La surenchère de Fosun pour remporter le groupe de loisirs n’est peut-être pas la fin de l’histoire. Le passage du fleuron français sous pavillon chinois n’est pas encore acquis.
L'Italien Bonomi peut encore surenchérir
La route n'est pas pour autant dégagée, puisque l'investisseur italien Andrea Bonomi, qui proposait fin juin de mettre sur la table 21 euros par action pour décrocher la marque au trident, n'a pas dit son dernier mot. Toujours avare de commentaires, le financier s'est contenté d'affirmer par communiqué vendredi qu'il "évaluait ses options dans l'intérêt de la société et de ses partenaires". "On a un mois devant nous pour travailler tranquillement. On va voir comment le marché évolue et on décidera. Fosun n'a pas fait une offre qui tue la nôtre. On peut toujours décider de surenchérir", détaille un membre de son entourage.
Ira, ira pas? C'est la question à 839 millions d'euros, le prix offert par Fosun, qui taraude forcément le groupe chinois et ses alliés. Lundi, le conseil d'administration du Club se penchera aussi sur cette future hypothèse de travail. D'ici là, les administrateurs vont nommer un nouvel expert, le troisième après Accuracy et Associés en finance, pour évaluer la dernière contre-offre. Andrea Bonomi, lui, réfléchit. Trois options s'offrent à lui. Revendre ses titres à 22 euros et empocher une plus value sur ses quelque 10% achetés en moyenne à 19,50 euros. Faire une surenchère avec les mêmes partenaires réunis dans Global Resorts, dont l'ex-PDG et fils du cofondateur du Club, Serge Trigano. Dernière voie à laquelle plus personne ne croit : faire alliance avec Fosun. Les spéculations vont bon train. "Une offre à plus de 22 euros est toujours possible mais elle devient irrationnelle. Cela veut dire qu'un investisseur se contente d'un rendement de 8% sur le long terme. Cela colle mal avec le profil très financier de Bonomi", lâche un administrateur.
"Pas de larmes de crocodiles"
Les actionnaires du Club, eux se frottent les mains. À 22 euros, ils bénéficient d'une prime de 30% par rapport à l'offre de départ à 17,50 euros. "Je ne verserai pas de larmes de crocodile si le groupe devient chinois. Dans l'offre précédente Fosun-Ardian, la parité France-Chine n'était déjà que de façade. Maintenant les choses sont claires", assène Colette Neuville, la présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) à l'origine de plusieurs recours contre l'OPA initiale. Les grands actionnaires du groupe jouent la montre. Contactés avant l'annonce de la nouvelle offre de Fosun cette semaine pour apporter leurs titres, aucun d'eux n'a souhaité s'engager. Une façon de laisser le champ libre à une surenchère. De son côté, la Caisse des dépôts, actionnaire du Club depuis de nombreuses années, devrait maintenir sa participation, un gage de "francitude" pour l'icône tricolore. Hasard du calendrier, le vice-Premier ministre chinois, Ma Kai, sera reçu mardi par Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, en charge aussi du tourisme…