Challenges : Ehpad : les géants privés Clariane et Orpea face au mur de la dette

Ehpad : les géants privés Clariane et Orpea face au mur de la dette

Confrontés à de graves difficultés financières, les deux gestionnaires de maisons de retraite cotés en Bourse ont dû lancer des plans de sauvetage pour éviter la déroute. Ce mardi 21 novembre, la gestion des Ehpad privés et le scandale Orpea sont d’ailleurs au menu des débats à l’Assemblée, qui examine le projet de loi « bien vieillir ».

Sale temps pour les géants des Ehpad. Après Orpea, aux prises avec une dette de 9,3 milliards d’euros, son rival Clariane (ex-Korian) d’une taille équivalente (4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires) se trouve à son tour dans l’impasse financière. Le groupe risque le défaut de paiement dans les prochains mois, plombé par l’accès restreint au crédit et la hausse des taux d’intérêt. En jeu, des échéances d’environ 650 millions d’euros à honorer d’ici à juin 2024, pour un endettement global de 4 milliards.

Au pied du mur, sa directrice générale, Sophie Boissard, a dévoilé le 14 novembre un plan de refinancement de 1,5 milliard d’euros. « Dans le contexte économique que l’on connaît et avec l’affaire Orpea dans le secteur, le refinancement est un challenge », a justifié l’ancienne haut-fonctionnaire, passée par le ministère du Travail, de l’Economie et le Conseil d’Etat.


Sale temps pour les géants des Ehpad. Après Orpea, aux prises avec une dette de 9,3 milliards d’euros, son rival Clariane (ex-Korian) d’une taille équivalente (4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires) se trouve à son tour dans l’impasse financière. Le groupe risque le défaut de paiement dans les prochains mois, plombé par l’accès restreint au crédit et la hausse des taux d’intérêt. En jeu, des échéances d’environ 650 millions d’euros à honorer d’ici à juin 2024, pour un endettement global de 4 milliards.

Au pied du mur, sa directrice générale, Sophie Boissard, a dévoilé le 14 novembre un plan de refinancement de 1,5 milliard d’euros. « Dans le contexte économique que l’on connaît et avec l’affaire Orpea dans le secteur, le refinancement est un challenge », a justifié l’ancienne haut-fonctionnaire, passée par le ministère du Travail, de l’Economie et le Conseil d’Etat.

Depuis la parution du livre-choc Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet début 2022, qui a révélé des maltraitances de résidents et des malversations financières sous l’ancienne direction d’Orpea, la galaxie des Ehpad souffre par ricochet. Le sujet est même au menu des débats de l’Assemblée ce mardi 21 novembre, alors que les députés examinent en ce moment le projet de loi « bien vieillir ». Malgré le profil solide de Sophie Boissard, qui a notamment géré les actifs immobiliers de la SNCF, l’un des enjeux pour le groupe d’Ehpad, et malgré la transformation de Clariane en « entreprise à mission » en juin, rien n’y fait. Les banques ne suivent plus.

Clariane pas en « crise opérationnelle »
Heureusement, la normalienne et énarque a trouvé son chevalier blanc : Crédit agricole Assurances. La filiale de la deuxième banque française, premier actionnaire du groupe avec 24,8 % du capital, va financer presque tous les volets de son plan, qui prévoit des partenariats immobiliers, une augmentation de capital de 300 millions d’euros et 1 milliard d’euros de cessions d’actifs, notamment aux Pays-Bas et en Belgique. Un appui réconfortant, même si Clariane n’est pas en « crise opérationnelle », insiste Sophie Boissard. Pour preuve : la belle progression de son chiffre d’affaires (+9 %) et la remontée du taux d’occupation de ses établissements (à 88 %) sur les neuf premiers mois de l’année.

Son homologue à la tête d’Orpea, le polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées Laurent Guillot, ne peut pas en dire autant. Au premier semestre, le groupe (4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires) a creusé ses pertes. « Si le taux d’occupation progresse, sauf pour les maisons de retraite en France, le choix d’investir pour nos équipes et l’augmentation de nos coûts ne sont pas entièrement compensés par la progression de nos prix », a expliqué le directeur général, nommé à l’été 2022 en plein chaos, après vingt ans de carrière chez Saint-Gobain, notamment en tant que directeur financier.

La Caisse des dépôts, chevalier blanc d’Orpea
Missionné pour restaurer la confiance, ce fin connaisseur de l’administration, passé par plusieurs ministères, attend, lui aussi, son sauveur. Le 13 novembre, la veille de l’annonce de Clariane, il a donné le coup d’envoi de la recapitalisation titanesque, pour un montant total de 5,4 milliards d’euros, qui prépare le terrain à l’arrivée de son futur actionnaire majoritaire (50,2 % du capital), la Caisse des dépôts, en équipe avec CNP Assurances, la Maif et MACSF, en fin d’année. Une bataille gagnée de haute lutte après des tractations à rebondissements, marquées par la fronde de certains créanciers et actionnaires.