Glitz Paris : LVMH a racheté l'immeuble de Louis Vuitton à un prix record

LVMH a racheté l'immeuble de Louis Vuitton à un prix record
Glitz.paris révèle dans quelles circonstances, et à quel prix, LVMH a racheté l'immeuble qui abrite le magasin amiral de Louis Vuitton, à l'angle de l'avenue des Champs-Elysées et de l'avenue George V.

L'opération n'a pas encore été officialisée, y compris au sein de LVMH, où seuls quelques dirigeants ont été informés. Le 20 juin, Jean-Jacques Guiony, inamovible directeur d'Ufipar, l'une des holdings financières du géant du luxe, et les dirigeants de la foncière Gecina se sont retrouvés dans une salle de réunion au sommet d'un immeuble de la rue de la Baume, au cœur du 8e arrondissement de Paris. Sous la houlette du notaire Olivier Trichet, ils ont signé l'acte de vente du 101, avenue des Champs-Elysées, que les deux parties négociaient depuis plus d'un an.

Le prix ? Pour cet immeuble de 10 000 m2 répartis sur six étages, Ufipar a payé 750 millions d'euros, soit 75 000 € le m2. Louis Vuitton, qui s'y est installé en 2003, disposait d'un bail de quinze ans qui s'est arrêté en 2018 et a été, depuis, tacitement reconduit. Chaque mois, le malletier payait 1,035 million d'euros de loyer, ce qui représente 186,3 millions d'euros sur quinze ans. Depuis plusieurs années, le groupe avait décidé d'acheter ces locaux, devenus étroitement identifiés à la marque. Il souhaitait de plus y réaliser d'importants travaux d'aménagement. Gecina, qui a hypothéqué le bâtiment pour 164 millions d'euros auprès de la HSH Nordbank en 2008, avait donné son accord de principe.

Parasitages successoraux
Mais un grain de sable inattendu s'est glissé dans les projets du géant du luxe. En 2014, comme l'a raconté notre publication sœur La Lettre A (édition du 24/05/23), Lina Renault, une ancienne maraîchère, et son frère Pierre Renault, ont intenté plusieurs recours devant le tribunal de grande instance et le tribunal de commerce pour faire valoir des droits sur l'immeuble, ainsi que sur celui d'en face, au 97-99 de l'avenue des Champs-Elysées, occupé par le Fouquet's.

Conseillée un temps par l'avocat Gilbert Collard, devenu député européen du Rassemblement national (RN), Lina Renault se considère comme l'héritière de la propriétaire initiale des terrains sur lesquels ont été construits les deux bâtiments : la comtesse Octavie de Coëtlogon, décédée en 1865. Mais, quoiqu'elle soit parvenue à faire reconnaître ses droits sur les périmètres, Lina Renault n'a jamais été jugée propriétaire des immeubles qui s'y trouvent. Son dernier recours sur le 101, avenue des Champs-Elysées a été rejeté par la Cour de cassation le 25 mai. Dès le lendemain, le notaire de Gecina a finalisé l'acte de vente à LVMH, signé un mois plus tard.

Achats en série
L'acquisition du 101, avenue des Champs-Elysées est la seconde opération d'envergure de LVMH effectuée dans le triangle d'or depuis un an. L'été dernier (Glitz du 29/09/22), LVMH a acquis 100 % du capital de Mongoual, la société propriétaire de l'immeuble qui abrite le siège du groupe au 22, avenue Montaigne (Paris 8e). Elle tire son nom des trois voies mitoyennes : Montaigne, Jean-Goujon et Albert-Ier. Montaigne Jean Goujon, l'une des trois holdings qui portent les titres de LVMH dans Mongoual, a augmenté ses parts en absorbant deux autres actionnaires de la société civile immobilière. Il s'agit de Daves rue de la Paix et de Daves Place des Etats-Unis, deux structures qui appartenaient à la famille du magnat de l'immobilier de luxe Claude Dray.

Outre Montaigne Jean Goujon, qui détient désormais la majorité du capital du 22, avenue Montaigne et est présidé par la responsable de LVMH services, Mylène Sitbon, le géant du luxe est actionnaire de son siège via deux autres structures : Montaigne 1 BV, dirigée par son ex-directeur juridique Bernard Kuhn, et Ufipar, autrement dit la holding qui vient de racheter l'immeuble de Louis Vuitton sur les Champs-Elysées.