La Lettre A : Avec le rachat de CNIM Air Space, Hemeria se renforce dans la diss

Avec le rachat de CNIM Air Space, Hemeria se renforce dans la dissuasion nucléaire
Hemeria, industriel français du spatial et de la dissuasion nucléaire, vient d'acquérir CNIM Air Space. La société toulousaine met ainsi la main sur le contrat de renouvellement du Système de dernier recours (SyDeRec), sous maîtrise d'œuvre de Thales pour le compte de la DGA.

Avec le rachat de CNIM Air Space, devenu Hemeria Airship, le 12 octobre, la société Hemeria dirigée par Philippe Gautier renforce sa position dans la dissuasion nucléaire française. Elle fournit notamment des équipements électroniques destinés à être embarqués à bord des sous-marins nucléaires de la force océanique stratégique (FOST). CNIM Air Space, issu du groupe CNIM, est spécialisé dans la protection thermique des satellites et la conception d'aérostats : ballons atmosphériques, dirigeables et ballons captifs.

Elle travaille notamment en Grèce, où ses ballons de surveillance maritime sont déployés au bénéfice de l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex depuis 2020 (voir notre publication sœur Intelligence Online du 04/02/21). Selon nos informations, l'industriel fournira un ballon captif - un dirigeable relié au sol par un câble -, dérivé d'un modèle qu'il commercialise, pour le programme de renouvellement du système de transmission d'ultime secours de l'ordre d'engagement nucléaire.

Système de dernier recours
Le Système de dernier recours (SyDeRec) existe pour assurer la continuité de la transmission de l'ordre d'engagement nucléaire, en cas de destruction des antennes chargées de relayer le message aux sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE). Le dispositif consiste en un ballon captif capable de déployer de longues antennes filaires pour servir de relais de communication. La mise en place du successeur du système actuel, issu de technologies américaines vieillissantes, est en cours de réalisation depuis décembre 2018, sous maîtrise d'œuvre de Thales SIX GTS. Le SyDeRec avait été mis en place à la fin des années 1990 en remplacement du système Astarté, qui remplissait la même fonction à partir d'avions Transall C-160H.

Hemeria est issu de la scission de Nexeya, racheté pour partie par l'allemand Hensoldt en 2019, dont le ministère des armées de Florence Parly s'était opposé à la vente de la partie spatiale et des activités liées à la dissuasion. Preuve de son intérêt, le fonds Definvest, cogéré par Bpifrance et la Direction générale de l'armement (DGA), garde dans Hemeria Airship sa participation de 15 % qu'il détenait avant son rachat. La filiale spatiale du groupe Thales, Thales Alenia Space, a quant à elle profité de la cession pour se séparer des 8,61 % qu'elle détenait au 31 décembre.

Concepteur et fabricant d'équipements électroniques embarqués destinés à la dissuasion océanique et aéroportée, Hemeria effectue aussi du maintien en conditions opérationnelles (MCO) pour la DGA, ArianeGroup et Naval Group. La société, qui réalise 45 millions d'euros de chiffre d'affaires, auxquels s'ajoutent les 10 millions d'euros de CA issus du rachat de CNIM Air Space, dispose par ailleurs de participations dans les start-ups du New Space Prométhée et Unseenlabs.