JDD : SFR offre 10 milliards pour Bouygues Telecom

C’est l’offre de Patrick Drahi, son propriétaire, pour prendre le contrôle de la filiale du groupe Bouygues. La négociation se poursuit. Un conseil d’administration doit trancher mardi

Patrick Drahi repart à l’assaut de Bouygues Telecom. Selon plusieurs sources, le propriétaire de SFR a présenté il y a dix jours une offre de rachat de la filiale du groupe Bouygues. Une nouvelle offensive, qui pourrait cette fois être la bonne. Car le nouveau tycoon met sur la table un peu plus de 10 milliards d’euros. Un montant très élevé, de 25 % plus cher que les 8 milliards estimés par les marchés. Patrick Drahi propose de payer en cash, grâce à un nouvel emprunt auprès de BNP Paribas. Il reprendrait la totalité de Bouygues Telecom et ses 11 millions de clients mobile.

Pour éviter des obstacles en matière de concurrence, Patrick Drahi a trouvé, après des négociations difficiles, un accord avec son rival Xavier Niel, qui reprendra une partie des fréquences, des antennes et des boutiques de Bouygues. En 2014, Free avait déjà proposé de racheter le réseau pour 1,8 milliard d’euros. SFR doit aussi respecter jusqu’en 2017 une obligation de maintien de l’emploi, qui serait impossible à tenir avec Bouygues tant les doublons sont importants. C’est ainsi qu’Orange, dont le PDG, Stéphane Richard, pousse sans cesse à une consolidation du marché français, est entré dans le jeu. L’opérateur historique reprendrait plusieurs centaines de salariés de Bouygues Telecom pour assurer les garanties sociales, préalable à un blanc- seing du gouvernement. Les 30.000 départs à la retraite qu’Orange va gérer d’ici à 2020 lui permettront d’absorber ces nouveaux effectifs. En contrepartie, il pourrait demander de récupérer des abonnés comme ceux, par exemple, de Virgin Mobile. pari improbable de faire monter les enchères à un niveau inimaginable. Bien plus que les 7,5 milliards que Patrick Drahi avait déjà proposés en début d’année. Près du double des 6 milliards que Free avait offerts l’an passé. Une revanche, alors que ses proches et ses banquiers l’ont, à chaque fois, poussé à vendre. Une leçon donnée à l’establishment des affaires qui le moque depuis deux ans, expliquant « ne plus comprendre la psychologie de Martin Bouygues » .