Challenges : La France va-t-elle louer des drones de surveillance Reaper ?

La France va-t-elle louer des drones de surveillance Reaper ?

Face aux incertitudes sur le lancement de l'Eurodrone d'Airbus, Dassault et Leonardo, l'américain General Atomics propose une offre de location de ses drones Reaper et SkyGuardian. De quoi faire réfléchir le ministère des armées

En embuscade. Face à la possible explosion en vol du programme de drone européen Eurodrone, jugé trop cher par les Etats clients (Allemagne, France, Espagne, Italie), le groupe américain General Atomics s'active en coulisses. Le fabricant du drone Reaper, dont sept exemplaires sont déjà en service au sein de l'armée de l'air, avait déjà proposé à la France, fin 2019, une offre basée sur son SkyGuardian, une version améliorée du Reaper avec de nouvelles ailes en composites et une autonomie pouvant atteindre 48 heures. L'idée était d'offrir une alternative à l'Eurodrone, jugé trop cher par la ministre des armées Florence Parly, et pas assez performant par l'armée de l'air. General Atomics proposait deux options : un achat sur étagère du SkyGuardian dans sa version de base ; ou une version européanisée, dite EuroGuardian, qui permettrait d'installer des radars, systèmes de missions et armements européens sur une plateforme livrée "nue".

Surprise, le groupe de San Diego ajoute désormais une troisième option à sa proposition au ministère des armées : la location de drones Reaper ou SkyGuardian, sur le modèle du leasing de flottes automobiles. L'idée est simple : plutôt que s'engager dans une procédure d'acquisition longue et coûteuse, la France pourrait ainsi avoir accès à une flotte de drones dont la maintenance, la formation des pilotes, voire une partie des missions, serait pris en charge par l'industriel américain. "La location permet de combler à moindre frais les lacunes capacitaires pour les besoins de surveillance, indique-t-on au sein du groupe. L'US Air Force le fait déjà beaucoup : le prestataire prend en charge la partie "dull" (ennuyeuse) des missions. Le client reste en charge de la partie véritablement opérationnelle." L'externalisation ne concernerait que les missions de surveillance. L'armée de l'air resterait seule en charge des frappes menées par ses drones, effectives au Sahel depuis décembre dernier.

25 millions de dollars par an
Le leasing présente plusieurs avantages. La flexibilité, d'abord : la location permet d'avoir accès à des drones prêts à l'emploi et à des équipages disponibles. Un argument de poids quand on sait que la formation de pilotes en nombre suffisant est un véritable casse-tête pour les forces, en France comme aux Etats-Unis, en raison du manque d'instructeurs, de simulateurs, voire de candidats. Le prix, ensuite. A l'achat, un système Reaper (trois drones et deux postes de pilotage) coûte environ