Paris FC et US Créteil : la famille Arnault et Xavier Niel investissent les terrains de foot
500 fortunes. La famille Arnault a racheté le Paris Football Club. Le gendre, Xavier Niel, lui, a mis la main sur l’US Créteil. L’occasion de briller dans un milieu populaire.
On le connaissait taquin en faux président de la République dans des pubs pour Free, showman à l’Olympia pour raconter ses succès professionnels, mais on n’avait pas encore vu sa casquette de propriétaire de club de football. C’est fait depuis fin juin, Xavier Niel est bien le nouveau propriétaire surprise de l’US Créteil-Lusitanos, qui évolue en National 2. « C’est ma manière de rendre à cette ville un peu de ce qu’elle m’a donné », affirme l’homme d’affaires. S’il a été cristolien jusqu’à ses 20 ans, des habitués du stade Charléty (XIIIe arrondissement de Paris) l’ont pourtant aperçu avec ses enfants la saison dernière dans les tribunes du Paris FC.
Logique pour celui qui partage sa vie avec Delphine Arnault, dont la famille est désormais propriétaire du club. « Ce rachat est-il le résultat d’une influence familiale, s’interroge un observateur du secteur. Ou est-ce que le football attire à nouveau des industriels français puissants ? »
Des billets offerts aux associations
D’autant que de l’autre côté du périphérique, les choses avancent vite. Le Paris FC, promu en Ligue 1 pour la saison qui commence mi-août, fait feu de tout bois : il installe une pelouse hybride – gazon et synthétique – à Jean-Bouin (XVIe arrondissement) qu’il partagera avec l’équipe de rugby du Stade Français, et constitue un groupe de joueurs compétitif pour la première division, tout en essayant d’attirer des entreprises dans ses loges VIP.
Les actionnaires visent 7 000 abonnés sur les 20 000 places de l’enceinte. Alors qu’en Ligue 2 les places étaient gratuites, 10 à 15 % des billets seront offerts la saison prochaine à des associations et des clubs de football partenaires à chaque rencontre. Et si la tarification des matchs se veut accessible, avec des niveaux de prix proches de ceux du RC Lens, les loges seront haut de gamme. « Nous demanderons aux plus aisés de contribuer plus afin de permettre au club d’avoir une offre populaire », explique une source interne.
Xavier Niel pourrait se lancer en politique
Une déclinaison sportive du ruissellement, version LVMH (actionnaire de Challenges). Reste que le Paris FC n’est pas prêt à tout pour réaliser un coup. Si l’AS Monaco a engagé fin juin le milieu international Paul Pogba, les nouveaux actionnaires du club parisien ont regardé le dossier sans lui proposer de contrat. Ses affaires d’extorsion d’argent, impliquant son propre frère, ainsi que sa suspension de dix-huit mois pour dopage ont refroidi les Arnault, qui gèrent d’autres icônes dans le luxe.
Par ailleurs, les liens entre les deux clubs de la famille ne sont pas légion. Pas question pour l’instant de prêter des jeunes joueurs du Paris FC à Créteil pour qu’ils s’aguerrissent dans les divisions inférieures. « Le rachat du Paris FC est une opportunité de marché, note Jean-Baptiste Guégan, spécialiste en géopolitique du sport. Pour Créteil, le positionnement de Xavier Niel est plus sociétal. »
On suspecte le patron de Free de vouloir un jour se lancer en politique. En marchant peut-être dans les pas de Bernard Tapie, qui a gagné la Coupe d’Europe avec l’OM. S’il n’a pas remporté la présidentielle, il a sa statue devant le Vélodrome.