Conseil en propriété intellectuelle : Ipsilon, la PME qui protège les innovations
Nos plus belles PME 2024. Le cabinet de conseil, qui se développe à coups d’acquisitions, se déploie dans la valorisation des actifs immatériels. Pour devenir un leader européen.
Des tee-shirts en textile technique, des skis, un injecteur de moteur automobile… Le bureau de Stéphane Palix, à Lyon, ressemble à une caverne d’Ali Baba. Le travail de cet ingénieur-conseil en propriété industrielle, diplômé de CentraleSupélec : repérer les innovations pour les protéger – y compris lorsque ces inventions ont échappé à leurs propres concepteurs. « L’ingénieur français est assez modeste par tradition, pointe celui qui vient de rejoindre, en juillet dernier, Ipsilon, après que celui-ci a racheté le cabinet Laurent & Charras. Il pense, par exemple, que maîtriser davantage l’épaisseur d’un tee-shirt n’est qu’une amélioration basique, constate-t-il. Alors que c’est là le fruit de temps, d’investissement, qui mérite, à ce titre, d’être protégé. »
Présent depuis un quart de siècle dans le conseil en propriété intellectuelle, sur les brevets mais aussi sur les dépôts de marques, Ipsilon est donc promis à une belle croissance. « Il y a beaucoup à faire pour installer cette culture de la protection des innovations et des identités des entreprises, en particulier dans les PME et les sociétés de taille intermédiaire », confirme Louis Huetz, l’associé sur Paris du fonds néerlandais Waterland, qui détient une participation minoritaire dans Ipsilon depuis juillet 2022. Ce cabinet basé à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), qui compte 250 salariés, y compris des avocats pour les contentieux, a dégagé l’an dernier 75 millions d’euros de chiffre d’affaires. Avec des clients aussi différents que Sanofi et NRJ Group, ST Dupont et Manitou.
Un « secteur prometteur »
Et ce n’est pas fini. « Nous devrions atteindre 200 millions d’euros d’ici trois ou quatre ans », estime Louis Huetz. Grâce à des acquisitions, dans la continuité de celles déjà réalisées, comme celle de Nony, spécialiste des sciences de la vie. A l’étranger, la société s’est déjà développée aux Etats-Unis depuis près de dix ans et en Allemagne depuis 2019. Mais la progression viendra aussi de l’élargissement de la palette d’activités. Depuis juillet, Ipsilon structure ainsi une prestation de valorisation de ces actifs immatériels que sont les brevets et les marques – des données précieuses pour ajuster les transactions de fusions et d’acquisitions d’entreprises.
« Notre objectif est d’offrir à terme un guichet unique pour l’exploitation de la propriété intellectuelle et de devenir leader européen dans ce domaine », pose Valérie Feray, présidente et cofondatrice de la société. C’est bien le volontarisme de cette ingénieure de CentraleSupélec qui a suscité tout l’intérêt de Waterland. Le fonds néerlandais permet aujourd’hui à Ipsilon de déployer sa stratégie de développement.
« Nous souhaitions investir dans ce secteur prometteur, mais nombre de sociétés vénérables manquaient de dynamisme, relate Louis Huetz. Valérie nous a convaincus par son énergie et ses vraies qualités d’entrepreneure, qu’elle insuffle à Ipsilon. » De quoi bousculer cet univers très masculin et où ne manquent pas les Géo Trouvetou un brin inattentifs à la gestion de leurs inventions.