Challenges : La riposte de Suez contre Veolia enfreint les règles, dénonce l'AMF

La riposte de Suez contre Veolia enfreint les règles, dénonce l'AMF
Par Challenges.fr le 02.04.2021 à 14h49
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La riposte engagée par Suez pour contrecarrer l'offre de rachat de son rival Veolia ne respecte par les règles applicables aux offres publiques, a estimé vendredi l'autorité des marchés financiers (AMF), infligeant un revers au spécialiste de la gestion de l'eau et des déchets.

La riposte engagée par Suez pour contrecarrer l'offre de rachat de son rival Veolia ne respecte par les règles applicables aux offres publiques, a estimé vendredi l'autorité des marchés financiers (AMF), infligeant un revers au spécialiste de la gestion de l'eau et des déchets.

Veolia, devenu en octobre le premier actionnaire de Suez après le rachat d'une participation de 29,9% auprès d'Engie, cherche depuis plusieurs mois à prendre le contrôle de son rival mais ce dernier s'y oppose farouchement. Le groupe dirigé par Antoine Frérot a déposé une offre sur le solde du capital de Suez au prix de 18,00 euros par action et compte défendre son projet dans le cadre de la prochaine assemblée générale de son rival qui doit être convoquée d'ici à fin juin.

Pour se défendre, Suez a récemment rendu définitif jusqu'en septembre 2024 une fondation de droit néerlandais empêchant la cession de ses activités dans l'eau en France, bloquant de fait la réalisation du projet de Veolia qui a prévu de les céder pour des raisons de concurrence. Le groupe dirigé par Bertrand Camus a parallèlement proposé d'engager des discussions avec Veolia en vue de trouver une solution de compromis sur la base d'une proposition du consortium de fonds Ardian-GIP qui envisage de reprendre une importante partie des activités du groupe pour 11,9 milliards d'euros. Veolia a immédiatement rejeté cette proposition qu'il a qualifiée d'"offre fantôme".

L'avis de l'AMF renforce Veolia
"La recherche d'une solution négociée entre les parties est tout à fait légitime mais elle doit respecter les principes de transparence et d'intégrité du marché, de loyauté dans les transactions et la compétition, ainsi que du libre jeu des offres et de leurs surenchères", souligne le gendarme de la Bourse dans un communiqué. "La combinaison entre les modifications que la société Suez annonce avoir apportées au dispositif de la fondation de droit néerlandais et la proposition du consortium Ardian-GIP négociée et soutenue par le conseil d'administration de Suez porte atteinte aux règles et principes directeurs applicables aux offres publiques", ajoute l'AMF.

Dans sa communication, l'autorité estime notamment que le consortium Ardian-GIP - qui a expliqué que sa proposition ne constituait pas une contre-offre - "se place de fait, avec l'appui de la société visée par l'offre, qui lui a octroyé un engagement d'exclusivité, dans une situation de compétition avec la société Veolia". L'AMF juge aussi que la valorisation de 20 euros par action évoquée dans la proposition du consortium "ne correspond pas, en réalité, à un prix ou une valeur que les actionnaires de Suez seraient en mesure de recevoir", que cette information "ne contribue pas à la bonne information des investisseurs" et que la fondation créée par Suez ne pourrait être désactivée que "dans des cas limitatifs et contraints".

Contacté, Suez n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat. La communication de l'AMF pourrait donner du poids aux arguments de Veolia, qui a saisi la justice pour faire annuler la fondation créée par Suez. Le gendarme boursier doit prochainement rendre son avis sur la conformité de l'offre publique lancée par Veolia.