Hermès démarre sur les chapeaux de roues l'ère post-Covid
Une "école des savoir-faire" toute neuve, une nouvelle boutique Petit H rue de Sèvres à Paris et une dix-neuvième maroquinerie: en cette rentrée 2021, le groupe Hermès démarre sur les chapeaux de roues l’ère post-Covid. Le puissant groupe de luxe familial a mis en place dans ce nouvel espace de 67 m2, à côté de son adresse historique rue de Sèvres, dédié aux objets confectionnés à partir de chutes de cuirs précieux, de bois, de cristal, de soie ou de porcelaine.
Une nouvelle vitrine très tendance qui s’accompagne du renforcement de sa capacité industrielle. Avec la création, le 6 septembre, d’une première école maison, agréée par l’éducation nationale, destinée à former des maroquiniers à Fitilieu, dans l'Isère. La formation durera un an. Hermès souhaite former 400 artisans par an. Enfin, le groupe a annoncé le 11 septembre l’ouverture d’une dix-neuvième maroquinerie en Gironde, un bâtiment de 140 m de long sur une surface de plus de 5 hectares. En outre, trois projets de maroquinerie sont en cours dans l'Eure, les Ardennes et le Puy-de-Dôme pour étendre encore les capacités d’un groupe qui emploie quelque 4.000 artisans selliers-maroquiniers.
Parmi les groupes de luxe, Hermès a bien résisté à la crise en 2020. Il a rebondi très fortement cette année avec un chiffre d'affaires consolidé groupe au premier semestre 2021 de 4,2 milliards d’euros( +77% à taux de change constants par rapport à 2020, +33% par rapport à 2019) et un résultat net part du groupe de 1,2 milliard d’euros soit 28% des ventes. Sa valorisation en bourse explose: partie de 460 euros fin 2018, l’action culminait à 1.270 euros ce 14 septembre.
Dans une interview au Journal du dimanche, Axel Dumas, dont la parole est rare, fait contre bonne fortune bon cœur! "Ce dont je suis le plus fier et de loin, c’est d’avoir créé 6.000 emplois depuis 2013 (date de son arrivée à la cogérance du groupe) et 400 au premier semestre de cette année dont beaucoup en France où sont fabriqués 80% de nos produits", dit-il. Fabriquer en France et vendre dans le vaste monde: un rêve dans un pays plombé par le déficit abyssal de son commerce extérieur. "Hermès compte 17.000 salariés aujourd’hui au lieu de 8.000 il y a plus de dix ans", précise Axel Dumas. L’entreprise ne porte pas de dette, rappelle-t-il.
Et le rythme ne devrait pas faiblir. "Dès le second semestre de l’an dernier, l’Asie est repartie très fortement, puis les Etats-Unis, poursuit le patron d’Hermès. Si l’on compare aux résultats de 2019, la croissance d’Hermès en Asie hors Japon atteint 70% aujourd’hui, 25% dans le reste du monde hors Europe tandis que la croissance en Europe demeure presque stable pour l’instant". La clientèle s’élargit et rajeunit, assure-t-il. Et l’explosion des ventes en ligne ne pèse pas sur les ventes en magasins. Reste un défi et non le moindre pour le patron d’Hermès comblé: "Ma mission consiste à transmettre la maison à la septième génération", dit-il.