachetée 50 % au-dessus de la valeur moyenne à laquelle ils sont entrés. Pas encore assez selon eux. Ils étaient aussi prêts à abonder des 300 millions d'euros nécessaires pour aboutir au 1,5 milliard de recapitalisation souhaitée par Orpea. Mais en exigeant un taux d'intérêt de 9 %.

Cette avidité aurait suscité la colère des représentants de la CDC. Leurs représentants rappellent à longueur d'articles de presse qu'ils veulent revenir à des pratiques éthiques et embaucher du personnel pour que le ratio d'encadrement des résidents passe de 6 à environ 8 personnels soignants pour 10 personnes âgées dépendantes. Si cette manche semble donc perdue, elle indique que la fin de la conciliation approche. Guillaume Pepy et le directeur général d'Orpea, Laurent Guillot, semblent rester très confiants.